mars 2007


tete-de-maman.jpgFilm français

Réalisateur : Carine Tardieu
Avec : Karin Viard, Chloé Coulloud, Kad Merad

Distribution : UGC

Date de sortie : 28 Mars 2007

Synopsis : Y’a 20 ans de ça, quelques années avant ma naissance, Maman a aimé un gars. Y’a 20 ans de ça, ils ont été séparés et ce con-là, quand il est parti, il a emporté avec lui le sourire de ma mère. Faut que je le retrouve, faut qu’il le lui rende. Sinon, moi, je meurs.
Lulu, 15 ans.

Joli film sur l’adolescence, La tête de maman est l’occasion de découvrir la toute jeune Chloé Coulloud, en Lulu touchante et attachante. Taillé sur mesure par Carine Tardieu, ce premier rôle est une révélation. Rencontre avec Carine Tardieu lors de sa venue à Toulouse.

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L’âge tendre

Un film autobiographique
Il y a 6 ans, j’ai perdu ma mère. Cette perte a déclanché en moi l’écriture de deux courts métrages : Les Baisers des autres et L’aîné de mes soucis. Je pensais en rester là, mais ces deux courts ont remportés un certain succès. Un producteur, Christophe Rossignon, les a vu et m’a proposé de produire mon premier long métrage. Je n’étais pas du tout pressé de le faire, mais une telle opportunité ne se refuse pas. J’avais vaguement une idée en tête et c’est là que j’ai commencé à écrire, avec mon coscénariste Michel Leclerc, l’histoire de Lulu et de son rapport à sa mère. Je voulais montrer qu’on ne peut se construire en tant qu’adulte, qu’en faisant le deuil de sa relation avec sa mère. Il faut avoir été aimé par sa mère pour pouvoir exister en tant que femme et c’est là toute la lutte de Lulu pour la vie. C’est ce que j’aurais aimé déclencher chez ma mère, je crois. Savoir ce qu’il y avait dans sa tête. Mais, c’est beaucoup plus tard que j’ai compris ce qui s’était joué durant mon adolescence. Lulu, elle est plus courageuse, plus consciente de ce qu’elle est et de ce qui lui arrive. Même si toutes les deux nous avons trouvée une mère de substitution en Jane Birkin. Finalement, je crois que ce film raconte une histoire assez dramatique, mais j’ai pris soin de ne jamais tomber dans le pathos, de toujours rester sur un ton assez léger. Et puis cette échéance de la mort de la mère, donne un sentiment d’urgence au combat de Lulu, histoire de rappeler qu’il faut savoir profiter des gens tant qu’ils sont là !

Un film thérapie
J’ai vraiment pris conscience d’avoir fait le deuil de ma mère, à la fin du montage de ce film. Bien sur, mes films ne sont pas tout, mais j’ai eu l’impression qu’ils m’ont énormément aidés, à franchir ce cap.

Après un début quelque peu poussif, ces 19e Rencontres Cinéma d’Amérique Latine s’achèvent en apothéose sur un palmarès torride accompagné d’un film de clôture des plus rafraîchissants.

En quatrième vitesse

Plus qu’un festival, ces rencontres sont une course effrénée contre le temps. Trop de films, trop de thématiques et trop de lieux de diffusion. On se perd, on s’enlise, on s’émerveille dans les méandres de cette programmation tentaculaire. C’est donc épuisé, rassasié, mais quelque peu déçu que l’on s’achemine vers leur dénouement.

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Une déconvenue vite oubliée devant la découverte du Palmarès de ces 19e Rencontres qui saluent brillement la maturité et la créativité de ce cinéma étonnant. A commencer par la remise du Grand Prix Coup de Cœur au superbe et âpre Familia Tortuga de Ruben Imaz Castro. Ce jeune cinéaste mexicain fait preuve d’une maîtrise et d’une maturité absolument ahurissante. Rarement le thème de l’adolescence n’avait été abordé avec une telle pudeur et une telle justesse dans un premier long métrage. Assurément un cinéaste à suivre.

Tous aussi rugueux, mais plus économe encore au niveau des mots, La marea, où comment une mère vit le deuil de son jeune fils, obtient le prix FIPRESCI. Diego Martinez Vignatti, chef opérateur de Carlos Reygadas, signe ici, avec ses plans larges et cet espace temps très dilaté, un des films les plus étonnants de la sélection. On reste au cœur d’espaces immenses, oppressants voire agressifs, pour le rail d’oc remis, par un cercle de cheminots cinéphiles, à La punta del diablo, envoûtant raod movie cérébral de Marcelo Pavan.

