février 2007


danse-avec-lui-af.jpgFilm français

Réalisation : Valérie Guignabodet
Avec Mathilde Seigner, Sami Frey, Jean-François Pignon

Distribution : Wild Bunch Distribution

Date de sortie : 21 Février 2007

Synopsis : Trois ans après une rupture dramatique qui a bouleversé son existence, Alexandra réapprend à vivre et à aimer grâce à la rencontre troublante d’un vieux maître d’équitation et de son cheval.

Mise en scène passionnelle d’un amour profond pour les chevaux et la campagne, Danse avec lui, chante la persévérance et l’ouverture à l’autre. Après Mariage, Valérie Guignabodet offre à Mathilde Seignier un rôle superbe de femme brisée, joué avec pudeur et fragilité.
Rencontre avec Valérie Guignabodet & Mathilde Seignier, lors de leur venue à Toulouse.

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Le cheval d’orgueil

C’est une vraie rencontre toutes les deux ?
Mathilde Seignier : C’est une rencontre humaine en effet. Depuis Mariage, on est devenues amies. Donc oui, on est très bien ensemble. Mais c’est vrai que maintenant, quand je tourne, j’ai plus envie de m’emmerder. Et c’est vrai aussi que j’ai le choix, donc si je peux tourner avec des gens que j’aime, je suis ravie. Donc je veux bien faire tous mes prochains films avec Valérie, sauf si elle veut changer, parce qu’elle en aura peut être marre (rires). Mais c’est vrai que quand on est à un certains niveau modestement, on peut choisir, les acteurs comme les metteurs en scène avec qui on veut travailler.

Faut il instaurer des liens plus forts ?
Mathilde Seignier : C’est-à-dire que tout est plus facile. La direction d’acteurs est plus facile, on se comprend mieux. Quand on s’engueule, ça n’a pas de répercussions parce qu’on est aussi dans une relation d’amitié. Et puis Valérie me connaît bien, donc elle connaît mes codes.
Valérie Guignabodet : Mathilde, n’a franchement aucun talent, mais comme on est amies, on travaille ensemble (rires)! Non, personnellement, je rajouterai qu’il n’y a pas beaucoup d’actrices du niveau de Mathilde. C’est vrai qu’on s’entend bien, y compris dans le travail. On a d’ailleurs commencé par s’entendre dans le travail, en fait, on s’est rencontrée dans le travail et puis maintenant on n’a en plus nos chevaux dans la même écurie, alors vous pensez bien ! Et puis dans ma maison à la campagne, j’ai maintenant une chambre qui s’appelle la chambre de Mathilde…

La campagne…
Valérie Guignabodet : Moi je ne peux pas me passer de la campagne, des animaux en règle générale et des chevaux en particulier, et je crois que Mathilde a cette même passion. Je pense que c’est aussi ce qui nous réuni beaucoup.
Mathilde Seignier: En fait ce n’est pas des racines parce que moi je suis parisienne de souche, j’ai plutôt une famille qui n’aimait pas la campagne, mais j’ai toujours aimé la campagne et comme Valérie, les chevaux. Et il n’y en a pas tellement à Paris. Et puis je n’aime pas la ville, je ne suis pas une citadine. J’aime le calme, j’aime me balader et j’aime la nature.
Valérie Guignabodet : De toute façon un film comme celui là ne pouvait se faire qu’avec des gens sincères et passionnés. C’est vraiment un film qui parle de l’amour des chevaux, même si c’est d’abord un film qui parle de la vie, à travers les chevaux, c’est un film qui parle des relations des êtres à travers les chevaux. Mais pour que cette passion des chevaux soit crédible, soit réaliste, il fallait des gens vraiment passionnés et c’est pour cela que je ne pouvais pas le faire avec beaucoup d’autres actrices que Mathilde parce qu’elle a cette vraie passion chevillée au corps. Elle est capable de rentrer de tournage tard le soir, d’avoir eu une semaine épuisante et de prendre sa bagnole pour venir à la campagne, à l’écurie, voire la nature les oiseaux et les chevaux. Ça c’est un truc qu’a le film. Il y a une passion véridique qui émane, je crois, du film parce qu’il a été fait par de vrais passionnés. Et je pense que Sami Frey en fait parti aussi.

