Nouveaux horaires pour Le Cercle des Cinéphiles

C’est dorénavant le lundi, de 19h00 à 20h00 que Le Cercle des Cinéphiles, émission d’Alexandre Tylski, vous donne rendez-vous dans votre transistor, sur les ondes de Radio Mon Païs (90,1 FM). Rediffusion le lendemain mardi à 11h du matin.

1ère émission lundi 12 Octobre
Au menu:
- Vivez Libre (Honoré)
- Hôtel Woodstock (Lee)
- The Informant (Soderbergh)
- Je suis heureux que ma mère soit vivante (Miller)
- Le Syndrome du Titanic (Hulot & Lièvre)
- District 9 (Blomkamp)
- Thirst ceci est mon sang (Park Chan-wook)
- Au Voleur – Sarah Léonor
- (500) jours ensemble (Webb)
- L’armée du crime (Guédiguian)

Avec pour débattre:
Christian Authier, L’Opinion Indépendante
Patrice Chambon, Flashebdo
Jean-Marc Lucas, Télé Toulouse
Nicolas Zugasti, revue Versus

Add comment octobre 11, 2009

District 9 : Neill Blomkamp (2009)

District 9Sombre, violent, radical et totalement envoûtant, District 9 régalera les fans de fantastique voire plus encore. Car derrière le nom ronflant du producteur Peter Jackson, et le marketing tapageur d’internet se cache un metteur en scène convaincant : Neill Blomkamp. D’abord pressenti pour une adaptation cinématographique du jeu vidéo Halo il s’est vu offrir, le projet ayant capoté, l’occasion de développer son court-métrage Alive from Joburg avec un budget d’environ 30 millions de dollars et une totale liberté artistique. Le résultat : District 9, un film de science-fiction dans lequel un individu infecté par un produit alien est contraint de se réfugier dans le camp de rétention extraterrestres qu’il était censé évacuer.

District 9a

Entre divertissement pur et pamphlet politique, District 9 reprend les thèmes forts qui ont fondés le cinéma de genre des années 60 et 70. Critique de l’Etat, des médias, de l’armée et du pouvoir, le tout traité avec distance et cynisme. Son incroyable efficacité repose sur cette capacité à placer cette histoire de SF dans un environnement réaliste. Le travail graphique du camp de rétention sale, envahit de poussière, de reste de nourriture et de déchets de toutes sorte est sidérant. De même sur le plan narratif, Neill Blomkamp s’empresse, dès les premières images de reprendre l’astuce du faux reportage, récemment utilisée dans Cloverfield de Matt Reeves ou Diary of the dead de George A. Romero. Filmée caméra à l’épaule l’ouverture est un condensé d’adrénaline pure avec montage au scalpel, image granuleuse. La rhétorique du direct façon CNN désarçonne. Les gens commentent l’arrivée du vaisseau extraterrestre au dessus de Johannesburg. Leur nom, leur fonction s’affichent à l’écran. Une personne sort du lot : le malheureux fonctionnaire Wikus Van der Merve. Moustache, manque d’assurance, il raconte sa vie. Cet employé dévoué c’est vu chargé d’organiser le déplacement des aliens du District 9, ghetto malsain désormais surpeuplé vers le District 10, un camp de rétention, aux baraquement qui rappellent sensiblement les camps de concentrations de la seconde guerre mondiale. La caméra le suit sur le terrain, où il mène sa campagne d’expulsion. La description de ce no man’s land sauvage et l’implication des médias complices de cette éviction est saisissante. Les détails les plus farfelus comme l’amour immodéré des «crevettes» – surnom des aliens – pour la nourriture pour chats et le caoutchouc des pneus donne une teneur réaliste supplémentaire.

District 9b

Cette confrontation d’un humain très ordinaire avec cette population parquée et méprisée prend alors une dimension symbolique inattendue. Les souvenirs de l’apartheid refont immédiatement surface, et c’est le sort réservé aux clandestins qui s’étale sur l’écran. Car au fond, et c’est un nouveau tour de force, la menace dans ce film est inversée. Elle ne vient pas de cet immense vaisseau stationné au dessus de leurs têtes mais bien de l’homme lui-même qui humilie, exploite et torture les « crevettes ». Ces drôles de bêtes au langage caquetant finissent ainsi à nous attendrir plus que cet homme blanc, anti-héros absolu et égoïste découvrant tardivement les vertus de la désobéissance civile. Si sa transformation en « crevette », est avant tout une mutation physique, occasion d’un travail graphique gore impeccable rappelant l’univers de David Cronenberg avec La mouche, elle s’apparente aussi à une rédemption : en effet, il devient peu à peu ce qu’il méprise.

District 9c

Avec District 9, Neill Blomkamp marque une brèche dans la manière de concevoir le blockbuster en modernisant son schéma narratif et en le nourrissant d’un contenu politique. Espérons que ce mouvement libertaire se poursuive.

