femmes1.jpg Film français

Réalisation : Jean-Paul Salomé
avec Sophie Marceau, Julie Depardieu, Marie Gillain

Distribution : TFM Distribution

Date de sortie : 5 mars 2008

Synopsis : Engagée dans la Résistance française, Louise s’enfuit à Londres après l’assassinat de son mari. Elle est recrutée par le SOE, un service secret de renseignement et de sabotage piloté par Churchill. Dans l’urgence, on lui confie sa première mission, l’exfiltration d’un agent britannique tombé aux mains des allemands alors qu’il préparait le débarquement sur les plages normandes. L’homme n’a pas encore parlé mais le temps presse. Louise doit d’abord constituer un commando de cinq femmes spécialement choisies pour les besoins de l’opération.

Jean-Paul Salomé a choisi de sortir de l’ombre une page oubliée de notre histoire : l’engagement des femmes dans la Résistance. Malheureusement, son souci du détail historique quelque peu approximatif et son casting improbable, donne plus à ce beau projet l’apparence d’un énergique divertissement de série B, qu’un film de guerre rigoureux.

Héroïnes de pacotilles

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Pourquoi revenir sur cette période ?
Jean-Paul Salomé : C’est en lisant un article du Times à Londres, sur l’histoire Lise Villameur qui venait de décéder à 98 ans. J’ai été intrigué par la présence de résistantes françaises dans un service secret crée par Churchill et j’ai rencontré Olivier Wieviorka, historien spécialiste de la seconde Guerre Mondiale, pour qu’il me guide dans mes recherches. Ces femmes n’ont pas tiré parti de cet engagement patriotique, contrairement à beaucoup d’hommes, pour leur vie professionnelle, sociale ou politique. A la libération, De Gaulle ne voulait pas mettre en avant les agents ayant travaillé pour les anglais. Pour ces femmes, la page était tournée : elles avaient fait leur devoir et la vie normale reprenait le dessus.

C’est pourtant une fiction…
Jean-Paul Salomé : Il n’existe pas de biographie officielle, c’est donc une invention, mais bâtie sous l’œil de l’historien à partir d’éléments qui ont vraiment existé. Louise, le personnage de Sophie Marceau s’inspire de Lise Villameur qui a bien rejoint son frère en Angleterre et Gaëlle Lemenech, le personnage de Deborah François, d’une jeune bertonne devenue spécialiste des explosifs à Londres. J’ai choisi le cadre cinématographique du polar pour éviter le chronique des années de guerre.

Pourquoi proposer une mise en scène si classique ?
Jean-Paul Salomé : On a revu les films qui continuent de nous marquer avec la même intensité malgré l’épreuve du temps : Lacombe Lucien et Au revoir les enfants de Louis Malle, L’Armée des Ombres de Melville, Mr Klein de Losey ou Le bon et les méchants de Lelouch. Et on a conclu que c’était leur forme classique qui faisait leur force et leur charme. J’ai donc choisi d’être le plus précis possible et le plus rigoureux pour les coiffures, les costumes ou les couleurs. Et bien évidemment j’ai mis un point d’honneur à tourner à Paris et dans des décors naturels.

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Comment avez- vous établi le casting ?
Jean-Paul Salomé : Avec Laurent Vachaud, on a écrit le scénario en ne pensant qu’à des comédiennes disparues comme Simone Signoret ou Ginette Leclerc. C’est assez étrange j’en convient (rires). Puis on s’est attaqué au véritable casting du commando, un peu comme l’a fait le colonel Buckmaster, responsable du réseau à Londres dans le film. Le voulais des comédiennes qui n’avaient jamais tournées ensemble, aux filmographies et caractères différents pour les faire ressortir à l’écran. Mais je voulais aussi une pointe de réalisme. Les allemands et les anglais devaient ainsi parler leur langue entre eux. Je suis donc allé faire les castings dans les pays concernés. Moritz Bleibtreu, acteur de cinéma et de théâtre très connu en Allemagne, m’a dit qu’il savait qu’un jour ou l’autre on lui proposerai d’interpréter un nazi et que, quitte à l’accepter, il préférait que ce soit celui-là. Il est d’ailleurs ici remarquable. Aujourd’hui, le temps a passé et le cinéma peut montrer des personnages plus nuancés.

A quel public s’adresse votre film ?
Jean-Paul Salomé : Je voulais montrer à ceux qui n’ont pas connu la guerre les raisons de l’engagement dans la résistance. Par conviction religieuse par exemple. Même si le pape de l’époque ne condamnait pas les théories nazie et le fascisme, beaucoup de catholiques ont pris le maquis avec les communistes.