Vous avez confié ce rôle à Mathilde, fort différent de ce à quoi elle nous avait habitué, parce que c’est votre amie ?
Valérie Guignabodet : Je ne suis pas d’accord avec ça, parce que Mathilde est une grande actrice, encore loin d’avoir exploré tout ce qu’elle est capable de jouer. Mais encore faut-il qu’on lui propose les rôles ! Et ce rôle là, qui c’est vrai, est loin de ses rôles récents qu’elle a pu jouer, mais il y a eu des films très beaux, très sombres, très durs dans la filmographie de Mathilde qui n’étaient pas si loin que ça. Alors, il y a quelque chose d’un peu différent dans ce rôle là. C’est vrai que c’est un film dans lequel elle parle peu, où tout passe par la présence, le regard, où son personnage regarde beaucoup. C’est Sami Frey qui parle, c’est son personnage qui exprime les choses à sa place à elle, parce qu’elle, elle n’arrive plus à parler. Donc c’est effectivement quelque chose d’un peu différent parce qu’elle s’exprime par le corps. Du coup ça en fait un rôle plus sensuel peut être. Et je pense que c’est pour cela que ça surprend les gens.

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Une mise en avant de Mathilde Seignier
Mathilde Seignier : De mes avantages vous voulez dire (rires)? Oui, c’est un rôle glamour mais pas au sens sexy du terme. C’est un rôle sensuel parce que, de toute façon, le mode des chevaux et les chevaux sont sensuels. Mais c’est un film d’odeurs, un film olfactif aussi.
Valérie Guignabodet : De toute façon, les chevaux c’est ça. On plonge les mains dans la robe, on les renifle. On adore ça, c’est merveilleux, ça fait parti de la joie d’être avec les chevaux.

Des seconds rôles de qualité
Valérie Guignabodet :
Je trouve que les seconds rôles c’est très important. C’est la charpente du film. Et puis quand vous avez une actrice comme Mathilde, vous ne pouvez pas lui mettre n’importe qui en face, faut quand même quelqu’un qui ait de la tenue et puis du répondant.

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Pourquoi délaisser la comédie
Valérie Guignabodet : Quant on aborde la relation entre les êtres, au travers du rapport avec les chevaux, c’est forcement un film plus profond, donc plus classique dans sa forme. Pourtant, c’est un faux film classique. Il parle des chevaux, mais avant tout il parle de la vie et des rapports entre les gens.

En rappelant que le plus important n’est pas le but mais le chemin, le personnage de Sami Frey nous rapproche de l’enseignement bouddhiste.
Valérie Guignabodet : On mène aujourd’hui des vies trépidantes. Beaucoup arrivent à des points de rupture. Le personnage que joue Mathilde continue de vivre normalement, mais au fond d’elle, elle est bloquée. Et je crois qu’on est très nombreux à vivre ça. La vie qu’on s’impose est tellement dure. On s’impose des obstacles de plus en plus hauts à franchir et quand on saute de plus en plus hauts, il y a un moment où on se casse la figure. Et une fois à terre, on doit se remettre en selle. En trouvant une autre façon de voir la vie. Là, quelque chose de l’ordre de la philosophie s’instaure. Aujourd’hui, on vit dans l’action. On avance, encore et toujours. Mais, à un moment il faut se poser, pour se demander où aller et surtout comment. Ce n’est donc pas un hasard si j’ai pris cette métaphore. Quand on lit les manuels équestres du XVIIIe et XIXe siècle, on reste interloqué en tombant sur de véritables leçons de philosophie. L’équitation c’est le rapport à l’autre, un autre que l’on convint par le respect et la confiance. Donc, comprendre le rapport aux chevaux permet de mieux appréhender les rapports humains.

