août 2007


Après un début de saison brillant, hardiment conclu par des Aventures maritimes en plein air, la cinémathèque de Toulouse rouvrira ses portes le 7 Septembre prochain avec de quoi faire chavirer le cœur de tout cinéphile. C’est une programmation variée, marquée par deux temps forts et ponctuée de nombreux festivals que l’institution dévoile avec fierté.

1- La Programmation à venir

Septembre 2007 : Intégrale Robert Guédiguian
A partir du 7 Septembre, la Cinémathèque de Toulouse programme l’intégrale de Robert Guédiguian, à savoir l’ensemble de ses longs et courts métrages. Une première pour ce jeune réalisateur français qui doit son succès public à Marius et Jeannette, mais dont les premières œuvres restent malheureusement trop peu connues et diffusées dans l’hexagone. Une erreur que cette programmation va donc tenter de réparer en accompagnant ou en précédant la sortie en salle du dernier long métrage du cinéaste, actuellement en fin de montage et prévue pour la rentrée prochaine: Lady Jane.

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Cerise sur le gâteau, Robert Guédiguian sera présent à la Cinémathèque, le mardi 18 Septembre, pour animer une nouvelle rencontre des métiers du cinéma en compagnie de son actrice favorite : Ariane Ascaride. Rappelons ici que l’entrée pour ce rendez vous mensuel est totalement gratuite.

Enfin, pour mieux comprendre la genèse de son cinéma, une carte blanche sera proposée au réalisateur.

Une rétrospective démarrera en fanfare avec deux séances en plein air les 7 et 8 Septembre pour savourer respectivement Marius et Jeannette (1996) et Le Voyage en Arménie (2006);

Octobre - Novembre 2007 : France, années 70
Du 12 Octobre au 30 Novembre, une programmation variées s’échinera à nous dévoiler toutes facéties du cinéma français des 70’s. Si Les Valseuses (1974) de Bertrand Blier orneront l’affiche de cette thématique, c’est goulûment qu’on se jettera plus volontiers sur la rétrospective consacrée à Jean Eustache.

Décembre 2007 : Destins croisés, destins communs
En décembre, hommage au film choral, qui fait un retour en force aujourd’hui après avoir séduit tant de réalisateurs emblématiques comme Robert Altman, mis à l’honneur de cette thématique de fin d’année ou encore Robert Guédiguian. Un programme qui s’annonce d’or et déjà très américain.

Janvier 2008 : Intégrale Alain Resnais
Pour le mois de janvier, la Cinémathèque de Toulouse voit grand, voire très grand en proposant l’intégrale Alain Resnais, avec la projection de tous ses longs et courts métrages. Le tout agrémenté de rencontres, de tables rondes et des colloques, en présence du réalisateur lui même. Cette première en France, verra le jour grâce à l’inauguration d’un partenariat de la Cinémathèque de Toulouse avec le Centre Pompidou de Paris (qui accueillera lui cette même programmation du 19 janvier au 3 mars) et le Festival Premiers Plans d’Angers (18 au 27 janvier).

2- Les festivals accueillis

Cinespania, 12ème édition
Du 28 Septembre au 7 Octobre

Peuples et Musiques au Cinéma, 8ème édition
Du 15 au 18 Novembre

Novelum, 9ème édition
Du 14 au 24 Novembre

Séquence Court Métrage, 15ème édition
Du 29 Novembre au 9 Décembre

3- Deux rendez-vous exceptionnels

26 - 27 - 28 Octobre : Le bonus, le film et le DVD, Week-end Berlin Alexanderplatz de R. W. Fassbinder.

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Avant de se voir édité en DVD chez Carlotta Films, la cinémathèque vous propose de découvrir les 13 épisodes, répartis sur 7 séances, de ce film réalisé pour la télévision allemande par R. W. Fassbinder. Cette œuvre majeure et ambitieuse vous sera proposée à un tarif attractif et, croisons les doigts, accompagnée d’une rencontre avec la comédienne Hanna Schygulla. Enfin, clin d’œil à la programmation du mois de Septembre, c’est ce film : Berlin Alexanderplatz qui permit à Robert Guédiguian de faire son entré dans le monde du cinéma, par l’entremise du réalisateur René Féret qui lui proposa d’en coécrire une adaptation. Malheureusement ce beau projet ne devait pas aboutir.

