Réalisation : Laurent Charbonnier
avec Cécile de France
Distribution : TFM Distribution
Date de sortie : 19 Décembre 2007
Synopsis : A chaque saison, la terre entière résonne des chants, des râles et des cris amoureux des animaux. La danse et les offrandes sont souvent les meilleurs instruments pour attirer l’être convoité, donnant lieu à des parades parfois cocasses ou attendrissantes, souvent spectaculaires. Leurs rites amoureux constituent un miroir où l’homme se reconnaîtra bien souvent…
Spécialiste reconnu du monde animalier, chef opérateur sur Le peuple migrateur, Laurent Charbonnier, nous émerveille avec Les animaux amoureux. Ode à la beauté du monde, appel au rêve, ce premier long métrage mis en musique par Philip Glass, se savoure avec les yeux d’un enfant. Rencontre avec un insatiable observateur et arpenteur de la nature.
L’art de la séduction
C’est un film qui vous tenez à cœur ?
Laurent Charbonnier : Je rêvais de réaliser un long métrage animalier, depuis ma découverte du film Le territoire des autres, en 1970. J’étais gamin à l’époque et vu que j’ai commencé à réaliser des documentaires en 1978, voilà presque 30 ans que j’attendais de l’exaucer. Je n’ai donc pas attendu Microcosmos ou Le peuple migrateur pour avoir envie de faire ce film. En revanche, s’il s’est monté financièrement assez facilement, c’est probablement grâce au succès des ces oeuvres. Je suis heureux d’avoir enfin pu réalisé un long métrage qui restitue la richesse des comportements de séductions. Mais même signé Laurent Charbonnier, c’est avant tout le fruit d’un travail d’équipe.
La réussite de ces 2 films vous a-t-elle offert plus de liberté ?
Dans Le territoire des morts, il n’y avait pas 3 secondes de commentaires. J’avais été totalement séduit par cette forme de réalisation. J’ai donc décidé de la reproduire pour que les gens puissent ressentir dans la salle ce que nous vivions du haut de nos miradors. Je voulais qu’ils se retrouvent face à ce spectacle incroyable, entourés de sons enivrants, sans qu’aucune voix off ne les guide. En décrivant les espèces, ce serait devenu un de ces films que l’on fait d’habitude pour la télévision. Or, je ne voulais pas faire un documentaire, mais un spectacle, une fable animalière poétique, un opéra animalier. Il y a donc peu de commentaire : 2 minutes au début et 2 à la fin avec un texte intelligent et concis d’Yves Paccalet. Il y a aussi relativement peu de musique au profit du rendu des bruits de la nature pour accentuer l’immersion du spectateur. J’ai pu réellement faire le film dont j’avais envie.
Les animaux sont-ils amoureux ?
Je ne peux pas vous dire s’ils le sont vraiment, en tout cas je ne vois pas pourquoi ils se donneraient autant de mal à danser et parader s’ils ne l’étaient pas. Après, peut-on être sûr que seuls les humains réfléchissent, j’en doute. Mais je reste persuadé que l’homme est un animal comme les autres qui a tendance à penser qu’il n’est pas un. Mais ce sont des questions scientifiques, auxquelles je ne tente pas de répondre. Ce film n’est que le témoignage de ce que j’ai vu et qui continue de m’enchanter.
Y a t-il une volonté de responsabiliser le spectateur à qui vous montrer cette diversité, en disant libre à vous de la sauvegarder ou pas ?
Si on avait utilisé la voix ou le texte pour transmettre un message défaitiste racontant que dans une trentaine d’années il n’y aurait plus d’animaux, le résultat n’aurait été ni marrant, ni original. On connaît tous ces risques. Etait-il raisonnable de faire un film pour le redire ? Je préfère réaliser un spectacle esthétique pour permettre de s’évader afin de mieux comprendre combien ce monde est fragile et mérite d’être sauvé. Il y a une méconnaissance de la nature et de la faune. Or, pour protéger cet environnement il faudrait déjà que les gens le connaissent.
Pour mieux comprendre l’ampleur du travail demandé pour la réalisation de ce documentaire animalier exceptionnel, je vous propose de rencontrer Martine Todisco, ingénieur son sur le film et collaboratrice régulière de Laurent Charbonnier.
Une interview, diffusée le 19 décembre 2007, à télécharger ici.
[En cliquant sur ce lien, une page Internet MegaUpload s’ouvrira. Entrez les lettres dans la case correspondante, puis faites OK. Ensuite il faut patientez quelques secondes (le temps du décompte). Puis cliquez sur download, et choisissez l’emplacement du fichier mp3 sur votre disque dur.]
Bonne écoute !