Cet enseignement est distillé par une personne qui se pose comme un maître à penser.
Valérie Guignabodet : Cet homme finalement, ne parle que de chevaux. A aucun moment il ne prétend parler d’autres choses. Mais, c’est en lui apprenant à monter à cheval autrement, à danser au lieu de sauter des obstacles qu’il va lui apprendre, malgré lui, à vivre différemment. Aujourd’hui, chacun cherche son propre chemin et parfois des rencontres comme celle-ci vous aident à trouver une voie personnelle.
Mathilde Seignier: On se guide tout seul aujourd’hui. On fait ce qu’on peut. J’aimais cette idée d’une lente reconstruction par l’intermédiaire d’un tiers, à travers l’amour des chevaux.

Un film lent et avare en personnages. On quitte la ville pour s’installer à la campagne avec 3 personnes et 2 chevaux.
Valérie Guignabodet : C’était vraiment le cœur du film : lâcher cette vie trépidante de grande ville pour accepter de se retrouver avec presque rien, mais dans une confrontation fructueuse. Car, dans la vie, pour retrouver du sens, il est essentiel d’accepter de lâcher quelque chose.

agua.jpgFilm argentin

Réalisation : Veronica Chen
Avec : Rafael Ferro, Nicolas Mateo, Gloria Carra

Distribution : Tadrart Films

Date de sortie : 07 février 2007

Synopsis : Injustement accusé de dopage lors d’un marathon en Argentine, Goyo, ancien champion de natation en eau libre, a tout abandonné pour se réfugier dans le désert. Huis ans plus tard, le Marathon va de nouveau avoir lieu. Il revient pour tenter de reconquérir son honneur. De vieilles émotions refont surface, l’oppressent. Goyo rencontre Chino, un nageur en piscine consciencieux et obstiné qui rêve d’une sélection en équipe nationale. Ils décident de faire équipe.

Second long métrage de Veronica Chen, Agua, est une tragédie aquatique hypnotique et sensuelle, admirablement mise en scène. Rarement une réflexion sur les ambitions déçues et la solitude, n’avaient eu si bel écrin. Assurément une réalisatrice à suivre.
Rencontre avec Veronica Chen, le vendredi 9 février, lors de sa venue au cinéma ABC.

Pour écouter l’émission Klr-Obscur # 19, téléchargez là ici.

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Les dents de l’amer

Pourquoi un film sur l’eau ?
Pour deux raisons : la première, c’est que l’eau, est un élément qui isole. J’ai cherché à montrer des personnages isolés. A cause de l’eau, ils ne perçoivent pas le mode extérieur. Elle altère leurs relations aux autres. La seconde raison, c’est que l’eau est un élément dans lequel le corps est fluide.

C’est pour cela que la caméra glisse autour des nageurs lorsqu’ils sont dans l’eau alors qu’elle reste plus statique sur la terre ?
Lorsque le personnage est hors de l’eau, il n’est plus dans son élément. Il lui est très difficile de se déplacer. La caméra bouge donc peu, elle devient presque fixe. Je devais capter la rigidité des personnages. Lorsqu’ils sont sous l’eau, ils baignent dans leur fort intérieur et nous avec.

L’eau est un miroir ?
L’eau est plutôt quelque chose de transparent, qui provoque des distorsions aussitôt qu’elle bouge ou que quelqu’un la touche.

La natation dans votre film endosse le même rôle que celui de la boxe dans les films noirs américains : un moyen de progresser socialement.
Réussir socialement avec la natation reste du domaine du rêve en Argentine. C’est beaucoup plus rentable de miser sur le football ou le tennis, qui restent de meilleurs ascenseurs sociaux. Mais, tous ces garçons qui habitent en bord de fleuves, et qui y nagent sont déterminés à réaliser leur rêve d’ascension sociale. Un rêve modeste, humble. Pas celui de devenir célèbre, mais simplement celui de pouvoir aller un jour à Buenos Aires, par exemple.

Chico, le jeune garçon, vient de Santa Fé. Y a t-il à Santa Fé, plus de pauvreté que dans d’autres ville ?
Non, c’est une province riche avec quelques quartiers pauvres. Mais ce n’est pas une ville spécialement pauvre, non.