Date de sortie : 16 Septembre 2009
Réalisation: Neill Blomkamp
Avec Sharlto Copley, David James, Jason Cope …
Film néo-zélandais, américain.
Genre : Science fiction
Durée : 1h 50min.
Distribution: Metropolitan FilmExport

Add comment octobre 10, 2009

Ambiance Cinespana 2009

Un vent de liberté souffle sur la 14e édition de Cinespana avec cet hommage à l’Ecole de Barcelone réalisé en partenariat avec la Cinémathèque.

La mujer del anarquistaVendredi, la 14e édition de Cinespana, ouvrit ses portes avec deux films d’ouverture. Si Que parezca un accidente, comédie de Gerardo Herrero, habituellement plus subtil, parvint difficilement à réjouir la grande salle de la Cinémathèque, La majer del anarquista de Perer Sehr et Marie Noëlle, remplit d’émotion les yeux des nombreux spectateurs présents à l’abc. Coproduite par l’Allemagne, la France et l’Espagne, cette bluette sentimentale sur fond de guerre civile ranima un vécu douloureux et posa maladroitement la question de la transmission du passé, avant la commémoration des 70 ans de la Reitirada, mercredi et jeudi.

Hollywood contra FrancoGuerre civile toujours mais cette fois vue par le cinéma américain dans un des documentaires à ne pas rater : Hollywood contre Franco d’Oriol Porta. A travers l’histoire d’Alvah Bessie, ancien brigadiste, écrivain et scénariste black listé sous le Maccartisme (pour mémoire on lui doit le superbe Aventure en Birmanie réalisé par Raoul Walsh), on apprend que la représentation du conflit intérieur espagnol fut d’abord cachée pour raisons économiques avant de devenir un tremplin contre le nazisme puis un terrain de propagande fertile contre le communiste réhabilitant ainsi de Franco de dictateur en premier opposant contre la menace rouge. Durant la guerre civile un seul film américain aborda frontalement le sujet : Blocus réalisé par William Dieterle en 1938.

Histoire mais du cinéma avec la découverte, via un ciné concert, de Segundo de Chomon, magicien et compère ibérique de Méliès pour un programme plein de finesse et de couleurs appesanti par un piano omniprésent.

Fata morganaChangement de décennie avec cette réjouissante plongée dans les travaux de l’Ecole de Barcelone. Né dans 60’s, ce courant influencé par la Nouvelle Vague et toléré comme vitrine démocratique par Franco, a pour ambition politique de détruire les modèles narratifs établis du cinéma de Madrid. Si Fata Morgana (1965) de Vincente Arada, fausse enquête policière sur une victime attendant de rencontrer son tueur potentiel, pose les premiers jalons du mouvement, Dante no es unicamente severo (1967) de Jacinto Esteva et Joaquin Jorda en fut le manifeste. Pensé comme un film à sketches, ce long métrage, d’une liberté effrontée, parvient par ce biais à se départir de toute trame narrative, sans ennuyé pour autant. Pire il fascine. Sans parler de chef d’œuvre, ces films méconnus dégagent une modernité, une assurance et une audace délicieuse. Leur musicalité et leur traitement des paysages urbains en font des îlots de liberté dans une mer de dictature. Citons enfin deux films qui dénotent dans cette programmation. Manãma (1957), premier long métrage de José Maria Nunes, pourtant présenté comme le chef de file de l’école de Barcelone, se révèle, avec sa la trame narrative soignée et presque littéraire, plus proche du réalisme poétique de Marcel carné. Le traitement de la ville de nuit, la mise en scène de personnages simples, souvent tristes, diffèrent de l’insouciance bourgeoise des autres œuvres projetées. En revanche aucun douté tant à la qualité et à l’inventivité de ce metteur en scène. Rarement le cinéma espagnol ne s’était présenté sous un tel jour. Plus extrême Esquizo (1970) de l’architecte Ricordo Bofill ambitionne de raconter en images l’intérieur d’un cerveau humain pris entre art et folie. Déroutant et exigeant cette réalisation pousse le 7ème art dans ses derniers retranchements: ceux du cinéma expérimental. L’absence de dialogues, la place prépondérante accordée au langage du corps, l’utilisation de la musique concrète et la juxtaposition d’images choc en font une œuvre à part.

Buena nuevaRetour au œuvres contemporaines, plus modestes, avec une compétition qui bat son plein. Les courts métrages de bonnes factures mettront le jury au défi de les départager. Quant aux longs, de bonnes surprises s’annoncent déjà dont Amores Locos de Beda Docampo Feijoo ou La buena nueva d’Helena Taberna qui malgré son classicisme pourrait bien figurer au palmarès.

A voir d’ici le 11 octobre l’hommage à Emma Suarez, la rétrospective Max Recha, la carte à blanche à Mima Flaurent et les apéros concerts. Soirée de clôture le samedi 10 Octobre à l’UGC.