Le prix découverte de la critique française revient lui à Capital, todo el mundo va a buenos aires de Augusto Gonzales Polo. Enfin plus léger, peut être plus prévisible, le prix du public couronne une comédie pétillante et bien écrite : Ciudad en celo de Herman Gaffet.

Parmi les courts métrages, c’est 30 ans de Nicolas Lasnibat et Venus de José Alvaro qui ont séduit les jurys. Quant aux documentaires c’est El Telon de Azucar de Camilia Guzman Urzua qui remporte les honneurs avant de sortir sur les écrans français dès la rentrée prochaine.

coffret_alain-cavalier.jpgLa maison d’édition Pyramide, vient de publier le 21 février dernier, un superbe coffret regroupant l’intégrale autobiographique du réalisateur Alain Cavalier.

A savoir: Ce répondeur ne prend pas de messages (1978), La rencontre (1996) et Le filmeur (2005). Le tout réuni sur 2 DVD, accompagné d’un livret de 24 pages, avec en bonus 8 courts métrages, 8 récits express, d’une durée de 43 minutes.

A cette occasion, Alain Cavalier sera l’invité de la Cinémathèque de Toulouse, mercredi 28 mars à 20h30, dans le cadre du rendez vous Le Bonus, le film et le DVD. Un rendez vous différent des métiers du cinéma, puisque l’entrée est payante. En effet, il s’agit ici de voir un film, puis de le mettre en relation avec les bonus du dvd, projetés sur grand écran et donnant lieu à une discussion avec le cinéaste. Alain Cavalier viendra donc présenter La rencontre, ainsi que les 8 courts métrages disponibles en bonus du DVD.

Réalisateur, acteur, scénariste, directeur de la photographie, Alain Cavalier est avant un chercheur, un expérimentateur, un questionneur de l’image. L’invention de la caméra vidéo, de la DV, va transformer son cinéma et sans doute sa vie. Mais ce nom, Alain Cavalier ne vous ait pourtant pas inconnu. En effet, vous devez connaître au moins l’un de ces films, son plus grand succès critique et public : Thérèse, journal intime d’une jeune carmélite dans son couvent, tourné entièrement en studio, sans décor. Sorti en 1986, le film rafle les prix et expose de manière inattendue le cinéaste sur le devant des projecteurs. Mal à l’aise, cet assistant de Louis Malle, collectionnant les échecs commerciaux autant que les œuvres polémiques et ambitieuses, se radicalise. Ce cinéaste de l’intime, auteur d’une première incursion dans l’autobiographie, avec Ce répondeur ne prend pas de messages (1978), (récit d’une plongée dans le noir, à la suite de la mort de sa seconde femme dans un accident de voiture), décide alors d’épurer son cinéma. Il va jusqu’à tourner un film sans dialogues : Libera me (1993) avec pour thème l’oppression et la torture. Puis il décide d’abandonner la fiction pour ne filmer qu’au plus près de son expérience. Il adopte la DV qui lui permet de filmer seul la personne qui est seule devant lui. De ce rapport naît une confiance qu’il est impossible d’obtenir avec une équipe de tournage. C’est ainsi que le cinéaste fabrique son deuxième film autobiographique : La rencontre, description du début de sa rencontre avec sa femme. Il poursuit son travail autobiographique avec Le Filmeur, où il passe au crible du montage, les cassettes vidéo d’un journal intime filmé entre 1994 et 2005. Présenté au Festival de Cannes dans la sélection ” Un Certain Regard ” en 2005, il clôt la série autobiographique du cinéaste.

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La rencontre constitue les débuts de la métamorphose du cinéaste en filmeur, un homme inséparable de sa caméra, qui explore la vie, capte des moments d’intimité…

A l’heure où la cinémathèque propose une rétrospective Raoul Ruiz, comment ne pas se rappeler ces recherches sur la narration, sa volonté d’élargir les capacités expressives du cinéma. Avec ces trois films, Alain Cavalier fait un écho remarquable à ces recherches, car on reste émerveillé devant ce cinéma où les mots sont aussi importants que les images, où des images fixes d’objets racontent de véritables histoires, distillent des émotions, vous transportent. Des objets, des animaux, des personnes filmés sur un décor neutre mais qui se voient chargé émotionnellement par des mots. Comme se cailloux offert, d’apparence basique et pourtant pas anodin pour le filmeur ou sa compagne. Il film la maladie, la mort.