 

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Une rencontre diffusée le 05 mars, à télécharger ici.

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Bonne écoute !

chtis.jpgComédie française

Réalisation : Dany Boon
Avec Kad Merad, Dany Boon, Zoé Félix

Distribution : Pathé Distribution

Date de sortie : 27 février 2008

Synopsis : Philippe Abrams est directeur de la poste de Salon-de-Provence. Il est marié à Julie, dont le caractère dépressif lui rend la vie impossible. Pour lui faire plaisir, Philippe fraude afin d’obtenir une mutation sur la Côte d’Azur. Mais il est démasqué: il sera muté à Bergues, petite ville du Nord. Pour les Abrams, sudistes pleins de préjugés, le Nord c’est l’horreur, une région glacée, peuplée d’êtres rustres, éructant un langage incompréhensible, le “cheutimi”. Philippe ira donc seul.

Acteur, réalisateur, et scénariste de cette comédie autobiographiquo -parodique truculente, Dany Boon impose à tous un cours accéléré de chtimi qui devrait égayer les cours d’écoles. Une méthode quelque peu lourde mais efficace. Rencontre avec le fada du Nord-Pas-de-Calais.

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Les bons vivants

Comment est née l’idée de ce second long métrage ?
Dany Boon : Ça fait longtemps que j’avais envie de réaliser Bienvenue chez les ch’ti. Seulement, avant de me lancer, je voulais voir si j’étais capable de réaliser un premier film. J’avais peur de me planter avec ce projet qui me tenait tellement à cœur. Parce que ce n’est pas qu’une comédie, c’est un film très personnel. J’y parle de mon enfance, de ma mère et de la région dans laquelle j’ai grandi : le Nord. Ça a vraiment été un choc de partir à Paris, et de voir que les gens n’étaient pas comme chez moi. J’ai plutôt mal vécu ces différences de mentalité et de culture. Depuis, le temps a passé, mais j’avais envie de parler de ma région.

C’est votre mission de faire aimer le nord ?
Dany Boon : J’ai été très marqué par cette région, par la mentalité de ces habitants, par ma famille. Mais, je ne me suis pas dit tient faisons un film sur le Nord pour faire aimer la région. Même si les français en ont une vision très négative, ce qui m’intéresse c’est de montrer l’humanité et la générosité des ces gens. D’ailleurs, tous les acteurs qui jouent en ch’ti sont du Nord. Ils sont tous très accueillants. C’est ça la culture ch’ti, c’est quelque chose de très fort et ce film était l’occasion de le montrer à travers la comédie. Mais je n’ai surtout pas cherché à faire un film régionaliste. Je ne voulais pas d’un héros qui soit du Nord mais quelqu’un qui découvre la région. En l’occurrence Kad. C’est lui le personnage principal. Après, je me joue des clichés. Pourtant, beaucoup de gens du Sud ont cette vision terrible du Nord. Donc, si on peut faire changer les mentalités en divertissant, c’est formidable.

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L’écriture d’un film est-elle différente de celle d’un sketch ?
Dany Boon : Un film doit pouvoir se résumer en une phrase alors qu’un sketch, c’est impossible. Le film, je peux vous dire que c’est l’histoire d’un homme du Sud qui est muté dans le Nord. La phrase est là. C’est une sorte d’invitation à rire et à raconter des choses. Après, on n’a plus qu’à rechercher des situations en trouvant des idées originales. C’est là que l’on se rapproche le plus de l’écriture d’un sketch. Mais même ici, je laisse peu de place à l’improvisation. Tout est très écrit, y compris les scènes de groupe.

Le film s’inspire t-il des grands duos comiques du cinéma français ?
Dany Boon : Avec Kad, on nous compare souvent à Bourvil et De Funès, même si ça me surprend. Je pense que cela vient du fait que ce film n’est pas influencé par le cinéma américain comme la plupart des comédies françaises récentes. Je ne cherche pas à en mettre plein la vue. C’est une histoire simple, avec des gens simples comme on faisait à l’époque, sans méchanceté et sans vulgarité. Si les gens rient et sont émus par ce film, c’est que je l’aurai réussi.

par.jpgFilm français

Réalisation : Cédric Klapisch
Avec Juliette Binoche, Romain Duris, Fabrice Luchini

Distribution : Mars Distribution

Date de sortie : 20 février 2008

Synopsis : Pierre est malade. Il risque de mourir. Inquiet, il porte un regard différent, distancié sur les parisiens qu’il croise et qui l’entourent. Sa solitude, le fait d’envisager la mort, le rapproche d’une sœur trop éloignée. Pierre redécouvre la vie du haut de son appartement, celle des autres et celle d’une ville entière. Des maraîchers, une boulangère, une assistante sociale, un danseur, un architecte, un SDF, un prof de fac, une mannequin, un clandestin camerounais… constituent Paris.