Add comment octobre 7, 2009

Le syndrome du Titanic : Nicolas Hulot et Jean-Albert Lièvre (2009)

Le Syndrome du TitanicDocumentaire, France

Réalisation : Nicolas Hulot et Jean-Albert Lièvre

Date de sortie : 07 octobre 2009

Distribution : Mars Distribution

Synopsis: Le syndrome du Titanic évoque l’attitude des passagers du célèbre paquebot qui continuaient à danser et à festoyer sans réaliser la proximité avec l’iceberg fatal. Autrement dit, si nous ne changeons pas de direction, nous courrons à la catastrophe. Le scepticisme résiduel observé encore chez certains à l’égard du changement climatique, revient à naviguer avec un bandeau sur les yeux par temps de brouillard à fond les manettes dans une mer parsemée d’icebergs. Le paquebot sur lequel nous sommes tous embarqués, c’est la planète Terre. Et nous n’en avons qu’une.

Loin d’un amer constat écologique, Le syndrome du Titanic est le récit, à la première personne, d’un terrible combat pour ramener l’humanité à la raison.

Le Syndrome du Titanic1

A la vie à la mort

Portrait de l’humanité, Le syndrome du Titanic ne culpabilise pas mais éveille les consciences. « C’est un film politique » déclare Nicolas Hulot « puisqu’on tente d’influencer les trajectoires de nos sociétés. Je voulais contribuer à convaincre, mobiliser et rassembler pour infléchir des tendances ».

Seul le cinéma pouvait accueillir cette ambition : « On voulait jouer sur les émotions » explique Jean-Albert Lièvre, « et ce film au fond n’est qu’un cri d’amour». De cet hallucinant travail de recueil d’images inédites et de montage, il en ressort une vision de la terre défigurée, mortifiée, dévorée par la consommation à outrance et gangrenée par la misère. Rarement notre planète ne fut montrée sous cet angle, excepté dans les romans de SF ou dans le cinéma d’anticipation comme Soleil vert ou Blade Runner. Le temps presse, et pour éviter la mort, tous doivent s’unir et partager pour mieux vivre ensemble. L’homme sera la solution de cette crise.

Un bémol toutefois à ce beau discours, si Nicolas Hulot et Jean-Albert Lièvre dénoncent les méfaits du système capitaliste (le mot capitalisme n’est cité qu’une fois), peu d’attaques ou de critiques sont formulées à l’encontre des politiques soumis à l’ordre économique mondial. Si Tocqueville nous enseignait déjà que l’économie prévaut sur le politique (qui ne peut que suivre et s’adapter aux révolutions industrielles par exemple), Nicolas Hulot préfère oublier ce paramètre de taille pour continuer de voir en nos dirigeants les leaders d’un mouvement de sauvegarde de la planète, agissant au nom du bon sens. L’auteur ne prévoit d’ailleurs qu’un aménagement du système économique capitaliste comme solution de cette crise.

Enfin, nous oublierons le ton sentencieux et parfaitement ennuyeux de ce documentaire, les liens incohérents entre certaines images, et l’absence de toute critique portée vis-à-vis de multinationales et de l’Europe.

Add comment octobre 7, 2009

Au voleur : Sarah Leonor (2009)

Au voleurDrame, France

Réalisation : Sarah Leonor
Avec Guillaume Depardieu, Florence Loiret-Caille, Jacques Nolot

Date de sortie : 30 septembre 2009

Distribution : Shellac

Synopsis: Isabelle enseigne, Bruno cambriole. Ensemble, ils commencent à croire qu’ils pourraient être heureux. Le jour où l’étau policier se resserre, il l’entraîne dans sa fuite. Au cœur de la forêt, ils se cachent et s’aiment, hors du temps, dans une tentative ultime de tenir éloignée la violence du monde.

Avec Au voleur, Sarah Leonor signe un premier long métrage soigné et incontestablement ambitieux qui malheureusement peine à tenir toutes ses promesses. Rencontre avec une jeune réalisatrice qui connaît son cinéma et offre un bien joli rôle à Guillaume Depardieu.

Au voleur1

L’échappée belle

Il y a un gros travail sur les couleurs que ‘échelonne du gris jusqu’au vert qui domine la seconde partie de votre film…
Sarah Leonor: C’est vrai, mais j’ai surtout apporté un soin tout particulier au travail des matières. Au début tout est très métallique, la porte, les cassiers pour venir par la suite s’opposer à la nature qui envahit la seconde partie. J’ai même amplifié cela avec les sons. Par exemple, en ouverture on entend le bruit d’une grue mais on ne la voit jamais. Je voulais juste que l’on ressente sa présence, l’aspect dur et urbain de l’entourage dans lequel ils vivent. Donc l’ambiance sonore et urbaine devait se faire sentir comme quelque chose de pesant. Cela me permettait de contraster fortement cette première partie du film avec la seconde qui est effectivement dominée par la nature et le vert.

Le travail du chef opérateur est remarquable…
C’est lui qui a permis ce travail des couleurs. C’est le 3ème film que je fais avec ce chef opérateur mais c’est la première fois que nous tournions ensemble en 35 millimètres. On était donc très excité et on a beaucoup expérimenté ensemble. On voulait particulièrement peaufiner le travail sur les lumières naturelles. Même malheureusement ça reste un film à petit budget. On n’a pas pu faire un travail comparable à celui de Terrence Malick qui lui peut se permettre de n’utiliser que de la lumière naturelle de l’aube et du crépuscule. Nous, notre temps était compté.