Alain Cavalier vient de réussir à trouver une nouvelle façon de raconter des histoires, de faire du cinéma, avec une étonnante simplicité, voire austérité. Cinéma ludique, cinéma fragmentaire, cinéma de l’épure, qui en quelques plans cherche à / et arrive à raconter la vie.

Un cinéma qui cherche à amener le spectateur à prendre la caméra.

A découvrir à La Cinémathèque de Toulouse ou en DVD dans ce superbe coffret au prix de 33€

En mars, La Cinémathèque de Toulouse consacre sa programmation à l’insatiable Raoul Ruiz. Une rétrospective organisée en collaboration avec les 19e Rencontres des Cinémas d’Amérique Latine qui se focaliseront, le temps du festival, sur l’œuvre chilienne du réalisateur. Un univers dense et labyrinthique, dans lequel accepter de se perdre, vaut n’importe quel trésor.

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Combat d’amour en songe

Le cinéma de Raoul Ruiz
Ma vocation à devenir cinéaste, je la dois à un ami cinéphile, qui m’a détourné du théâtre. J’étais à l’université. J’étudiais la philosophie analytique, plus particulièrement la logique. Une des premières questions que je me suis alors posé, était : c’est quoi au juste le cinéma ? Puis : peut-on faire un mauvais film ? Peut-on faire un bon film ? Enfin : peut-on savoir quand un film se termine s’il n’y a pas le mot fin ? Je me suis alors lancé. J’ai réalisé plusieurs longs métrages, au point de dépasser la centaine. Pourtant, je ne sais toujours pas ce qu’est le cinéma, ni si il y a de bons ou de mauvais films.

L’exil
Je regrette ce qui s’est passé. J’y ai perdu beaucoup d’amis. Mais je dois admettre que si j’étais resté au Chili, je n’aurai fait que de petites choses, car je suis quelqu’un d’assez poltron et fainéant. Mais là, d’un coup j’ai été forcé de partir et de travailler pour de bon. Le travail a amené le travail, puis j’ai eu de la chance. Celle d’arriver en France à un moment où on s’intéressait beaucoup à un type de cinéma différent à la fois de la Nouvelle Vague et du cinéma académique. Une période où on faisait encore la distinction entre cinéma commercial et cinéma d’art et essai. C’est l’esprit de la Nouvelle Vague et la liberté qui s’en dégageait surtout qui m’ont attiré en France. Même si elle est vite devenue un peu trop rigide, idéologique, et dogmatique, elle reste un de mes modèles.

Emerveiller sans raconter d’histoire
Je cherche à élargir les possibilités expressives du cinéma. Car on est victime d’un système narratif stérilisant, imposé par l’industrie qui enlève toute envie de faire de l’art. On ne produit actuellement que de la narration formatée, pré mâchée. Ça revient à faire de l’hamburger. Je ne prétends pas être un Copernic du cinéma, désireux d’en changer la perspective, mais simplement quelqu’un qui peut encore dire non.

Un cinéma populaire
C’est un cinéma d’une base populaire, pas populaire ou alors, il l’est comme l’est Ulysse de James Joyce, c’est à dire un livre qui s’appuie sur la langue populaire de Dublin. Donc de ce point de vue, on peut être populaire et d’avant-garde.

Un cinéaste cultivé
J’ai l’avantage d’avoir une culture populaire solide. C’est à dire nourrie de contes. Ma culture d’origine, n’importe quel folkloriste ou anthropologue dirait qu’il n’y a presque rien et que tout est emprunté à droite et à gauche. C’est vrai, mais c’est grâce à tout cela que je peux faire des films. Donc, la culture ne nuit pas à la créativité. L’érudition non plus, à condition de ne pas le prendre trop au sérieux.