27 Novembre : Ciné-concert, La vendeuse de cigarettes du Mosselprom de Iouri Jeliaboujski.

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Après le travail fantastique réalisé en 2006 sur le film Verdun vision d’histoire, la Cinémathèque de Toulouse est heureuse de pouvoir enfin présenter à son public le fruit de son second grand chantier de restauration : La vendeuse de cigarettes du Mosselprom. Réalisé en 1924, ce film russe a fait l’objet, grâce au soutien de la Fondation Groupama Gan pour le cinéma, d’une restauration argentique traditionnelle confiée au laboratoire l’Immagine Ritrovata de Bologne. Issu du Gosfilmofond - les archives cinématographiques russes - mais détenu par la cinémathèque de Toulouse, cette œuvre se présentait sous la forme d’un interpositif safety reconstitué dans les années 60. Hormis de petites réparations sur le film lui-même, les interventions ont porté essentiellement sur son tirage et son étalonnage. Un travail long, minutieux qui a permis la redécouverte d’un film majeur et d’un studio de production mythique tout en soulignant la richesse du Gosfilmofond. En ce sens, cette restauration fait figure d’hommage à Raimond Bordes, fondateur de la Cinémathèque de Toulouse et initiateur des liens étroits qu’allait tisser l’institution avec les archives cinématographiques russes.

Présentée lors de sa sortie en 1924, comme la première comédie soviétique, La vendeuse de cigarettes du Mosselprom fut l’un des grand succès populaire de l’année. Mais si les aventures de la jeune Zina, vendeuse de cigarettes découvrant le 7e art en tombant amoureuse du cameraman Latouguine, allaient être massivement diffusé en URSS, aucune copie ne traversa ses frontières. Plus qu’une œuvre oubliée, c’est donc tout un pan de la cinématographie soviétique qu’on entrevoit derrière cette comédie. C’est un cinéma vivant, novateur, audacieux, se jouant des carcans idéologiques de l’Etat. Un cinéma qui trouve sa source dans les studios de la Mejrabpom-Rus, société de production et de distribution semi privée, fondée en 1924, et égarée dans un pays à l’industrie cinématographique nationalisée.

Surnommée le « Hollywood russe », pour la place prépondérante qu’il donnait aux acteurs, et la variété des films qu’il produisait, ce studio, incarnant une réussite artistique exemplaire ne cessa de s’attirer les foudres du gouvernement jusqu’à sa dissolution en 1936.
Si La vendeuse de cigarettes du Mosselprom de Iouri Jeliaboujski est l’un des tout premiers films produits par la Mejrabpom-Rus, il accueille déjà les meilleurs acteurs russes de l’époque, pour la plupart issus du théâtre tels Igor Ilinski (qui s’inspira en partie de Chaplin), Ioulia Solntseva ou Nikolai Tsereteli.

Mais tous les réalisateurs soviétiques devaient souffrir des mêmes interdits : impossible de rire des notables ou des hommes politiques. Du coup la comédie s’attacha à représenter la vie quotidienne de petites gens. Tourné essentiellement en décor extérieur, La vendeuse de cigarettes du Mosselprom devient ainsi un témoignage unique sur le Moscou des années 20, que les aménagements urbains de la période stalinienne allaient bouleverser.

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Aucune partition musicale n’ayant était écrite pour accompagner le film, la Cinémathèque de Toulouse a demander à deux jeunes musiciens toulousains, Charlotte Castellat (piano violoncelle) et David Lefebvre (contrebasse, guitare, cymbalum) d’accompagner la copie restaurée.

La vendeuse de cigarettes du Mosselprom sera disponible en DVD, chez Carlotta Film, le 7 novembre 2007. En bonus, 2 courts métrages inédits produits par la Mejrabpom-Rus :
La patinoire et Valila le terrible.