Les dialogues sont aussi importants que les silences…
Ce n’est pas un film bavard effectivement. Je le voulais comme ça au point que même les silences étaient écrits dans le scénario. Je voulais laisser une place prépondérante à l’ambiance, donc j’ai apporté un grand soin au niveau des sons, j’en ai parlé, mais aussi au niveau de la musique qui est très présente et qui imprime une intensité dramatique aux situations. Parfois elle va même jusqu’à recouvrir les voix. C’est une volonté, ce n’est pas lié à l’usage de tournage.

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Vous êtes resté collé au scénario ou avez vous laissé une part d’improvisation aux acteurs ?
Il y a eu un temps pour écrire le scénario. Mais une fois fini, je l’ai refermé pour me concentrer uniquement sur le comment. Comment vais-je le mettre en scène ? Il me fallait absolument trouvé un langage cinématographique pour raconter au mieux cette histoire.

On compare souvent votre univers à celui d’un film comme La nuit du Chasseur de Charles Laughton. Ce fut une de vos sources d’inspiration ?
C’est flatteur bien sûr un tel rapprochement, mais ce n’est pas du tout comparable. Après, si effectivement une ressemblance existe, ce n’est du pas tout fais sciemment. Je pensais plus, à la rigueur, à Coups de feu dans la Sierra de Sam Peckimpah, pour la maturité de ces personnages et le chien que l’on retrouve ici aussi. Mais sans parler de La nuit du Chasseur, il y a comme autre référence inconsciente, les films de Nicholas Ray, notamment Les amants de la nuit. Je ne revendique pas La nuit du Chasseur comme source d’inspiration directe parce que ce film comporte un énorme travail de studio bien trop onéreux pour nous. Cela dit sa thématique rejoins effectivement la notre avec ce monde de l’enfance, et cette remonté du temps. On peut penser aussi à Badlands de Terrence Malick avec ce couple, mais dans ce film il y a une violence que je ne voulais pas ici.

La musique d’inspiration anglo-saxonne que vous utilisez rappelle aussi l’influence du cinéma américain sur votre film…
Oui, d’ailleurs l’idée du retour à l’enfance était aussi contenue dans les chansons que j’ai choisies, comme la comptine folk de Woody Guthrie (Grassy Grass Grass). J’y tenais. J’ai travaillé dans ce sens, et très vite on m’a fais suivre plein de titres en langue anglaise avec des paroles riches qui faisaient référence à la nature. Je trouvais que ça pouvait apporter un plus à l’histoire et à la fuite de mes personnages.

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Où avez-vous trouvé ces coins de nature ?
Pour les paysages de forêt on a tourné dans la campagne autour du Rhin. Cela dit ils ont une apparence de bayou américain. Effectivement on revient vers le cinéma américain une nouvelle fois. C’est une zone protégée où l’homme n’intervient pas. Je suis du coin donc je connais, mais c’est un endroit inconnu des touristes. C’est une zone frontalière où il n’y a rien. Je l’ai découverte un jour d’automne avec des pécheurs assis dans leurs barques à font plats, noyés dans une brume épaisse. Ce fût une sacrée surprise. Et je me suis toujours dit que je retournerai là pour tourner. D’ailleurs beaucoup de gens du coin ont travaillé avec nous parce ces barques sont typiques et leur maniement diffère de celui d’un canoë. J’ai appris tous cela en réalisant juste avant ce film, un documentaire de commande sur la Meuse. J’ai fait des rencontres, des interviews avec ces pécheurs et ceux qui vivaient autour du fleuve, et ils me parlaient en termes de couleurs ou de souvenirs. J’ai aussi beaucoup filmé le fleuve et avec le recul je dois reconnaître que c’était une bonne école et un passage nécessaire pour faire cette partie du film. Le plus drôle, c’est que dans cet endroit, on été perdu mais surtout on été tributaire du temps. Il y pleut souvent, ce qui a pas mal désarçonné les acteurs. Et au final je crois que ces lieux eux-mêmes ont imprimé un rythme plus lent au tournage et au film.

Puisqu’on on en est à parler des acteurs, comment s’est fait votre casting ?
Florence Loiret Caille avait joué un rôle muet qui m’avait marqué dans Trouble every day de Claire Denis. C’est pour cela que aussi que j’ai fait appel à elles et je trouve d’ailleurs qu’elle dégage cette même présence que ces actrice des film muet des 20’s. Elle est à part et avec Guillaume Depardieu, ce sont deux acteurs très instinctifs. Guillaume me touchais par ce qu’il était et quand je l’ai vu chez Rivette dans Ne touche pas à la hache, je l’ai trouvé fort. Je l’ai donc rencontré pour lui proposer le rôle. Dès que je les ai vu tous les deux ensembles, j’ai eu exactement ce que je cherchais. Il dégager cette énergie, cette intensité autant par leur présence, par leur corps que par les dialogues.