Qu’est ce qui vous fascinez à peindre ces personnages marginaux et un peu hors norme?
Ce qui m’intéressait ici, c’était de montrer que dans une famille humble, les rêves sont quelque chose d’important, de fondamental. La dernière chose qui reste à une personne qui à tout perdu, c’est l’espoir. C’est pour cela que mes personnages sont si forts.

On peut voir le personnage de Goyo, comme une figure du western américain.
C’est une sorte de héros qui rentre chez lui pour obtenir une revanche. Il refuse de s’avouer vaincu. J’aime ces gens qui tombent mais se relèvent avec entêtement. En fait, cet homme isolé, qui décide de rentrer chez lui, va trouver en Chino son double, plus jeune.

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Un film qui nous emmène vers l’inconnu.
Je voulais vraiment m’éloigner de ce qui pourrait être un film de sport classique. Je souhaitais parler de l’ambition et du désir intérieur. J’ai donc ajouté un peu de mystère pour que cette histoire ne se regarde pas comme un film sur la natation.

Le chronomètre tue la passion de ces deux garçons.
C’est terrible, mais ça illustre parfaitement la contradiction qui existe entre rêve et réalité, entre monde intérieur et monde extérieur, entre temps et volonté.

C’est à la fois un film sur le silence et un film très musical.
J’ai voulu travailler les sons comme si c’était une partition, même si au fond la musique n’est jamais venue. Je ne regrette d’ailleurs pas cette absence, car j’ai réussi à évoquer tout ce qui se passe dans la tête de quelqu’un, immergé pendant des heures, à répéter inlassablement le même exercice.

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Est-ce que le cinéma expérimental vous a inspiré ?
Non, il n’y a pas une influence directe du cinéma expérimental. L’inspiration vient plutôt de tous les films que j’ai pu voir et dont certaines images s’impriment en vous, sans que vous ne sachiez vraiment pourquoi.

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Spasmo (1974) - Umberto Lenzi
[Spasmo]

Pour cette nouvelle sortie de la Collection Giallo de Neo Publishing, c’est avec un plaisir certain que l’on retrouve Umberto Lenzi aux commandes d’une œuvre étonnante. Après Le tueur à l’Orchidée (1972), le réalisateur nous livre ici un giallo plus psychologique, porté par une musique envoûtante de Ennio Morricone.

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Spasmo détone dans la filmographie du cinéaste. Plus fin, plus psychologique mais surtout sans excès. Même les figures imposées du genre : assassin ganté de cuir noir, meurtres sanglants et scènes de nu langoureuses se voient ici balayées d’un revers de la main par un réalisateur plutôt musclé, adepte des images chocs. Connu pour ces films de cannibales douteux, ses polizzioteschi ultra violent, transformant Milan en terrain de bataille, Umberto Lenzi décide ici de surprendre son public.

Réalisé quelques années après une trilogie déjà largement inspirée par l’univers du giallo: Une folle envie d’aimer (1969), Si douces si perverse (1969) et Paranoïa (1970), Spasmo délaisse le traitement de la sexualité pour se focaliser sur une thématique déjà à l’oeuvre dans ces trois long métrages: la folie. Christian, un jeune play-boy, rencontre une femme mystérieuse, vivant sur un magnifique yacht: Barbara. Visiblement attirés l’un par l’autre, la jeune femme l’invite chez elle. Mais au moment le plus inopportun, un inconnu agresse Christian, qui se défend et tue malencontreusement son agresseur. Les deux amants décident alors de fuir. Entre temps, le corps disparaît du motel sans laisser la moindre trace. Une implacable descente aux enfers se met alors en marche, ne laissant personne indemne. Car ce meurtre est-il bien réel? Et ce frère un peu trop autoritaire dans l’ombre de Christian, qui est-il ?

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D’abord proposé à Lucio Fulci qui le refusa car déjà engagé sur un autre projet, le scénario de Spasmo se voit confié à Umberto Lenzi. Il en accepte la réalisation à la seule condition de pouvoir le réécrire. Film sur la folie homicide, “la folie intérieure qui peut exploser en chacun de nous pour un rien”, Spasmo s’inscrit dans la ligne droite des travaux de Mario Bava (Une hache pour la lune de miel) ou d’Hitchcock (Psychose). Son ambiance malsaine, alourdie par la présence récurrente de poupées livides mutilées, formes fantomatiques mystérieuses, déjà rencontrées chez Mario Bava avec Six femmes pour l’assassin (1964), flirte avec le fantastique. Constamment à cheval entre rêve et réalité Spasmo happe littéralement le spectateur.