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Après les 19e Rencontres Cinéma d’Amérique Latine, la retrospectice de l’oeuvre européenne du cinéaste, se poursuit à La Cinémathèque de Toulouse. Jusqu’au Samedi 31 mars, vous pourrez découvrir les films de Raoul Ruiz suivant :
L’hypothèse du tableau volé (197 8)
Le territoire (1981)
Trois vies et une seule mort (1996)
Klimt (2006).

Gagner, des places pour découvrir ces films, ainsi que quelques affiches, en écoutant l’émission Klr-Obscur, mardi 27 mars de 8h30 à 9h00 et mercredi 28 mars de 17h30 à 19h00, sur les ondes de Radio Campus Toulouse.

sans-titre.jpgUne rencontre à télécharger ici.

A télécharger/écouter aussi, Raoul Ruiz parle de son exil sur fond de Calexico.

[En cliquant sur ce lien, une page Internet MegaUpload s’ouvrira. Entrez les lettres dans la case correspondante, puis faites OK. Ensuite il faut patienter quelques secondes (le temps du décompte. Puis cliquez sur download, et choisissez l’emplacement du fichier mp3 sur votre disque dur.]

Bonne écoute !

C’est vendredi soir qu’ont démarré, en fanfare, ces 19e Rencontres Cinémas d’Amérique Latine, placées cette année sous l’égide du plus prolifique des cinéastes contemporains, à savoir Raoul Ruiz, dans une cour de la Cinémathèque bondée.

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Dialogues d’exilés

Au rythme d’une batucada menée tambour battant par l’équipe de Samba Résille et Caopeiragem, curieux, cinéphiles et amoureux de l’Amérique Latine se sont dandinés jusqu’à la Cinémathèque pour découvrir, en avant première, le film chargé d’ouvrir ses 19e Rencontres Cinéma d’Amérique Latiune : Antonia.

Réalisé par Tata Amaral, ce long métrage brésilien, nous contait avec tendresse, le parcours chaotique de quatre jeunes « rapeuses » noires, issues d’un quartier défavorisé de Sao Paul, bien décidées à s’en sortir grâce à leur musique. Pour cela, elles devront surmonter le machisme ambiant, leurs querelles intestines et les frustrations de la vie. Si souvent, la distance entre rêve et réalité, est ténue, avec Antonia, elle s’émousse, puisque ce film fit de ces quatre héroïnes, interprétant ici leur propre rôle, de véritables phénomènes au Brésil, incarnant l’espoir pour de nombreuses adolescentes afro-brésiliennes. A l’articulation des différentes sections présentées dans ce festival, Antonia remplit d’émoi une salle comble. Pourtant, enfilant les bons sentiments, les clichés et autres facilités comme des perles, on se sent loin, très loin de l’aura, peut être un peu pesante pour ces Rencontres, de Raoul Ruiz. Un cinéaste qui risque fort de ne pas toucher le cœur de ceux qui ne pratiquent pas ou peu la langue de Cervantès, ses films n’étant pour la plupart pas sous-titrés. Même traitement pour son élève chilien : Christian Sanchez, dont beaucoup attendaient de découvrir sa filmographie. Difficile alors de ne pas se poser de questions sur cette programmation et le public visé.

 

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Mais revenons au Brésil avec l’acteur Lazaro Ramos éminent représentant du nouveau cinéma afro-brésilien et star du festival: « Il se passe quelque chose au Brésil aujourd’hui. C’est un mouvement qui s’appelle reprise du cinéma. Nous avons passé 10 ans à ne presque pas produire de films. J’ai débuté au cinéma à cette période et je commence enfin à sortir du stéréotype qui collait trop aux acteurs brésiliens». Il suffit de voir Cobrador de Paul Deluc, pour constater l’évolution des rôles proposés. Ici, Lazaro Ramos marche sur les pas d’un Samuel L. Jackson. Il doit donc s’adapter, moderniser son jeu, être plus sobre. L’acteur jubile. Mais l’obtention de rôles plus complexes, plus psychologiques, n’est qu’un début. « Il y a une nouvelle génération de réalisateurs qui souhaiteraient passer derrière la caméra et je suis l’un d’entre eux. Je fais actuellement un programme pour la télévision et j’ai le projet de faire un long métrage d’ici peu». Une quête identitaire et une reconnaissance indispensable que les films présentés illustrent mais auxquels on préféra les documentaires de Noir Brésil, plus à même d’expliquer cette évolution.

