décembre 2006


daratt-1.jpgFilm français, belge, autrichien, tchadien

Réalisateur: Mahamat Saleh Haroun
Avec Ali Bacha Barkai, Youssouf Djoro, Aziza Hisseine

Distribution: Pyramide Distribution

Date de sortie : 27 Décembre 2006

Synopsis: Tchad, 2006. Le gouvernement a accordé l’amnistie à tous les criminels de guerre. Atim, 16 ans, reçoit un revolver des mains de son grand-père pour aller retrouver l’homme qui a tué son père…
Atim quitte son village et part pour N’djaména, à la recherche d’un homme qu’il ne connaît même pas. Il le localise rapidement : ancien criminel de guerre, Nassara est aujourd’hui rangé, marié et patron d’une petite boulangerie…
Atim se rapproche de Nassara, lui fait croire qu’il cherche du travail et se fait embaucher par lui comme apprenti boulanger, avec la ferme intention de le tuer… Intrigué par l’attitude d’Atim à son égard, Nassara le prend sous son aile et lui apprend l’art et la manière de fabriquer du pain…
Une étrange relation se tisse bientôt entre les deux êtres. Malgré sa répugnance, Atim semble trouver chez Nassara la figure paternelle qui lui a toujours fait défaut…

La situation au Tchad
Ancienne colonie française, le Tchad devient indépendant en 1960. Une opposition ancienne entre le nord du pays, majoritairement musulman, et le sud, chrétien et animiste, est alors ravivée. Le chef de l’état, François Tombalbaye, mène en effet une politique autoritaire, qui met à l’écart les populations du Nord, et suscite la rébellion de ces derniers. En 1979, les hommes du Nord prennent le pouvoir par la force, et le pays continue de s’enfoncer dans la violence, à laquelle viennent s’ajouter la famine et la sècheresse.

A l’image de ce pays, le réalisateur nous offre un film âpre, dépourvu de musique où les couleurs de la nature contrastent fortement avec la froideur des sentiments exprimés. judicieusement mis en scène, Daratt se regarde comme un conte philosophique brillant, qui s’imprégnera en vous de manière durable.

Si vous hésitez encore, sachez que Daratt (Saison Sèche) a décroché le Prix spécial du jury à la Mostra de Venise en 2006.
Gage de qualité et d’anticonformisme, ce film est produit par le réalisateur et scénariste, Abderrahmane Sissako, dont le dernier film en date Bamako, est une critique sévère et intelligente du FMI est à découvrir de toute urgence. Certaines salles le programment encore. A toulouse, jettez un coup d’oeil du côté du Cratère.

Critique du film par Olivier Barlet (publiée dans Africulture)

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Le réalisateur Mahamat Saleh Haroun viendra présenter son film, à Toulouse, au cinéma Utopia, le jeudi 28 décembre 2006.

En attendant sa venue, vous pouvez télécharger ici le 12ème numéro de Klr-Obscur entièrement conscaré au réalisateur. L’intw présentée ici fut réalisée pendant le festival Ciné 32 de la ville de Auch, en Octobre dernier.

godard-au-travail.gifGodard au travail - Alain Bergala

Relié / 384 pages / 1150 photos N&B et couleurs / 23 x 28 cm

Le parcours de Jean-Luc Godard, comme celui d’autres grands artistes du XXe siècle, a connu plusieurs « périodes ». C’est sa première vie en cinéma, celle des années 60, à l’époque de la Nouvelle Vague triomphante, qu’a choisi d’explorer Alain Bergala.

Cet ouvrage est avant tout le récit de l’éclosion d’une puissance de création et d’inventivité formelle hors norme. Son ambition est de raconter en détail et le plus concrètement possible l’histoire de chaque film : contexte, production, choix techniques, choix des acteurs, tournage, montage, sortie des films. Entre 1959 à 1968, qui marque une rupture radicale dans son œuvre, Godard réalise pas moins de 15 longs métrages, et devient immédiatement l’une des figures emblématiques de cette décade prodigieuse. Sont déjà entrés de plein droit dans l’Histoire du cinéma : A bout de souffle bien sûr, avec Jean-Paul Belmondo et Jean Seberg, qui révéla Jean-Luc Godard au public, Le Mépris avec Brigitte Bardot et Michel Piccoli, Pierrot le fou avec Jean-Paul Belmondo et Anna Karina, La Chinoise avec Anne Wiazemsky et Jean-Pierre Léaud.

Alain Bergala a été l’éditeur des deux tomes de Jean-Luc Godard par Jean-Luc Godard qui fut un grand succès de librairie et est aussi l’auteur de l’essai Nul mieux que Godard paru également aux Éditions des Cahiers du cinéma en 1999. Il est incontestablement reconnu comme l’un des plus fins connaisseurs et analystes de l’œuvre du cinéaste. Il dispose, du fait de sa familiarité avec cette œuvre et tous ceux qui y ont collaboré, des meilleures sources de documents de travail, d’archives de première main, de témoignages, de photographies de tournage inédites qu’il restitue chronologiquement film par film, chapitre par chapitre, tout au long de cet ouvrage magnifiquement illustré, avec beaucoup de photos inédites.

