Le Concert : Radu Mihaileanu (2009)
novembre 4, 2009
Comédie dramatique, France
Réalisation : Radu Mihaileanu
Avec Mélanie Laurent, Aleksei Guskov, Dimitry Nazarov
Date de sortie : 04 novembre 2009
Distribution : EuropaCorp
Synopsis : A l’époque de Brejnev, Andrei Filipov était le plus grand chef d’orchestre d’Union soviétique et dirigeait le célèbre Orchestre du Bolchoï. Mais après avoir refusé de se séparer de ses musiciens juifs, il a été licencié en pleine gloire. Trente ans plus tard, il travaille toujours au Bolchoï mais… comme homme de ménage.Un soir, il tombe sur un fax adressé au directeur : une invitation du Théâtre du Châtelet conviant l’orchestre à venir jouer à Paris. Andrei a une idée de folie : réunir ses anciens musiciens qui vivent aujourd’hui de petits boulots pour les emmener à Paris, en les faisant passer pour le Bolchoï.
Sympathique comédie franco-roumaine aux accents russes faussement dissidents, Le concert emporte Mélanie Laurent dans un torrent de cordes pour une symphonie de bons sentiments. Point d’orgue de cette fantaisie, le concerto de Tchaïkovski fera couler bien des larmes. Rencontre avec son réalisateur Radu Mihaileanu et Mélanie Laurent.

Casse-noisette
Avez-vous une pratique de la musique ?
Radu Mihaileanu : C’est le regret de ma vie : je ne joue d’aucun instrument, pas même du piano qui pourtant me fascine. J’ai essaye d’en faire mais le solfège m’a rebuté. Pourtant, la musique reste pour moi l’art suprême car il n’a pas de frontière.
Mélanie Laurent : Je crois que je n’y serais pas arrivée en deux mois si je n’avais pas eu un certain sens de la musique. Parce qu’il fallait que j’intègre note par note chaque mouvement de violon et donc avoir un rythme. J’ai fait 10 ans de piano, jamais de solfège, mais je joue à l’oreille et j’ai des facilités. Depuis le tournage, j’ai acheté une guitare pour composer.
C’est un rôle que vous avez appréhendé, n’étant pas violoniste ?
Mélanie Laurent : J’ai la chance d’avoir eu une enfance très heureuse. On ne m’a jamais fait croire que les choses étaient impossibles. Mes parents m’ont toujours laissé tout faire en me disant que ce que je faisais était génial. J’ai ainsi donc pu évoluer dans la vie sans avoir peur. J’ai donc abordé ce film comme quelque chose de très existant. Jamais je ne me suis dit : je ne vais être à la hauteur. Et, quand j’ai reçu le scénario, j’ai foncé.
Pourquoi choisir Mélanie Laurent?
Radu Mihaileanu : Elle irradie et la caméra l’adore, c’est une des raisons pour lesquelles je l’ai choisie. L’autre, c’est que sa palette est immense. Et là je voulais une actrice avec un jeu très étendue, vu que c’est un des personnages qui évoluent le plus. Elle commence un peu frigide et caractérielle mais très professionnelle, comme les grandes violonistes. Le violon est un des instruments les plus exigeants. Ce qui explique son coté carré et sa grande personnalité. Je la voulais à la limite de l’antipathie pour que doucement on aperçoive la douleur qui la ronge. C’est là qu’elle prend de l’empathie et de la chaleur lorsqu’elle découvre son âme slave. Et au final elle m’a bluffée. C’était inimaginable qu’elle aille jusqu’où elle est allée.

La fameuse scène finale…
Mélanie Laurent : Je ne pensais pas arriver à interpréter cette scène du concert sans tricher. Les caméras ont tourné 8 minutes sans interruption. Je les ai vécu comme une « transe », qui a tiré des larmes à tout le monde.
Radu Mihaileanu : Au début la convention était de couper toute les trente secondes pour avoir la position du corps correcte et l’archer sur la bonne note. Tout était prévu au millimètre près, et on a laissé tourner la caméra. Je craignais que Mélanie s’arrête en chemin, mais au final on a un clip de 12 minutes. C’est ça la beauté du cinéma : laisser une place à l’imprévu.
Pourquoi débuter cette aventure au cœur de la Russie soviétique ?
Radu Mihaileanu : J’ai grandi dans la Roumanie de Ceausescu jusqu’à à mes 22 ans. La Russie est un pays différent, mais ces rapports de force, ces destins brisés et ces gens humiliés, il y en a eu beaucoup de semblable en Roumanie. Mon rêve était donc de rendre la dignité à certaines personnes que j’ai vue abîmées, et de leur restituer le plus important: l’estime de soi. Le tout en proposant un film romanesque alliant humour et émotion, comme dans le cinéma de Lubitsch, Wilder ou Chaplin.
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