Autre pays à l’honneur, le Chili. Brillant représentant de son jeune cinéma, Sébastian Lelio, réalisateur de La Sagrada Familia, de retour de sa résidence cannoise où il vient de finir l’écriture de son prochain film « On est en train de vivre un moment de grande vitalité et de grande diversité en ce moment, au Chili. De jeunes cinéastes apparaissent, innovent ». Une pluralité et une créativité effarante dont ces 19e Rencontres rendent compte au mieux durant cette trop courte semaine.

Du 16 au 25 mars Toulouse vivra à l’heure latino-américaine en accueillant les 19e rencontres Cinémas d’Amérique Latine. Organisées par l’ARCALT, cette manifestation, devenues indispensable au fil des années, sonne l’arrivée du printemps.

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L’âge des possibles

Bientôt 20 ans que ce festival rythme la vie culturelle toulousaine. Si 20 ans est, comme le clame l’adage, l’âge de raison, cette nouvelle édition se veut une année charnière, avec une programmation toujours plus exigeante. Ainsi, après avoir longtemps privilégié le jeune cinéma d’Amérique Latine, l’accent est mis, cette année, sur les travaux de réalisateurs « confirmés ». Deux destinations se voient privilégiées : le Brésil et le Chili. Deux pays où se mêlent engagement politique et artistique.

Rétrospective Raoul Ruiz : avant l’exil et retour au Chili
Si le jeune cinéma chilien, vif et inventif, était déjà à l’honneur de la précédente édition, cette nouvelle programmation frappe fort en revenant sur l’œuvre de Raoul Ruiz, tout au long du mois de mars, en collaboration avec La Cinémathèque de Toulouse. Alors que l’institution programme ses œuvres réalisées en Europe, le festival privilégie le « Ruiz chilien », période la plus méconnue du cinéaste en France. Une filmographie en deux temps. De son premier film Très tristes tigres (196 8) à son exil, puis de 2001 à 2004, où le réalisateur tourne de nouveau au Chili. Onze films rares et touchants.

Christian Sanchez, disciple de Raoul Ruiz
Ce festival rend hommage à un autre grand cinéaste chilien, rarement diffusé au Chili, jamais en France : Christian Sanchez. Resté au pays malgré la dictature de Pinochet, auteur de neuf longs métrages à ce jour, il tourna contre vent et marée avec des budgets ridicules. Tenace et ingénieux, il dut inventer un langage qui puisse passer la censure pour témoigner. Théoricien du cinéma, spécialiste de Raoul Ruiz, il viendra à Toulouse présenter son cinéma et celui de son mentor.

La représentation des noirs dans le cinéma brésilien
Si 47% de la population brésilienne est noire et métisse, les afro-brésiliens restent sous représentés à l’écran. Longtemps cantonnés dans des rôles caricaturaux de domestiques ou de voyous, des acteurs afro-brésiliens, à force de lutter, commencent enfin à obtenir d’autres rôles. La télévision ouvre ainsi ses portes à une nouvelle génération d’acteurs noirs, parmi lesquels on trouve Lazaro Ramos, véritable star au Brésil, qui viendra nous expliquer comment s’est opérée cette reconnaissance identitaire. Une telle reconnaissance pour un acteur noir était pourtant impensable, il y a quelques années, sans l’existence du cinéma Novo. Un cinéma contestataire, développé dans les 60’s, prenant à bras le corps la question noires. Dernier bastion à prendre : passer derrière la caméra. C’est ce qu’a entreprit, en 2000, un mouvement de réalisateurs : Dogma Feijoada, bien décidés à représenter fidèlement la réalité du Noir brésilien. Films, documentaires et courts métrages illustreront cette évolution nécessaire.

Cinéma en construction 11e, les 22 et 23 mars à l’ESAV
Original et judicieux, Cinéma en Construction permet une meilleure distribution de premiers longs métrages, au-delà de leurs frontières. Le Violon de Francisco Vargas et La Sagrada Familia de Sebastian Campos, succès d’estime autant que critique ont bénéficié de cette initiative. Découvrez les 6 futurs talents.

Curieux ou cinéphiles, une semaine riche en émotions et découvertes vous attend, dans de nombreux lieux de la ville rose !

Par ici le programme !