De passage à Toulouse, le vendredi 9 juin dernier, dans le cadre des 25 ans des Cahiers du Cinéma, Alain Bergala s’était fort aimablement prété au jeu de l’interview.

Rencontre avec Alain Bergala

Prix: 59 €

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FRAGMENTS SUR LA GRACE
France - 2006 - 1h41.

De Vincent Dieutre.

Avec Mathieu Amalric, Mireille Perrier, Eva Truffaut, Vincent Dieutre…

Sortie nationale: mercredi 6 décembre 2006

Un cinéaste et son équipe plongent dans l’univers incandescent de Port-Royal et du Jansénisme, esquissant par fragments, un autre Grand Siècle, celui de Pascal, de Racine et des « Amis de la Vérité ». Paysages arpentés, lectures précieuses, entretiens et notes de travail s’entrecroisent pour une aventure bouleversante. De cette quête historique naît alors une sensation de vertige. Expérience visuelle.

Leçons de ténèbres…

 

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Entre auto-fiction, documentaire et cinéma expérimental, Vincent Dieutre nous convie à un voyage sensoriel en terres de mémoire janséniste. L’occasion pour lui de rendre grâce à ce groupe restreint d’hommes et de femmes du XVIIe siècle, trop vite oublié ou caricaturé par l’histoire, dont la foi peut être lue comme un symbole de la résistance à l’ordre établi. Un projet ambitieux, visuellement audacieux, que le cinéaste est venu présenté et défendre, en avant première nationale, à Toulouse, au cinéma Le Cratère.
Rencontre avec Vincent Dieutre.

Pour quelles raisons avez-vous décidé de faire un film sur Port Royal ?
Tout d’abord parce que j’ai éprouvé un véritable choc émotionnel, dans ce lieu : Port-Royal Les Champs, ou plutôt dans ce non lieu, puisque par définition, il n’y a plus rien à voir, tout ayant été complètement rasé. C’est un endroit d’où se dégage à la fois un élan de calme, de sérénité, mais aussi de violence, cette violence que ces gens de Port Royal ont attirée contre eux. Ce lieu a donc été le déclic. Je l’ai découvert il y a très longtemps, et depuis j’ai toujours gardé en tête l’idée qu’un jour je me pencherai sur cette histoire.
L’autre raison est en quelque sorte une contre raison. Je suis très fortement inquiet et agacé de la façon dont l’histoire est amenée au public par le corpus des documentaires et plus largement par la façon dont est prise en charge la gestion du passé au niveau des images, au cinéma et dans l’audiovisuel en général. Donc il y avait ici une volonté de proposer une contre proposition esthétique tout en donnant corps à ce projet autour de ce lieu de Port-Royal Les Champs.

Que représente Port Royal pour vous ?
Quand on s’intéresse au XVIIe siècle, les mots Port Royal et jansénisme reviennent tout le temps. Il n’y a là rien d’étonnant puisque tous ceux qui peignaient, pensaient, écrivaient, ou possédaient un peu de pouvoir, ont du se positionner pour ou contre ce mouvement religieux. C’est pour ça que je vois dans cette crise de Port Royal, ce moment janséniste, une fissure très importante d’où découla des tas de choses, dont le germe de la révolution française qui allait mettre fin à la royauté. Alors bien sûr, tous n’ont pas été jansénistes. Mais certains comme Lafontaine, dont tout le monde connaît les fables, Racine, madame de Sévigné, Molière dont on dit que Tartuffe est une moquerie sur les jésuites, ou encore des peintres comme Philippe de Champaigne, ont tous pris partis pour Port Royal. Donc je crois, que l’on ne peut pas comprendre cette période, on ne peut pas comprendre Versailles, si on n’a pas cette clef de la dissidence du jansénisme. Car c’est un mouvement très différent de ce qui c’est passé avant, avec la Reforme. C’est un bouleversement à l’intérieur de l’église, mais aussi, à l’intérieur de la France. C’est une dissidence interne qui pose la question de la conscience de l’individu dans la société. Car dans une époque où religion et politique étaient totalement imbriquées, les jansénistes venaient de créer l’individu moderne, en inventant la liberté de conscience.