3-amis.jpgFilm français

Réalisation : Michel Boujenah
avec Pascal Elbé, Mathilde Seigner, Kad Merad, Yves Rènier

Distribution : Gaumont Distribution

Date de sortie : 22 Août 2007

Synopsis : Qu’est-ce qu’un ami ? Est-ce que j’en ai un ? Est-ce que j’en suis un (ou une) ? C’est quoi cette relation étrange qu’on appelle l’amitié ? Cette histoire d’amour où l’on ne couche jamais ensemble. Comment je peux faire du bien à mes amis ? Est-ce que j’ai le droit d’intervenir dans leur vie sous couvert de l’amitié ? Et jusqu’à quel point et pourquoi ? Et au fond, quel est ce sentiment étrange qui m’habite quand un ami a besoin de moi ? Un bonheur ou un besoin ?

Quatre ans après Père et fils, Michel Boujenah ausculte avec tendresse les méandres relationnels d’un groupe d’amis plongés au cœur d’une ville bac à sable. Belle occasion pour Kad Mérad et Yves Régnier d’utiliser toute les facettes de leur talent d’acteurs.

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C’est pas moi, c’est lui

Toulouse
Michel Boujenah : J’aime Toulouse. J’y ai souvent joué et j’en ai toujours gardé le souvenir d’une ville magique. Un lieu chargé d’histoire, avec une lumière et des couleurs étonnantes. Pourtant, Toulouse reste une ville très peu montrée au cinéma. Trop peu de films y sont tournés. Alors qu’il y a tout dans cette région : un climat agréable, des décors naturels somptueux. J’ai adoré tourner ici en automne. Ça donne une certaine douceur au film. Exactement ce que je voulais.

Parrain de Toulouse Tournage
Michel Boujenah : Cette structure a été crée à l’initiative de ce film et j’espère qu’elle va initier d’autres tournages dans la ville. Car tous nous ont facilité le travail. J’ai fait confiance aux gens de la marie et de la commission cinéma de la Région pour nous faire découvrir, à pied ou à vélo, un maximum de lieux pouvant répondre à nos attendes. On a visité les ruelles et toutes les petites places de Toulouse jusqu’à trouver la place Roger Salengro.

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Yves Renier à contre emploi
Yves Rénier : C’était un pari audacieux et culotté. J’ai hésité, mais j’ai adoré interpréter un personnage si loin de moi. Les rôles de flics ça va, j’en ai soupé.
Michel Boujenah : Quand on voit son interprétation ici, on redécouvre un acteur très sous estimé. Quelqu’un qui a à la fois le talent et l’expérience, mais qu’on enferme toujours dans le même type de personnages. Pourquoi Noiret est un immense acteur, parce que, quand vous le voyez dans Cinéma paradiso ou La chambre de l’officier, vous découvrez à chaque fois un personnage différent, qu’il a composé comme un artisan fabriquerait une commode. C’est génial et Yves a cette formation là.

Rire et sérieux
Michel Boujenah : Vous savez, une comédie, on ne peut pas la faire en rigolant tout le temps. Faire rire ça demande beaucoup de travail. Ce n’est pas parce que vous rigolez entre vous devant une caméra que les gens vont rires. Ça demande de la rigueur, du rythme sinon ça ne marche pas. Et je le dis d’expérience parce que ça fait maintenant presque trente ans que mon travail c’est de faire rire.

Un nom qui facilite son entrée dans le cinéma ?
Michel Boujenah : Ce n’était pas forcément un avantage sur Père et fils. Ça l’est peut être plus maintenant que j’ai gagné en crédibilité. Sur le premier j’ai du bataillé contre bien des a priori. Mais vous savez, si 3 amis est un film qui fait rire, j’aurai gagné. C’est ça mon objectif. C’est l’Himalaya de faire rire ! Et pourtant quant on y arrive ça paraît tellement simple. La preuve, c’est que les gens qui font rire n’ont jamais la gloire de ceux qui font pleurer. Finalement on se dit qu’ils ont fait les cons, alors que c’est un travail incroyablement plus compliqué. L’important c’est que les gens soient heureux. Si je donne 1h30 de plaisir à travers ce film, c’est que ma vie a un sens.