Plus mature, plus ambitieux que ces précédentes réalisations, Paris, ravira les amateur de l’univers feutré et théâtral de Cédric Klapisch. Les autres se contenteront d’assister à un divertissement sensible, voire “lelouchien”, servi par un casting élégant, dans un Paris trop caricatural. Rencontre avec un réalisateur parisien et fier de l’être.

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Haut le(s) Coeur(s)

Pourquoi cet hommage ?
Cédric Klapisch : Après avoir réalisé beaucoup de films dont l’action se situait à Paris, j’avais besoin de lui rendre hommage. C’est ma ville et je me sentais redevable vis-à-vis d’elle. Et puis Paris, c’est la vie, c’est aussi ça le message du film.

Quel quartier vous fait vibrer ?
Cédric Klapisch : Ce n’est pas un mais des quartiers. Parce que contrairement à d’autres capitales européennes, il n’y pas un mais des centres. On peut se dire que St germain, Le Marais, Montmartre, ce sont des centres. Ce qui me fait vibrer, c’est le côté vivant de Paris. Certaines banlieues proches peuvent devenir des centres comme Montreuil et ses pôles culturelles forts, donc il y a dans Paris quelque chose de très évolutif.

Comment filmer Paris ?
Cédric Klapisch : Au feeling parce quand on se lance dans un tel projet, il y a beaucoup d’écueils à éviter à commencer par la carte postale. J’ai donc filmé ma ville le plus simplement possible. J’ai seulement tenu à prolonger ce qui faisait le sel de mes films précédents, tout en m’interrogeant sur le temps qui passe. J’ai donc choisi de faire ce film en automne qui représente une certaine tristesse et paradoxalement quelque chose de très flamboyant avec ses couleurs et sa lumière.

Peut on comparer Paris à un village ?
Cédric Klapisch : On est obligé pour vivre dans cette ville gigantesque de se fabriquer un village, sinon c’est inhumain. J’ai l’impression que chaque parisien et c’est encore plus vrai pour les gens qui arrivent à Paris, doivent adopter ce tempérament de village. On a sa boulangerie, son bistrot. D’ailleurs quand on démange, on est souvent triste de quitter son quartier et ses commerçants.

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Une ville aux milles visages ?
Cédric Klapisch : Chaque acteur incarne un visage de Paris. Je voulais parler de l’immigration, de la mode, des intellectuels, de la danse ou des maraîchers. Paris est une ville de contrastes mais avec finalement peu de mixité sociale. Je voulais donc montrer, avec ces gens de la mode qui vont à Rungis, qu’il y a des milieux qui essayent de se mélanger, qui s’encanaillent. Toutes ces différences constituent l’âme de Paris.

Romain Duris acteur central ?
Cédric Klapisch : Au départ j’avais peur qu’il n’accepte pas de jouer un personnage aussi introverti et au contraire ça l’a excité. Il a réussi à construire cet homme dense, plein de profondeur, à même d’émouvoir et de faire rire. C’est lui, avec sa maladie qui structure toute l’histoire.

Pourquoi ce kaléidoscope musical ?
Cédric Klapisch : J’ai toujours choisi des musiques préexistantes pour mes films. Là, Je voulais qu’elle soit à l’image la ville. Un mélange de différentes tendances pour accentuer le côté mosaïque du film. Paris ce n’est pas que de l’accordéon, il y a un peu d’Afrique, un peu de jazz.

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Une rencontre diffusée le 20 févrirer, à télécharger ici.

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Bonne écoute !

ruche.jpgFilm culte espagnol

Réalisation : Victor Erice
avec Ana Torrent, Isabel Telleria, Fernando Fernan-Gomez

Distribution : Carlotta Films

Date de sortie : 06 février 2008

Synopsis : Castille, 1940. Un cinéma itinérant projette Frankenstein de james Whale dans un petit village montagneux. Les enfants sont fascinés par le monstre. Parmi eux, Ana, 8 ans, se pose mille et une questions sur ce personnage terrifiant. Sa grande soeur, Isabel, prétend alors avoir rencontré l’esprit de Frankenstein rôder non loin du village. Ensemble, les deux soeurs s’inventent un univers parallèle pour fuirent la réalité de leur quotodien.