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En plus des personnages physiques, l’autre présence marquante, c’est celle de l’Allemagne. Pourquoi ?
J’ai grandi en Alsace, d’où le poème en allemand du début. Après effectivement on trouve le personnage Florence Loiret Caille qui est professeur d’allemand et plus tard il y aura ce bunker. Pour elle, l’allemand rappel la frontière, c’est une ouverture sur le monde qu’elle a rêvée et qu’elle espère. Elle le dit à un moment à une de ces élèves. Quant au bunker, il est situé en Alsace. Il apparaît comme une résurgence de l’histoire et du problème identitaire de l’Alsace. En plus, ce n’est pas une cabane, mais c’est du dur, c’est l’abri absolu et indestructible.

Par les thèmes abordés, mais plus par la démarche de produire un cinéma français différent, audacieux, on pourrait faire un parallèle avec Alain Giraudie…
C’est amusant que vous me parliez de ça, parce que le connaissait comme ça, mais quand un jour, j’ai vu l’affiche de son dernier film avec ces deux personnes qui courraient dans une rivière, je me suis dit c’est gros, c’est la même thématique que moi. Et oui, on retrouve cette idée de fuite pour arriver à respirer, mais je ne crois que nous l’abordons de la même façon. Pour moi, c’est du western nouveau avec l’idée de l’homme et de la nature. Je parle de western car je travaille sur des bases de films classiques et populaires comme le thème du cambriolage, de la fuite… donc je travaille sur des figures simples qui sont communes à bien des films.

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Quelque part en province. Bruno (Guillaume Depardieu), vivote de menue rapines, qu’il revend au plus vite. Isabelle (Florence Loiret Caille), professeur d’allemand dans un collège s’ennuie et rêve d’espaces. Sur la pavé, un choc. Une brève rencontre. Ils se revoient, s’aiment et s’enfuient. Laissant leur univers urbain et métallique derrière eux, les voilà partis à travers champs, sur les flots pour une fuite éperdus dans un univers onirique dominé par la nature. Le film s’envole alors et nos emmène vers l’inconnu, nous ramenant vers l’enfance pour une course aux gendarmes et aux voleurs. Débordant d’idées, de références cinéphiles, dommage que ce premier long métrage peine à trouver sa voix.

Add comment octobre 5, 2009

Festival Lumière 2009 à Lyon, du 13 au 18 octobre

La première édition du festival de cinéma Lumière 2009, se tiendra dans le grand Lyon du 13 au 18 octobre.

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Lumière 2009 ambitionne de faire redécouvrir une centaine de chefs d’œuvre du septième art à travers des rétrospectives et des hommages projetés dans 38 salles et 15 lieux associés. Au programme une intégrale en copie neuves et restaurées des films de Sergio Leone, à l’occasion des 20 ans de sa disparition, ainsi qu’un hommage à Don Siegel (Les proies, L’inspecteur Harry…). Clint Eastwood, parrain de cette première édition, viendra en personne, célébrer la carrière de ces deux cinéastes de génie qui ont su lui offrir ces rôles inoubliables, devenus des archétypes du genre. A noter également, une rétrospective Shin Sang-ok, un des maîtres coréen du cinéma asiatique, 8 films noirs de l’âge d’or d’Hollywood, tournés entre 1941 et 1952, la découverte en avant première de merveilles du 7ème art restaurées ainsi qu’une sélection de films muet à vous faire pâlir d’envie. Petit plus, Les frères Dardenne présenteront L’Ennemi public de Don Siegel, Emir Kusturica: Il était une fois la Révolution, Claudia Cardinale, quand à elle,  accompgnera Il était une fois dans l’Ouest.

Si vous avez la chance d’habiter près du grand Lyon, vous savez quoi faire, pour les autres, il ne vous reste plus qu’à ronger votre frein. Petite compensation, une sortie nationale en copie neuve de Il était une fois en Amérique de Sergio Léone est prévue bientôt grâce à Carlotta.

Add comment octobre 2, 2009

Festival Ciné 32 Indépendance(s) et Création

Cine_32_2009Du 15 au 18 octobre. Pour sa 12ème édition, ce festival initié par l’association Ciné 32 et Daniel Toscan du Plantier continue de ravir les cinéphiles de tous poils, tant il s’échine à mettre en valeur la diversité des productions mondiales récentes.
Fort bien nommé «Indépendance(s) et Création », tant il fait la part belle au cinéma exigeant, il est aussi l’occasion de belles rencontres avec celles et ceux qui font ces films. Ici, on écoute, on compare et on débat, mais on ne remet pas de prix, ni de trophées.