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Du 10 au 18 mars 2007, l’Université de Toulouse le Mirail, à l’initiative de Philippe Ragel, organise une manifestation culturelle internationale autour de l’oeuvre du cinéaste iranien Abbas Kiarostami.
Cet événement se veut l’occasion de faire le point sur l’oeuvre du cinéaste, en sa présence, au travers d’un Colloque organisé par le Laboratoire de Recherche en Audiovisuel de l’Université Toulouse le Mirail, une rétrospective de son oeuvre au Cinéma ABC, une table ronde, la projection du Tazieh au TNT, des lectures et une exposition de peintures à la Librairie Ombres blanches, enfin, une exposition de photographies sur le thème de l’Arbre au Centre Culturel Bellegarde.

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Du 7 au 17 mars, le cinéma ABC présentera ainsi plusieurs courts et longs métrages réalisés par ce cinéaste contemporain essentiel. En point d’orgue de cette rétrospestive, Abbas Kiarostami, viendra présenter Le Goût de la Cerise (1996), le mercredi 14 mars à 21h ainsi que Le Rapport (1972), en compagnie du cinéaste Nader Takmil-Homayoun, le vendredi 16 à 20h30. A ne pas manquer !

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La Cinémathèque de Toulouse consacre sa programmation du mois de mars à Raoul Ruiz. Une rétrospective organisée en collaboration avec Les Rencontres des Cinémas d’Amérique Latine qui présenteront l’œuvre latino-américaine du cinéaste, donc plutôt rare, dans le cadre de leur 19ème édition, du 16 au 25 mars. Entre temps, la Cinémathèque proposera la découverte ou la redécouverte de quelques unes de ces fabuleuses productions européennes.

Jeudi 8 mars 2007, Raoul Ruiz sera présent à la cinémathèque de Toulouse, pour un métier du cinéma exceptionnel (entrée libre). Puis à 21h00, il viendra présenter au public Combat d’amour en Songe, qu’il réalisa en 2000.

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Ce cinéaste hors norme, né au Chili en 1941, est aussi inventif que prolifique. Insatiable, boulimique, Serge Toubiana, dans les Cahiers du Cinéma, en 1983, voyait déjà en Raoul Ruiz, « un cinéaste dont la filmographie est presque impossible à établir tellement elle est diverse, éclatée, multiforme». Chaque film, chaque histoire qu’il nous raconte n’est pas une, mais plusieurs. Une œuvre labyrinthique, vaste, un peu à l’image de sa vie. L’homme fut tour à tour présentateur du journal télévisé chilien, scénariste sur plusieurs feuilletons mexicains, français ou même allemand, auteur dramatique, conseiller cinématographique d’Allende (ce qui le poussa à s’exiler en France après le coup d’Etat de Pinochet, le 11 Septembre 1973), directeur artistique de la Maison de la Culture du havre, poète, écrivain, metteur en scène de théâtre…et aussi cinéaste.
Avec son premier long métrage, Très tristes tigres, réalisé en 1969, il remporte le léopard d’or à Locarno. Mais la notoriété ne sera au rendez vous qu’en 1996, lorsque Trois vie et une seule mort avec Marcello Mastroianni, se voit présenté en compétition à Cannes. Audacieux, féru de littérature et soucieux de triturer la forme autant voire plus que le fond, Raoul Ruiz adapte magistralement Le temps retrouvé de Marcel Proust, en 1999. En 2006, le cinéaste se lançait une nouveau défi : porter à l’écran la vie du célèbre peintre autrichien Klimt.
Conteur enthousiaste et cultivé, Raoul Ruiz, nous offre, à chaque fois qu’il réalise un film, une porte sur son univers, si personnel.
Empreint de surréalisme, de poésie ces œuvres sont denses, pas toujours accessibles au premier visionnage, sans pour autant être compliquées. Il faut se laisser porter, accepter le voyage vers l’inconnu, comme une aventure. Il faut retrouver son âme d’enfant, pour mieux savoir se perdre.

Gagnez des invitations pour cette soirée exceptionnelle en écoutant Klr-Obscur mardi 6 mars de 8h30 à 9h00, et mercredi 7 mars de 17h30 à 18h00, sur les ondes de Radio Campus Toulouse. Pendant tous le mois, vous pourrez aussi remporter des places gratuites pour découvrir une des nombreuses oeuvres de ce cinéaste chilien.