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Magnifique regard sombre sur l’enfance et ses mystères, L’esprit de la Ruche est une classique inégalé du cinéma espagnol à redécouvrir de toute urgence. Projection sur Toulouse au Cinéma Utopia.

Né n 1940, Victor Erice est un cinéaste rare. Un artisan minutieux et discret. Un artiste dans la ligné d’un Terence Malick. Il suffit de découvrir, L’esprit de la Ruche, premier long métrage du bonhomme pour s’en convaincre. Rarement l’enfance n’avait été ainsi montrée au cinéma. Sans fioriture, sans cliché. Ici le regard du cinéaste est sombre, inquiétant. Tout est ici filmé du point de vue de Ana. Les paysages immenses et grandioses de la Castille l’entourent, l’englobe, la domine. Le mystère suinte littéralement de sa quotidienneté. Un point de vue narratif qui donne au film un sentiment de fantastique. Pas étonnant que L’esprit de la Ruche soit un des films de chevet de Guillermo Del Toro. Un film qui fascina aussi Carlos Saura, qui écrira un rôle sûr mesure à la toute jeune Ana Torrent dans une autre oeuvre majeure du cinéma espagnol : Cria Cuervos.

cortex.jpgThriller français

Réalisation : Nicolas Boukhrief
avec André Dussollier, Marthe Keller, Julien Boisselier

Distribution : Wild Bunch Distribution

Date de sortie : 30 Janvier 2008

Synopsis : Un flic retraité, à la mémoire défaillante, intègre une maison de repos spécialisée et commence à suspecter des crimes dans l’établissement.

5 ans après Le Convoyeur, Nicolas Boukhrief, s’entoure de la même équipe pour réaliser Cortex, polar puzzle angoissant sur fond de maladie d’Alzheimer. Porté par André Dussollier tout en retenue, ce huit clos silencieux séduit par sa singularité et son humilité. Rencontre avec un réalisateur et une scénariste happés par l’ampleur de leur sujet.

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Une affaire d’identité

Comment vous est venue l’idée de mélanger polar et Alzheimer ?
Frédérique Moreau : On pensait orienter le film vers le fantastique. On s’est donc mis à évoquer ce qui nous faisait le plus peur, à savoir perdre la mémoire. Le scénario s’est alors modifié. L’aspect polar, très marqué du début, s’est peu à peu dilué en découvrant cette maladie, les patients et les gens qui la traitent.
Nicolas Boukhrief : C’est drôle la mémoire, ce dont je me souviens, c’est que l’on voulait tous les deux faire un film sur des gens d’une génération au dessus de la notre. Très vite, on est parti sur un polar et Alzheimer est venu bien plus tard.
Frédérique Moreau : On voulait vraiment s’orienter vers un film de genre. D’ailleurs, dès les premières versions, on a cherché à représenter les hallucinations du malade. Puis Nicolas a préfère la sobriété en refusant de montrer quelque chose auquel on n’accède pas.
Nicolas Boukhrief : Comme pour Le convoyeur, c’est en enquêtant qu’on s’est retrouvé confronté à des réalités humaines qu’on ne soupçonnait pas. J’ai été tellement frappé par l’humanité de ces personnes, que tout l’aspect gothique a disparu. Le film s’est énormément adouci, il a mûri.

Le fantastique revient par bribes ?
Nicolas Boukhrief : Le film devait nous permettre de ressentir le monde à travers les yeux de quelqu’un atteint d’Alzheimer. C’est un film sur la sensation, sur l’émotion et pas du tout intellectuel. Mais on ne pouvait qu’aller vers le fantastique puisqu’on travaille sur une vision altérée du monde.