Cette année comme les précédentes, pas moins d’une quarantaine d’oeuvres seront projetés le temps d’un week-end, toujours en avant-première et pour un tiers d’entre elles en compagnie de leurs auteurs, comédiens ou techniciens. Et au vu du programme à venir, on peut s’attendre à de belles découvertes dont les nouveaux films de Francis Ford Coppola, Alain Resnais, Marco Bellochio, Alain Cavalier, Jim Jarmush, François Ozon, Bruno Dumont, Michel Gondry, Barham Gobhadi, Marc Recha, Mathieu Amalric, Sébastien Lipschitz, et aussi les premiers ou secondes œuvres de Mia Hansen Love, Hippolyte Girardot, Emmanuel Salinger, Axelle Ropert, Ounie Leconte.

Réservez déjà votre week-end, vous ne le regrettera pas.

Projection au Théâtre d’Auch et dans les salles Ciné 32, ainsi que dans quatorze communes du Gers.

Add comment octobre 2, 2009

14e éd. de Cinespana présentée par sa directrice

Palmerio3Du 2 au 11 octobre, Cinespana met à l’honneur le cinéma espagnol dans Toulouse et sa région.
A l’affiche : une centaine de films inédits dont 8 en compétitions, un hommage à l’école de Barcelone, une commémoration des 70 ans de la Retirada, une rétrospective Max Recha, ainsi que des documentaires.
Le festival se déroule à la Cinémathèque de Toulouse, l’UGC, l’Utopia, l’ESAV, l’Institut Cervantès et l’abc fraichement rénové

Rencontre avec Françoise Palmerio-Vielmas, présidente de Cinespaña :

Klr-Obscur Itw – Françoise Palmério-Vielmas.mp3

Add comment octobre 2, 2009

Cinespana 14e édition, du 2 au 11 Octobre à Toulouse

Cette année, Cinespana a décidé de délaisser le superflus et les paillettes pour ce recentré sur l’essentiel : le cinéma. Rencontre avec l’élégante maître d’œuvre de ce changement de cap essentiel, Françoise Palmério-Vielmas, présidente du festival.cinespana2009

L’avenir lui appartient

Pour cette 14e édition, vous avez du faire face aux conséquences économiques parfois inattendues de cette crise ?
Françoise Palmério-Vielmas : Ce fut beaucoup d’émotions. Car, si nous avons reçu les mêmes aides que les années précédentes de la part des collectivités territoriales, l’Espagne nous a causé bien des soucis. En juin nous avons appris que nous ne disposerions pas de la subvention habituelle du ministère de la culture espagnol. C’était catastrophique. Déjà en équilibre précaire, nous avons craint de ne pas pouvoir réaliser cette édition. Mais à force de discussions, d’entretiens et de courrier, nous avons fini par obtenir une partie de cette somme. 2009 est une année d’austérité. Nous avons du supprimer pas mal de choses dont notre beau catalogue annuel pour nous contenter d’un programme utile et complet. Pas de très grandes affiches non plus et bien sur nous avons supprimé les très gros cocktails. Nous pensions déjà réduire ce secteur de dépenses, mais cette crise nous en a donné l’occasion. Par contre, Cinespana en tant que festival de cinéma ne va pas changer. Bien au contraire, il y a même pas mal de nouveautés. A commencer par ce partenariat prestigieux avec Arte, pour une projection en avant première, du film de Marc Recha, en sa présence. Très important aussi notre partenariat artistique avec la cinémathèque de Toulouse. C’est tout à fait nouveau puisque jusqu’à maintenant la cinémathèque nous offrait les salles et l’accueil mais nous n’avions pas de collaboration sur une programmation commune. Or, cette année, puisque nous mettons à l’honneur le cinéma Catalan, nous avons travaillé ensemble sur l’école de Barcelone qui vient s’inscrire à la perfection dans la rétrospective que consacre ce lieu de patrimoine à la nouvelle vague en Europe. Enfin, comme les éditions passées, nous aurons la compétition de courts et longs métrages, le panorama et les rendez-vous habituels.

Vous semblez avoir trouvé un juste équilibre entre mémoire du cinéma espagnol et créations récentes…
Françoise Palmério-Vielmas : C’était vrai qu’en plus de l’école de Barcelone, nous nous devions de commémorer les 70 ans de la Retirada en proposant, avec la mairie de Toulouse et la Cinémathèque, une journée de projections de documentaires inédits. Nous proposons aussi une découverte du cinéma muet espagnol avec, pour la première fois, un ciné concert. Mais c’est le cinéma contemporain qui constitue le cœur de ce festival puisque sa vocation est de faire connaître les productions de l’année. L’Espagne reste le second producteur de films en Europe. Il y a donc beaucoup de premières oeuvres en compétition. Et preuve de notre engagement, nous rendons hommage, cette année, à une belle actrice, peu connue en France : Emma Suarez. Faire découvrir le jeune cinéma espagnol et aider à sa distribution c’est aussi ça Cinespana. Il me semble d’ailleurs qu’il y a une légère amélioration du nombre de films qui passent nos frontières. C’est réjouissant, même si ce n’est pas encore l’idéal. Mais on s’acharne et chaque année on y arrive un plus.