Pour apaiser votre soif de connaissances à propose du cinéaste et ses productions, visitez ce site: Le cinéma de Raoul Ruiz, qui comme son nom l’indique lui est entièrement conscaré.

Enfin, dans Klr-Obsur # 20, diffusée le mardi 13 mars prochain, vous pourrez écouter une intw de Raoul Ruiz, réalisée lors de sa venue à Toulouse.

Pour écouter cette rencontre avec Raoul Ruiz, vous pouvez télécharger l’émission Klr-Obsur # 20, ici. Bonne écoute !

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Réalisateur : Apichatpong Weerasethakul
avec Sakda Kaewbuadee, Banlop Lomnoi, Sirivech Jareonchon

Distribution : Ad Vitam

Synopsis : Keng, le jeune soldat, et Tong, le garçon de la campagne mènent une vie douce et agréable. Le temps s’écoule, rythmé par les sorties en ville, les matchs de foot et les soirées chaleureuses dans la famille de Tong. Un jour, alors que les vaches de la région sont égorgées par un animal sauvage, Tong disparaît. Une légende dit qu’un homme peut être transformé en créature sauvage… Keng va se rendre seul au couer de la jungle tropicale où le mythe rejoint souvent la réalité.

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Troisième long-métrage de Apichatpong Weerasethakul, Tropical malady est un chef d’œuvre sensoriel et hypnotique.

Ce jeune cinéaste thaïlandais nous avait déjà abasourdi avec BlissfllyYours, premier film à s’inviter sur nos écrans français. Une oeuvre déconcertante de calme et de beauté dont beaucoup se contentèrent de retenir l’arrivée impromptue du générique après une bonne demi heure de projection. Une prise de liberté avec les codes narratifs du cinéma que s’octroie de nouveau le réalisateur en collant de force deux œuvres distinctes. Vous ne serez donc pas étonner de voir s’offrir à vos yeux ébahis, un générique, histoire de bien différencier les deux parties. Quant à savoir si Tropical Malady est une œuvre unique plus qu’un film gigogne, à vous de choisir.

Pour le réalisateur, s’obstiner à ne voir qu’un seul et même film risque de nuire grandement à sa compréhension.
Prenons ainsi la première partie : il s’agit tout bêtement d’une histoire d’amour entre deux jeunes hommes : Keng, le jeune soldat, et Tong, un garçon de la campagne. Le temps s’écoule, rythmé par chant des grillons au cœur d’une jungle moite et luxuriante. Léger et tendre, le film s’étire entre les sorties en ville, les matchs de foot et les soirées chaleureuses dans la famille de Tong. Ici le désir est filmé avec grâce. On économise les mots et les gestes.
Le seconde partie utilise les mêmes acteurs, ce qui, convenons en, peut dérouter, mais il faut bien le reconnaître les propos du film et leur narration diffèrent. Brusquement, la forêt idyllique, protectrice devient source d’un terrible secret : une légende affirme que l’esprit d’un grand chamane, peut s’incarner dans le corps d’un homme, pour le transformer en tigre… Tong vient de disparaître, happé par cette forêt alors que les vaches de la région sont égorgées par un animal sauvage. Keng décide de partir seul à sa rencontre.
En un tour de main magistral, Apichatpong Weerasethakul réuni Kipling et Conrad pour mettre en scène ce conte ancestral et quasi universel : c’est la peur du loup. Car à bien y réfléchir, cet homme seul au milieu de cette forêt hostile, retombe à l’état de nature. De chasseur il ne tarde pas à devenir proie : celle d’un animal mythique mais aussi la proie de ses peurs enfantines. Muet, le film nous fait ressentir bien plus d’émotions qu’il n’en donne à voir. Difficile de résister aux sensations de froid et aux sentiments d’enfermement et d’oppression. De quoi donner raison au réalisateur pour qui « un film ne se ressent pas seulement avec la tête, mais avec le corps tout entier. »

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Simplement couronné du Prix du jury à Cannes 2004, Tropical Malady, n’est pas le dernier coup de cœur de quelques intellos, mais bien la réalisation d’un cinéaste majeur!