L’atmosphère étouffante du film est d’autant plus vive que l’action évolue dans un univers bourgeois, donc dans un monde exiguë. Le menace vient donc ici de l’intérieur, ce qui accroît d’autant plus la paranoïa des personnages. On reconnait ici la perversité et l’ingéniosité du cinéaste.

Impeccablement réalisé, Spasmo est, de par sa forme, un giallo classique, donc daté, mais toujours efficace. Les libertés que Umberto Lenzi prend avec les codes du genre dynamisent le film, tout en lui permettant d’en faire une oeuvre étrange et personnelle. La présence hallucinante de ces manequins féminins exibés pendus aux arbres, la construction labyrinthique du récit et le traitement proche de la BD donnent à Spasmo une identité et une originalité graphique jouissive.

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Le tout est porté par des acteurs excellents, dont Ivan Rassinov, habitué du genre (La secte des cannibales, Brigade spéciale…) qui campe ici un frère ainé froid et déshumanisé. Côté présence féminine, Suzy Kendall, dont les amateurs de gialli, se rappellent sa présence dans L’oiseau au plumage de cristal (1970) de Dario Argento, ajoute une touche de sensualité et d’étrangeté délicate au récit.

Grace une nouvelle fois au travail de fond de l’équipe de Neo Publishing, Spasmo, œuvre de référence du giallo, est enfin visible dans nos contrées, avec une qualité d’image remarquable et un bonus épatant: une interview du cinéaste.

1DVD Neo Publishing
Langue: français Dolby Digital 2.0, italien Dolby Digital 2.0
Durée: 90 minutes
Bonus:
- Entretien avec Umberto Lenzi (16′)
- Filmographies
- Galerie photos
Prix: 19,99 €

(Interdit aux moins de 12 ans)

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Olivier Scamps, directeur de Neo Publishing, qui nous régale avec ce nouveau titre, est un inconditionnel du cinéaste italien Lucio Fulci. Une passion qui nous à valu il y a quelques mois, la ressortie dans une toute nouvelle copie, accompagnée de bonus fabuleux, de deux oeuvres majeures du cinéaste, issue de la trilogie zombiesque, à savoir Frayeurs et L’au-delà. Deux films dorénavant disponibles en version simple Dvd, donc moins onéreuse (environ 15 €) mais sans bonus, à l’instar de L’enfer des Zombies et L’éventreur de New York.

Mais aujourd’hui, je m’en vais vous parler d’un autre Lucio Fulci, loin des excès visuels, des chairs putréfiées et autres réjouissances sordides. Du Lucio Fulci élève de Visconti ou d’Antonioni.

Béatrice Cenci, qu’il réalise en 1969, est un drame historique adapté d’un fait réel, ayant eu lieu en 1599, en Italie. Il s’agit en fait d’un parricide, exécuté au coeur de l’une des plus puissantes familles romaines: Les Cenci, reconnue pour leur hostilité envres la papauté. Avec la complicité de son serviteur et amant Olimpio, Béatrice Cenci décide de se venger d’un père cruel et incestueux, libérant ainsi ses proches de son emprise tyrannique, en commanditant son assassinat. Un truand surnommé Le Catalan (personnage tout droit sorti d’un western spaghetti) se voit chargé d’accomplir l’horrible besogne. La seconde épouse de Cenci, ainsi que deux de ses fils s’engagent dans ce sombre projet. Mais, une fois la mort du patriarche révélée, une enquête est menée par les juges de l’inquisition. Une main de l’Eglise plus soucieuse alors de s’accaparer le patrimoine foncier de la famille Cenci que de rendre la justice.