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C’est quand même un film empreint de religion ?
Effectivement, mon film est empreint de religion, parce qu’on ne peut pas comprendre cette époque sans se replonger dans sa religiosité. Aujourd’hui, on peut regarder le monde sans se poser la question du religieux. Là, je me la pose, même si concrètement, je ne suis pas croyant. Mais à partir du moment où j’avais décidé de me plonger dans ce mouvement et dans cette époque, je me devais d’aller jusqu’au bout. On ne peut pas comprendre un mouvement qui repose sur l’arbitraire de la foi, sans jouer le jeu sois même, sans se poser la question : si j’étais croyant qu’est ce je ferais. Si je croyais, je ne pourrais pas croire à demi comme ces gens, qui pensaient qu’on pouvait négocier son salut par l’argent. Non, pour moi, si on croit, faut aller au bout du truc, il faut brûler, et là l’aventure devient fascinante. C’est la question transversale du film. Je devais la poser, quitte à mettre mal à l’aise un certain nombre de gens. Car cette question ouvre un vertige, dans lequel il fallait plonger, d’où le plan final qui symbolise ce terrassement complet. Je devais donc emprunter, le temps d’un film, l’idée d’un monde religieux. Ce film est en quelque sorte le journal de ce vertige.

Un film sur Port Royal ou le jansénisme ?
L’un ne vas pas sans l’autre, Port Royal, c’est le territoire de ce moment et de ce mouvement. D’habitude, je tourne toujours en plan fixe, là vous aurez remarqué que c’est caméra à l’épaule. On marche dans ces lieux, je voulais qu’on sente vraiment les pas, qu’on arpente ces lieux. Port Royal était donc pour moi une géographie de ce mouvement. En plus il permettait de faire émerger des figures héroïques, notamment des femmes, ce qui est tout à fait nouveau dans l’histoire de cette époque. Là, c’est la première fois qu’une vingtaine de femmes vont devenir les voix de cette dissidence. Port Royal est donc un symbole !

Un film littéraire
On écrivait beaucoup à Port Royal, il y a avait une véritable inflation de l’écriture. La meilleure façon d’en rendre compte était ce processus de lecture de ce patchwork de textes d’époques, volontairement très explosés pour attaquer tous les côtés de l’histoire.

Un film à la première personne
Le côté première personne, c’est-à-dire je est quelque chose de très important dans mes films, et cela est à l’œuvre depuis mon premier film Rome désolée. Ici, le film fonctionne comme un journal de terrain.

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On a l’impression, que l’austérité, trait caractéristique du jansénisme, s’imprime sur vos images.
Oui, parce que c’est un film pauvre. Même, si j’avais souhaité faire un film à costume, je n’en avais pas les moyens. Donc, c’est une négociation entre les contingences et le désir esthétique. Je mélange ainsi les formats, 16mn, vidéo et beaucoup de super 8. Mais c’est vrai que j’ai essayé de traduire Port Royal en allant au plus simple. Donc il y a une espèce d’austérité, je crois que c’est le mot, dans ce décor pour laisser les textes, les mots devenir des éléments importants. C’est la fièvre de l’histoire qui doit venir habiter ces décors simples, donc le lieu, lui, se doit d’être esthétiquement « jansénisant ».

C’est un film qui vous a totalement imprégné, voire dévoré !
Bien sûr ! Mais pour moi, un film ne vaut d’être fait qu’à partir du moment où je n’en sort pas moi-même indemne. C’est pour cela que c’est intéressant de voir mes autres films. Ils sont tous conçus sur cette idée là. Pour moi, une œuvre n’a de sens que si elle est efficace, si elle a des conséquences concrètes sur la vie des gens qui la regardent, même si c’est juste pendant 1h30.

Ecouter l’émission:
Klr-Obscur # 10 Rencontre avec Vincent Dieutre

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Le Tueur à L’orchidée (1972) - Umberto Lenzi
[Sette orchidee macchiate di rosso]

1DVD Neo Publishing
Langues : Version française 2.0 et version italienne 2.0 sous titrée
Durée : 88 min
Bonus :
- Fiche technique
- Galerie photos
- Filmographie
Prix : 19,99€

(Film interdit aux moins de 12 ans)

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Mais qu’avez-vous fait à Solange? (1972) - Massimo Dallamano
[Cosa avete fatto a Solange?]

1DVD Neo Publishing
Langues : Version française 2.0 et version italienne 2.0 sous titrée
Durée : 102 min (montage italien), 101 min (montage français)
Bonus :
- Présentation du film par Fabio Testi (36 s.)
- Whatever happened to Solange ? (22’)
Interview croisée de Fulvio Lucisano (producteur) et Fabio Testi (acteur) sur l’histoire de la création et du tournage du film.
- Interview de Fabio Testi (15’)
Il revient sur sa carrière de simple cascadeur à comédien enchaînant les productions cinématographiques et théâtrales d’Italie en Amérique du Sud en passant par l’Espagne.
- Fiche technique
- Galerie photos
- Filmographie
Prix : 19,99€

(Film interdit aux moins de 12 ans)