barceloneCinespana prendrait-il un nouveau tournant plus cinéphile ?
Françoise Palmério-Vielmas : On a réduit les dépenses superficielles au profit des films. Jusqu’ici nous en passions un en ouverture, là, le verre de l’amitié étant plus court, nous en passeront deux. Quant à Marc Recha, il nous semblait important de profiter se sa venue pour lui consacrer une rétrospective. Ce n’est pas un réalisateur « grand public », mais il façonne un cinéma riche et inventif. Cette même démarche nous a conduit à accueillir le cinéaste Catalan José Maria Numès. Nous pensons que ces fortes personnalités sont susceptibles de faire rayonner ce cinéma espagnol ! C’est donc un changement d’orientation pour le festival, qu’on espère maintenir, même si le budget devait croître. Mais on a du mal à comprendre cette baise de subventions, même si bien sûr cette crise frappe fortement l’Espagne. On croit dans ce cinéma, peut être plus que les décideurs espagnols. On ne sait pas s’ils continueront à nous financer l’année prochaine. C’est inquiétant !

Add comment octobre 1, 2009

Je suis heureux que ma mère soit vivante : Nathan et Claude Miller (2009)

Je suis heureux que ma mère soit vivanteDrame, France

Réalisation : Claude Miller et Nathan Miller
Avec Vincent Rottiers, Sophie Cattani, Christine Citti

Date de sortie : 30 Septembre 2009

Distribution : Metropolitan FilmExport

Synopsis :Notre identité est un vêtement dont notre enfance a dessiné les coutures. La présence de ceux qui nous ont élevés, nos parents, a été fondatrice de ce que nous sommes. Mais que se passe-t-il quand il s’agit d’absence ? C’est une des questions posées par notre histoire. Entre 7 et 20 ans, Thomas a recherché Julie, sa mère biologique. A l’insu de ses parents adoptifs, il va retrouver cette femme qui l’a abandonné à 4 ans et commencer auprès d’elle une “double vie”. Mais comme dit le proverbe “qui a deux maisons perd la raison”.

Inspirée d’un fait divers, cette quête identitaire obsédante d’un fils abandonné par sa mère, bouleverse autant qu’elle inquiète. La dimension œdipienne de leurs rapports, le jeu viscéral des acteurs et la sécheresse de la réalisation accentuent cette sensation de malaise. Explications avec Claude et Nathan Miller.

Je suis heureux que ma mère soit vivante 1

Les liens du sang

Pourquoi avoir décidé de réaliser ce film ensemble ?
Claude Miller : Nathan travaille avec moi depuis une dizaine d’années comme deuxième caméra, puisqu’à partir de La chambre des magiciennes j’ai tourné avec deux caméras. Mais il le fait avec beaucoup de liberté et c’est ça qui me plait, ce regard qu’il a sur ce que je suis en train de mettre en scène. Donc ça me paraissait naturel, dans un premier temps, que l’on écrive ce scénario ensemble. Et plus je travaillais avec Nathan, plus j’avais l’impression de parler à un cinéaste plus qu’à un coscénariste. C’était passionnant. Donc il y a eu un moment où je lui ai proposé de passer à la réalisation avec moi. Et je dois admettre sans fausse modestie, qu’il m’en apprend autant, même plus, que je ne lui en ai appris par le passé.

Comment s’est concrétisée votre collaboration ?
Nathan Miller : Pendant toute la durée de l’écriture, on s’est posé cette question du « comment » ! Comment font les Dardennes ou les Cohen ? On a donc pensé à un partage des tâches par affinité. Et, une semaine avant le début du tournage, on a testé cette méthodologie pendant une journée d’essais. Au bout de 2 heures c’était l’enfer. Rien ne fonctionnait. Alors il m’a dit : « Je suis désolé mais tu vas être obligé de tout faire ! Je serais derrière le combo vidéo, et quand je sentirais que quelque chose ne va pas, je viendrai te le dire ». Ça m’a surpris car l’exercice était périlleux mais je disposais d’un fil de rappel presque invisible. Je crois que cette présence et cette liberté à la fois m’ont donné énormément d’aisance. Au fond, les plus surpris c’était l’équipe qui ne comprenait pas que Claude Miller ne leur adresse pas la parole!

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Quelles sont les origines du film ?
Claude Miller : On s’est basé sur un fait divers rapporté par Emmanuel Carrère dans un article de L’événement du jeudi, paru en 1996. Jacques Audiard était le premier à s’y intéresser de près, au point de demander à Carrère puis à Alain Le Henry d’en tirer un scénario pour le porter à l’écran. Mais le temps passa et Un prophète devint sa priorité. Il décida donc d’abandonner. Du coup le producteur Jean-Louis Livi se trouva avec un scénario sur les bras mais sans metteur en scène. Comme j’avais fait des films avec lui dans le passé dont La petite voleuse, il a pensé que le sujet pourrait m’intéresser et il m’a présenté ce scénario déjà écrit. Je l’ai lu, je l’ai trouvé bien, même passionnant, mais j’ai besoin de réécrire pour mettre en scène. J’ai donc proposé à Nathan d’en co-écrire une adaptation avec moi, en nous basant non pas sur les faits réels, mais uniquement sur les trois pages de l’article. Nous ne voulions pas d’une reconstitution minutieuse du fait divers.