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L’histoire de Béatrice Cenci est un fait divers historique qui inspira de nombreux réalisateurs. Une bonne dizaine de versions existent à ce jour, parmi lesquelles celle de Ricardo Freda : Le Château des amants maudits, considérée par les puriste comme supérieure à celle de Fulci, grâce notamment à son utilisation du format cinémascope. Nous attendrons une sortie Dvd, ou un simple visionnage sur VHS, pour porter ici un jugement plus personnel.

Mais bien avant le cinéma, le personnage de Béatrice Cenci à fasciné les écrivains du XIX : le poète anglais Shelley lui consacra une tragédie, Alexandre Dumas ou Stendhal dans les Chroniques Italiennes, rapportèrent sa douloureuse expérience.
Lucio Fulci lui, fut littéralement hanté par ce sujet. Tant et si bien qu’il mit dix ans à préparer ce projet. Il prit donc le temps de peaufiner son style et de réunir un budget suffisant pour mettre en image sa vision de ce drame. Il choisit alors des interprètes de talent : Tomas Milian, figure phare du polar italien, incarna le dévoué et amoureux serviteur Olimpio, Adrienne La Russa dans le rôle de Béatrice Cenci et l’acteur français George Wilson sous les traits du terrible Francesco Cenci.

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Avec ce film, Lucio Fulci aurait pu devenir l’un des grands réalisateurs italiens. Il vient de réaliser un western: Le Temps du massacre trois ans plus tôt et la même année Una sull’altra (Perversion Story), un giallo de référence. Malheureusement, nous sommes en 1969, le film attaque ouvertement l’église. Rappelez vous que Fulci est croyant. Loin de l’image d’antéchrist que certains aiment à lui coller au regard de ces films d’horreur, c’est un catholique qui doute. Il avait coutume de dire : « Je cherche Dieu. J’ai Dieu, mais j’ai aussi des doutes ». Pas étonnant donc que cette histoire de collusion entre la religion, le pouvoir et l’argent, l’ait immédiatement séduite. Mais pas étonnant non plus qu’en donnant le mauvais rôle à l’église, qui torture et pille sans vergogne, et qui plus est un noble, censé être intouchable à l’époque, il ne s’en attire les foudres. Diabolisé par l’église, dédaigné par le public, lui reprochant son élitisme, Béatrice Cenci est un cuisant échec pour le réalisateur, qui en garda une profonde rancune. Incompris des uns, boudés par les autres, l’oeuvre la plus ambitieuse du cinéaste, le projet d’une vie va se muer en une profonde blessure qui ne cicatrisa jamais. Cette oeuvre qui aurait du lui ouvrir les portes des milieux intellectuels italiens des 70’s, le cloîtra dans un style cinématographique différent dans lequel il exprima sa rage au travers d’œuvres extrêmes, outrancières, hantées par la mort et la destruction.
Béatrice Cenci, marque donc un tournant indéniable dans la filmographie de son auteur. La violence et la cruauté de certaines scènes, aussi timides soient-elles, ainsi que l’utilisation de cadrages étranges constituent les prémices d’un cinéma en gestation.

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Mais au delà de tout cela, Béatrice Cenci, est une œuvre visuellement très soignée, et intelligemment mise en scène. Ici les paysages et décors de cette Italie en pleine Renaissance resplendissent face à des personnages soumis ou mus par un instinct bestial. On est ici très proche de l’univers froid et saisissant de Stendhal : c’est un film austère, dense, aux personnages haïssables.
Cette incursion dans le cinéma d’art et essai de Lucio Fulci manque quand même de rythme. Son hésitation entre cinéma de genre et cinéma cultivé est palpable dans la frilosité de certaines scènes érotiques notamment, trop soft, au point d’en devenir mièvres donc obsolètes.
La découverte de ce pan méconnu de la filmographie de Lucio Fulci donne l’occasion de découvrir un cinéaste touche à tout subversif, sous estimé, réduit au cinéma d’horreur qui mérite largement d’être enfin réhabilité.

Un travail de mémoire rendu possible grâce au travail remarquable de Neo Publishing : transfert numérique de qualité, restauration de la copie et présence de bonus rares et géniaux.