Filmographie sélective :
2004 - Tropical malady
2002 - Blissflly yours
2000 - Mysterious Object at Noon

A noter la sortie d’un coffret DVD regroupant les 2 premiers films de Apichatpong Weerasethakul chez MK2 éditions

Date de sortie : 24 Novembre 2004

 

Zoom sur Charles de Meaux, producteur des films Tropical Malady et Blissfully Yours. Cofondateur de la société de production Anna Sanders Films, Charles De Meaux réalise son premier film, Le Pont du trieur, en 2000. Trois ans plus tard, il part en Asie centrale tourner Shimkent hotel avec Melvil Poupaud, Romain Duris et Caroline Ducey. Shimkent hôtel et Le Pont du trieur sont rassemblés dans un coffret DVD, édité ckez Mk2, disponible contre une trentaine d’€uros.
Rencontre à Auch, avec Charles de Maux, le samedi 16 Octobre 2005.

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Tropical Malady
« En fait, Tropical Malady n’est pas un film, mais bien deux films différents que l’on a juxtaposé. C’est assez amusant, mais en fait, au départ il devait même y en avoir un troisième. On l’a monté. Il faisait 60 minutes environ. Enfin, c’était beaucoup trop long donc on a décidé de ne pas le mettre. »

Charles de Meaux
« Je suis producteur bien sûr, mais en fait, sur ce film, j’ai tout fait sauf investir un seul centime. Je ne le pouvais absolument pas. »

La rencontre avec Apichatpong Weerasethakul
« J’ai rencontré le réalisateur au cours d’une exposition à New York. Il travaillait sur un projet de vidéos expérimentales. En fait Apichatpong Weerasethakul fait des œuvres vidéo en parallèle de ces films. Son travail est visible dans les musées plus qu’au cinéma d’ailleurs. »

Le tournage
« Pendant le tournage, je me suis occupé de la lumière. A cause des mauvaises conditions de tournage, notre directeur de la photo nous avait quitté en plein tournage. Il a bien fallu le remplacer. J’ai donc pris sa place. L’argent et le temps manquaient. Alors je me suis occupé un peu de tout pour que le projet puisse aboutir. Non, ce n’était pas des vacances !
Par exemple, on avait loué des caméras à un chef de la mafia locale qui était prêt à tout pour récupérer son argent. Vous savez, j’ai carrément risqué ma peau en fait ! Sans parler du tournage dans la jungle. Jamais je n’ai frôlé la mort de si près. Je flippait à cause des serpents.Y en avait partout, c’était humide. D’ailleurs on était accompagné d’un médecin avec du sérum en cas de morsures et d’un garde de chasse armé pour les plus grosses bêtes.
Il avait un fusil et un carnet d’amende. Comme c’était un parc, si tu arrachait un feuille tu devais payer une amande (rires). »

La sélection à Cannes
Plus le temps passait et moins je voyais le film se faire. Un jour, des gens de Cannes sont venus nous voir dans la jungle pour avoir un aperçu du film. Leur visite nous a tellement surpris qu’on avait rien à leur montrer. Du coup, on est quand même retourné en ville, histoire qu’ils ne repartent pas les mains vides. On leur a montré quelque rushs et ils sont repartis avec une vidéo sois disant d’avant projet. En fait la bande était toute noire.
Quelques temps après, ils nous rappellent pour nous dire qu’ils trouvent le travail intéressant. On ne revenait pas. Je me demande d’ailleurs encore ce qu’ils ont bien pu réussir à voir sur la vidéo.
On était super heureux de cette proposition de travail, mais là le vrai problème c’est qu’on avait plus que quinze jours pour monter ou plutôt faire un film. On s’est donc dispatché les rushs et on est parti chacun avec un Mac pour monter les rushs et faire quelque chose. A l’arrivée, il y avait deux parties qu’on a collées entre elles. »

Un film complexe ?
« Franchement, pas du tout, ce film là ne peut pas être plus simple !
Non, sérieusement, ce n’est de la provocation. Si on prend le temps de regarder Tropical Malady de près, c’est d’abord une histoire rose genre Harlequin et enfin un conte pour enfants.

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Charles de Meaux sera le producteur du prochain film de Apichatpong Weerasethakul: Syndromes and a Century, prévu d’ici Septembre 2007. Interprété par Nantarat Sawaddikul, Jaruchai Iamaram, Sophon Pukanok, Syndromes and a Century, devrait nous conter les souvenirs d’enfance du réalisateur thaïlandais auprès de ses parents médecins. Voici quelques images histoire de saliver jusqu’à la sortie de ce nouveau long métrage.

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