Le giallo est une source d’inspiration ?
Nicolas Boukhrief : Oui, avec cette idée de qui est le tueur. Effectivement, c’est un genre auquel on a pensé. D’ailleurs la première version du film était plus giallo, au sens graphique du terme, avec plus de meurtres. Puis quand on a découvert la réalités d’Alzheimer, il est devenu giallo uniquement dans le fait que le giallo représentante toujours des meurtres dans un milieu donné : la mode, la politique…

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André Dussollier s’est-il imposé dès le scénario ?
Nicolas Boukhrief : Dès qu’on a commencé l’écriture, j’ai pensait à lui. Il avait une certaine beauté, de la prestance et de la classe. Il fallait à la fois un acteur que tout le monde connaisse et qui en même temps ne soit pas habitué à ce genre de premier rôle. Quelqu’un qu’on n’a pas vu trop souvent pour rentre son personnage crédible et attachant. Dussollier répondait parfaitement à ces exigences. Au début, on nous a dit de prendre Delon, mais ça ne m’intéressait pas de faire Le samouraï a Alzheimer (rires) !

C’est lui qui imprime sa lenteur au film ?
Nicolas Boukhrief : C’est le rythme qu’il a imposé au personnage. Vous savez, on ne filme toujours que le rythme de l’acteur. Et c’est la façon dont il a abordé la maladie aussi. Mais c’est une des données fondamentale de ces endroits la lenteur, la douceur du son.
Frédérique Moreau : Et puis on est dans le tête du personnage donc on perçoit tout comme lui.

Quelles est la symbolique du Rubik’s cube ?
Nicolas Boukhrief : C’est une invention de Titoff, le comique marseillais. Il y a 5 ans, je devais réaliser une comédie, une espèce de film à la John Waters et Titoff, qui n’était pas très connu à l’époque, était d’accord pour le faire. Le personnage principal était un serial killer complètement explosé qui avait un comportement manique avec un objet à définir. Et Titoff m’avait dit à l’époque, pourquoi pas un Rubik’s cube, qui serait comme un animal pour lui et là il est partit dans un ce ces délires où il parlait et jouait avec le Rubik’s cube. Ce film ne s’est jamais fait, mais j’avais gardé cette idée dans un coin de ma tête et au moment de Cortex, je cherchais un objet qui fasse travailler la mémoire au personnage de Dussollier et j’ai pensé au Rubik’s cube. Ce n’est que plus tard qu’on s’est rendu compte que l’on donnait réellement cet objet aux personnes atteintes d’Alzheimer quand elles avaient des moments de stress. Ça les détend. D’ailleurs, c’est même le logo d’une association de malade d’Alzheimer.

Le travail des autres acteurs
Nicolas Boukhrief : Ils étaient tous très préparés et ont tous pris cela très au sérieux. Il y avait comme une sorte de contrat moral sur ce film. On savait tous qu’il fallait être très précis pour ne pas faire injure aux gens qui étaient concernés directement par la maladie. On est content puisque jusque là, les médecins qui ont vu le film trouvent que la représentation d’ Alzheimer est juste, qu’on ne caricature pas. Donc pour moi, le contrat est atteint. Le reste, les entrées, c’est une autre affaire. Je crois qu’au départ on a sous estimé cette matière et qu’au font c’est elle qui nous a embarquée.

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Une rencontre diffusée le 30 janvier, à télécharger ici.

[En cliquant sur ce lien, une page Internet MegaUpload s’ouvrira. Entrez les lettres dans la case correspondante, puis faites OK. Ensuite il faut patienter quelques secondes (le temps du décompte. Puis cliquez sur download, et choisissez l’emplacement du fichier mp3 sur votre disque dur.]

La musique utilisée sur le montage de l’interview est extraite de la BO du film composée par Nicolas Baby.

Bonne écoute !

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Cofondateur avec Christophe Gans de la revue de cinéma culte Starfix, Nicolas Boukhrief signe avec Cortex son 4ème long métrage. Après le succès public et critique de Le Convoyeur (2003), thriller économe sur fond de drame social, le cinéaste refuse la facilité. Cortex est un film lent, angoissant et oppressant. Un huit-clos doté d’un univers graphique très personnel et d’un rythme étonnant. Le temps y semble dilaté. La lente évolution de la maladie, la désagrégation de la mémoire, l’effet des calmants, semblent imprimer leur rythme à l’action. La mise en retrait de la musique, les longues plages de silence inquiètent et hypnotisent. Dussollier, impeccable et touchant, déambule, se débat dans cet univers cotonneux, combat la perte de sa mémoire ainsi que son agresseur potentiel en lisant et prenant des notes.Documenté, filmé au plus près des malades, Cortex nous plonge dans un labyrinthe ouateux, pour une partie de cache-cache mortel.