C’est ce qui explique cette mise en scène assez sèche qui laisse planer de longues zones d’ombre ?
Nathan Miller : Formellement, non, l’article ne donnait pas le ton, mais le sens. Il a nourri le scénario, mais en même temps, c’est pour cela que la mise en scène est comme cela. C’était un peu notre bible cet article. Dès qu’on avait des difficultés à l’écriture ou des doutes on revenait toujours taper dedans. Mais en terme de mise en scène, nos discussions tournaient plutôt autour de petits morceaux repérés dans les films de Cassavetes ou des ambiances générales des films des Dardennes. C’était la couleur que l’on imaginait donner à notre film. On n’essayait pas de copier des choses mais simplement on s’inspirait des ambiances.

La dimension oedipienne était-elle présente dans l’article ?
Nathan Miller : Elle y était moins. Disons que c’est venu par décantation naturelle. Ça nous paraissait normal de notre point de vue que ça se passe comme ça entre eux. Ce que pointait l’article c’est que ces deux là, ensemble, dans la rue, avec le gamin formaient un couple avec enfant. La première mouture du scénario intégrait déjà cette idée où pendant un ballade au zoo le glacier disait à l‘enfant tu donneras ça à ton papa et ta maman. Mais nous avons induit cette idée de rapport de flirte, d’attirance mutuelle, et les acteur naturellement en on rajouté.

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C’est du Claude Miller avec une chose en plus …
Nathan Miller : Le fond, les dialogues, le ventre des personnes c’est Claude. Je ne suis pas un auteur, plutôt un cinéaste donc je discute sur l’objet visuel que propose le scénario. Le plus ou la différence c’est que j’ai découpé le film. Claude n’est jamais intervenu et il ne voulait pas intervenir sur la place de la caméra. Or, je ne tourne pas du tout comme lui et c’était un défi que ça ne se ressemble pas. Il fallait que j’existe. Je n’ai pas forcé le trait. J’ai fait ce que j’aurai fait si j’avais été seul avec ce scénario. Mais sans sa présence, je ne crois pas que je me serai permis autant d’audace.

Vincent Rottiers, crève littéralement l’écran …
Claude Miller : C’est une rareté dans le cinéma français et dans les gens de sa génération. Il a cette présence physique plutôt propre aux acteurs américains. Je l’ai découvert dans un film de d’Eric Caravaca, Le passager en 2005 et la première que Nathan l’a vu, on était encore en écriture et il m’a dit regarde, il y a Thomas dehors. La ressemblance était parfaite. A l’écriture il était physique et Vincent apportait cette dimension à son personnage. On ne voulait pas un gamin souffreteux, on en avait même fait un skater. Car c’était pas un souffre douleur du tout mais un petit costaud qui n’avait pas les deux pied dans le même sabots par rapport à la vie.
Nathan Miller : Que ce soit la manière de bouger, de marcher, il a acquis ce personnage très rapidement. Et quand on parle de talent, c’est qu’en une seule prise, il vous donne plus que ce que vous êtes en droit d’attendre de lui. Donc cette qualité a porté tout le monde. Il fallait donner le maximum pour ce mettre à la hauteur de ce qu’il proposait. Sophie Cattani qui lui donne la réplique l’a tout de suite compris et a su profiter de son talent pour elle-même se dépasser.

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Cosigné avec son fils, Nathan Miller, ce film, s’inscrit pourtant à la perfection dans la filmographie de Claude Miller. Car ce Thomas (formidable Vincent Rottiers) aux traits tirés, au visage froid, obsédé par sa quête identitaire fait inévitablement écho aux personnages qu’il a précédemment mis en scène : ce pourrait être le frère de L’effrontée, l’enfant apeuré de La clase de neige ou le petit garçon désemparé par la gène qu’il occasionne à ces parents dans Un secret. A l’origine de ce drame, il y a un fait divers. Au final on trouve un film sec et troublant, posant bien plus de question qu’il n’apporte de réponses. Une volonté délibérée de perdre le spectateur, pour mieux l’amener pied et poings liés vers le dénouement inévitable de ces retrouvailles. Que veut cette mère ? Qu’attend elle de son fils ? Jusqu’au est-elle prête à aller ? Une mère (Sophie Cattani) plus inconsciente qu’indifférente, qui fuit les questions tout en refusant de laisser ce garçon vivre sa vie. Quand à Thomas, obstiné, mutique, ne comptez pas su lui pour poser les questions que tout le monde attend. Incapable d’exister dans le présent, il préfère s’enfermer dans le passé pour essayer de reconstruire ce qu’il n’a jamais connu. Entre amour, haine rancœur et silence, le drame est inévitable. Les Miller le film avec une précision et une froideur qui laisse sans voix. Seuls ces quelques mots cinglants résonneront en guise d’explication donnant tout le sens à ce film : « Je suis heureux que ma mère soit vivante »

Add comment septembre 30, 2009

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