UNE BALLE DANS LE TETE & LES LARMES D’UN HEROS : John Woo (2004, Hong Kong)
septembre 27, 2006

Film de guerre anti-héros, radical et pessimiste, Une Balle Dans La Tête est l’œuvre la plus personnelle de John Woo.
Réalisé en 1990 et porté par un casting d’exception (Tony Leung, Jacky Cheung et Waise Lee), ce film nous mène à Hong-Kong en 1967. Trois amis inséparables : Ben, Frank et Paul, se voient contraints de quitter la ville au plus tôt. Une rixe entre bandes rivales qui tourne court, une dette d’honneur lavée dans le sang et les voilà contraints de trouver refuge au sein du l’enfer vietnamien. Décidés à faire fortune au plus vite, notre trio profite de son entrée dans Saigon pour se lancer dans un trafic juteux avec une triade locale. Un coût de poker risqué que les tourments de la guerre transforment en odyssée tragique. Rapidement, notre trio, moins unis qu’il n’y semblait, se désagrège sous la pression. Mû par une cupidité sans borne, Paul, le plus lâche du groupe, n’hésitera pas à mettre un terme à cette amitié sans prix.
N’y allons pas par quatre chemins, Une Balle Dans La Tête est un film très violent. Son titre est d’ailleurs on ne peut plus explicite. Pourtant, ce dédordement d’hémoglobine n’est pas gratuit. Il faut voir en effet dans cette balle qui ronge peu à peu le cortex de Jackie Cheung une métaphore de toute cette violence qu’il à intégrée au fil de sa vie. Est-ce le métal que le conduit à cet état végétative ou la mort qu’il a semée et côtoyée, sans vraiment l’assumer au fil de ce voyage à travers la guerre.
Grand pacifiste devant l’éternel, la guerre tient un rôle déterminant dans la vie et l’oeuvre de John Woo. Au cours d’une récente interview offerte en bonus : John Woo et la guerre (34 mn), le cinéaste revient sur sa trilogie guerrière : Les Larmes d’un Héros (1983), Une Balle dans la Tête (1990), et Windtalkers (2002), et nous explique pourquoi cette œuvre est humaniste.
Son premier film de guerre, Les Larmes d’un Héros, aussi brouillon soit-il est l’occasion de découvrir ce mélange hasardeux entre action et sentiments qui allait poser les bases de son cinéma à venir (A Toute Epreuve, Volte Face …)
Malheureusement, cette histoire de mercenaires poursuivis par l’armée Vietnamienne, après avoir enlevé un baron de la drogue, s’est vue partiellement défigurée par ses producteurs. Déçu des apports idéologiques apportés de force par John Woo et qui plombaient l’ambiance génale du film, ils décidèrent de pimenter l’intrigue de quelques scènes de sexe et de comique troupier. Document historique, plus que film culte, Les Larmes d’un Héros, permet d’apprécier le jeu d’acteur d’Eddy Ko et Lam Ching-Ying tout en savourant l’apport du western et des films de sabres à ce cinéma de genre.
John Woo montre déjà une certaine maîtrise esthétique qui n’échappera par à Tsui Hark, premier producteur à confier au maître l’entière responsabilité pour monter Le Syndicat Du Crime. Ces deux fortes têtes du cinéma hongkongais, réunis au sein de la Film Workshop Compagnie, allaient naturellement réussir à se brouiller. De cette séparation allait enfin naître ce projet cher au cœur de Woo : Une Balle Dans la Tête. Une situation sur laquelle revient le producteur Terence Chang au cours d’une interview (9mn).
Au final, HK réalise là une copie sublime de ce chef d’œuvre, qui on l’espère, remportera sur format DVD, le succès public qu’il n’a pas connu lors de sa sortie en salle.
2DVD (HK Video)
Langues : Français Dolby Digital 5.1 / Cantonais Dolby Mono d’origine
Durée : 246 minutes
Public : Interdit au moins de 16 ans
Bonus : Le film LES LARMES D’UN HEROS, 2 Interviews (John Woo & Terence Chang), Filmographies, Bande-annonces, galerie de photos, liens internet.
Date de sortie : 27 Octobre 2004
Prix : 29,99 €
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1.
Anderton | janvier 23, 2007 at 9:41
Hasard de l’actu : un jeune homme qui vient de subir une greffe partielle du visage avait vu “Volte/Face” il y a longtemps et pensait que changer de visage était de la science-fiction. Pour plus d’infos : http://blogywoodland.blogspot.com/2007/01/volteface-de-la-science-fiction-la.html