1DVD Neo Publishing
Langues : français Dolby Digital 2.0, italien Dolby Digital 2.0
Durée : 89 minutes
Bonus :
- “La nuit américaine du Dr Lucio Fulci” (31′) par Antonietta De Lillo: un documentaire exceptionnel sur et avec Lucio Fulci: le cinéaste revient sur l’ensemble de sa carrière, il parle de son rapport aux critiques …
- Supplément inédit rare: une interview audio exclusive de Lucio Fulci avec Gaetano Mistressa, réalisé en 1988 (36′)
- Fiche technique, bio et filmographies
Prix : 24,99€

(Interdit aux moins de 16 ans)

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Si Alain Berberian n’hésite pas a enterré, un peu vite, et à grand coup de tatanes, un roman initiatique magnifique, qui n’a pourtant rien perdu de sa propension à faire rêver petits et grands [L'île au Trésor de Stevenson], d’autres comme Jean-François Laguionie, on su lui rendre un hommage vibrant.

Troisième long métrage de Jean-François Laguionie, L’île de Black Mòr est un film d’animation français, biberonné aux récits de Conrad ou Stevenson, qui nous conte l’histoire d’un gamin des Cornouailles, en 1803.

Le Kid, jeune orphelin de 15 ans, part à la recherche d’un trésor. Son seul indice : la carte d’une île tombée du livre de Black Mòr, célèbre pirate auquel il aimerait tant ressembler. Entamé seul, il rencontre au fil de ses aventures six compagnons aussi différents qu’indispensables.

Jean-François Laguionie est un auteur réalisateur aussi talentueux que discret que le succès du Château des Singes (1999) a contribué à faire sortir un peu de l’ombre. Collaborateur de Paul Grimault, il aime tinter ses films de rêve et de poésie. Un aspect qui s’imprime sur la ligne graphique des personnages, représentés de manière très naïve. Un point qui peu déstabiliser, mais qu’on oublie très vite au vue du soin et de la finesse apportés aux paysages. Inspiré par le peintre Breton Henri Rivière (1864-1951) le rendu est somptueux. Quant aux protagonistes de l’aventure, leur personnalité complexe les rend attachant, à commencer par ce superbe personnage féminin au caractère si bien trempé qui se révèle être le clef de voûte de ce récit initiatique.

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En ce qui concerne le DVD en lui-même, ne vous privez en aucun de voir le documentaire. Son seul bémol est qu’il véhicule une certaine frustration puisqu’une fois achevé, on a qu’une envie : découvrir l’ensemble des films du réalisateur à commencer par Gwen ou Le Livre de Sable (1985).

1DVD TF1 Video
Durée : 1h25

Son : Stéréo

Bonus : Documentaire “Les secrets du film”: un portrait de Jean François Laguionie. Très intéressante interview du cinéaste qui permet de mieux appréhender l’ensemble de son œuvre.
Un quiz pour tout savoir sur les pirates qui, une fois toutes les bonnes réponses trouvées, donne accès a la galerie de photos.

Date de sortie : 9 Septembre 2004

Prix : 22 €

Enfin, si vous voulez mieux connaître l’oeuvre de Jean-François Laguionie, cinéaste trop rare, vous pouvez télécharger ici l’émission Klr-Obscur # 18, pour écouter cette rencontre, réalisée lors de sa venue à toulouse, en 2006.

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Histoire de réitérer tout le bien que je pense de Jean-Henri Meunier, et de son cinéma à la Tati, je viens d’apprendre, avec plaisir, la nommination de son dernier opus : Ici najac à vous la terre au César 2007, dans la toute nouvelle catégorie “meilleur documentaire”.

Après avoir été distingué au niveau international par une double nommination aux IDA (International Documentary Association) AWARDS et aux DGA (Directors guild of America) AWARDS, le film obtient enfin une reconnaissance hexagonale !

Rappelons tout de même que Ici Najac, à vous laTerre a été présenté au Festival de Cannes 2006 en sélection officielle hors-compétition.

La liste compète des nomminés toutes catégories, c’est par ici !

La 32e Cérémonie des César sera retransmisse par Canal+ en clair et en direct du Théatre du Châtelet, samedi 24 février 2007, à partir de 20h25.

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Réalisateur : Alain Berbérian
Avec : Gérard Jugnot, Alice Taglioni, Jean-Paul Rouve

Distributeur : Bac Films

Date de sortie : 31 Janvier 2007

Synopsis : Un trésor enfoui sur un îlot des Antilles. Un pirate, traitre et sanguinaire, sans jambe droite, sans bateau, et sans la carte du trésor. Une baronne flambeuse, sans scrupules, mante religieuse, sans le sou, mais avec un bateau. Un jeune homme sans peur et sans cervelle, mais avec la carte du trésor gravée quelque part dans sa mémoire défaillante. Un médecin boit-sans-soif, spécialiste providentiel des mémoires défaillantes et autres amnésies atypiques. C’est cette équipe de rêve qui lève l’ancre un matin de l’an de grâce mille sept cents et quelques, direction l’île au Trésor et ses criques de sable rose.

Relecture à la hache du classique de Stevenson, L’île aux Trésors, se présente comme une pochade cynique et salée, aux maladresses assumées. Mal élevée, boiteuse, mais sans remords, cette pantalonnade maritime séduit par son humour de comic book.
Rencontre avec l’équipe du film, lors de leur passage à Toulouse.

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Petits meurtres entre amis

Une relecture du roman de Stevenson
Alain Berberian : Le scénario est « piraté » de Stevenson. Je pense, que si on avait suivi le roman à la lettre, le film aurait été assez ennuyeux et ennuyant.
Gérard Jugnot : On a simplement repris les personnages du roman pour produire une autre histoire, moins politiquement correct. Quant au pluriel du titre, il s’imposait, puisque finalement je cours après deux trésors, sans pouvoir obtenir ni l’un, ni l’autre : ni l’argent, ni le petit trésor de la baronne.

Un film qui surfe sur la vague Pirates des Caraïbes ?
Alice Taglioni : Voilà 4 ou 5 ans que ce projet a germé dans la tête de notre producteur. D’abord destiné à la télévision, nous avons rencontré d’énormes difficultés pour trouver des financements. Personne ne croyait au renouveau du film de pirates. Or, il se trouve, qu’au milieu de tout cela, sortent les deux volets de Pirates des Caraïbes. Succès phénoménal, donc les financeurs voyant que ça intéresse à la fois les enfants et leurs parents, nous ont permis de faire ce film. Mais ne faites pas l’amalgame ! Ce sont deux films totalement différents.

Principales différences ?
Alain Berberian : Ce qui change le plus, ce sont les personnages et certains thèmes abordés. Quant au scénario, il est assez culotté puisqu’on y parle de cannibalisme, d’homosexualité, ce qui n’est pas le genre de trucs qu’on retrouve dans des films produits par Disney.

Rêve d’enfants
Alice Taglioni : C’est typiquement le genre de films que j’allais voir, avec mon père, quand j’avais dix ans : les Indiana Jones, A la poursuite du diamant vert. J’adorais ça. Donc, me retrouver, moi qui étais spectatrice, à jouer dans ce genre de films, là, il y a effectivement une part de rêve.
Gérard Jugnot : C’est le plaisir du déguisement. Là, on nous a offerts des jouets extraordinaires pour produire du divertissement.

Un divertissement ?
Gérard Jugnot : C’est un film d’enfants fait pour des adultes, donc avec le plaisir de rechercher en soi tout ce qui nous fait rêver et sortir du quotidien. On emmène les gens avec de beaux décors, de beaux costumes, un scénario rigolo et inventif. C’est une des raisons d’être du divertissement. Le plaisir, c’est cette histoire pleine de péripéties, de suspens, d’humour noir. Il n’y a pas forcément besoin d’être dans le message pur et dur tout le temps.

Comme un film d’aventure avec Jean Marais
Alain Berberian : Je suis nostalgique de ce cinéma là. Je trouve que le cinéma d’aujourd’hui a perdu son âme pour devenir un truc de marketing, bien que de temps en temps il y ait quelques films forts qui ressortent. Mais c’est dommage, parce que, quand on aime le cinéma, on aime les émotions fortes et malheureusement, aujourd’hui, on en a de moins en moins.