Pour info, il y a 860 000 malades d’Alzheimer aujourd’hui en France et 225 000 de plus chaque année (source : Association France Alzheimer)

zoom.gifPour sa deuxième édition, Zoom Arrière réaffirme son amour au patrimoine cinématographique et à sa transmission vers un large public. Organisé par La Cinémathèque de Toulouse, ce festival tentaculaire et institutionnel se déroule comme l’année dernière, autour de cinq sections avec comme invité d’honneur, Olivier Assayas.

Plus dynamique qu’en 2007, Zoom Arrière offre une programmation toujours plus riche et plus dense en un lapse de temps plus court. 20 jours seulement pour parcourir les 60 films à l’affiche, participer aux nombreuses rencontres avec des invités prestigieux et favoriser l’avènement des brunchs du patrimoine, option plus chic que le vulgaire gobelet de pop corn noyé de Coca.

Une Cinémathèque de Toulouse en ébullition qui sortira de ses murs pour se rendre au Théâtre du Capitole, au TNT ou dans diverses salles de Midi-Pyrénées pour des événements exceptionnels.

Liste des invités, tarifs, horiares à retrouver sur le nouveau programme de La Cinémathèque de Toulouse ou sur www.zoomarriere.com

Ouverte le vendredi 1er février avec un ciné-concert autour du film Les quatre cavaliers de l’Apocalypse (1921) de Rex Ingram. Un classique du film de guerre à la fois outrancièrement patriotique et antimilitariste, avec ce plan final où des croix blanches recouvrent des collines verdoyantes. Un long métrage qui ouvrit en grand les portes d’Hollywood, à un jeune immigré italien, qui se fit d’abord connaître comme danseur mondain avant de devenir star : Rudolf Valentino.

A noter qu’une grande partie de la programmation revient sur le film de guerre, avec de nombreux films rares,  en parallèle d’un colloque des plus enthousiasmants : « 1914-2008 : une guerre qui n’en finit pas », le 14 février et 15 février.

A suivre dans les prochaines émissions, deux rencontres pour préparer ce colloque :

Mercredi 6 février, rediffusion de la rencontre avec Serge Bozon, pour son film La france.
Programmation : mardi 13 février à 21h00 au cinéma Le Cratère.

Mercredi 12 février, rediffusion de la rencontre avec Gabriel Le Bomin pour son film Les fragments d’Antonin.
Programmation : mercredi 13 février à 19h00 zt samedi 16 février à 19h15, à la Cinémathèque.

couvversus11.jpgContre point de vue sur le cinéma de genre et de toute oeuvre audiovisuelle estimée subversive ou incontournable, Versus est un titre de presse parallèle autofinancé, sans publicité et entièrement indépendant.
Après 5 années d’existence la revue vient de faire paraître son 12ème numéro, couvrant la période Hiver-Printemps 2008.
Riche en contenu et dotée d’une maquette claire, Versus est une découverte des plus réjouissante dans un univers trop formaté.

Versus paraît trois fois par an.
Prix de vente: 3€

Revue à se procurer à Toulouse chez Ombres Blanches, ou Utopia.

asteraffiche.jpgComédie française

Réalisation : Frédéric Forestier et Thomas Langmann
avec Alain Delon, Gérard Depardieu, Benoît Poelvoorde, Clovis Cornillac …

Distribution : Pathé Distribution

Date de sortie : 30 janvier 2008

Synopsis : Pour remporter les Jeux Olympiques et permettre au jeune Alafolix (Stéphane Rousseau) d’épouser la Princesse Irina, Astérix et Obélix devront affronter le machiavélique Brutus, fils de César, au cours d’une Olympiade

Dotée d’un budget pharaonique de 78 millions d’euros, cette superproduction montre des faiblesses scénaristiques vite compensées par un casting olympien justifiant à lui seul l’intérêt du film. Porté à bout de bras par Delon, Poelvoorde, Depardieu ou Cornillac, ce divertissement promet un coup de fouet au cinéma français. Rencontre avec les médaillés de cette course folle.

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De l’or en Barres !

Pourquoi avoir choisi d’adapter cet album d’Astérix au cinéma ?
Thomas Langmann : Parce que c’est l’aventure la plus visuelle, la plus spectaculaire donc la plus cinématographique. Quant au thème des J.O., il nous permettait de nous entourer d’acteurs différents, majoritairement européens, et donc de nous adresser à un public le plus large possible. Il y a donc une volonté que proposer un humour plus universel.

Vous avis pris quelques libertés avec la BD ?
Thomas Langmann : Il m’a été impossible de représenter l’ensemble du village gaulois se rendant aux J.O., au risque de rendre le film incompréhensible. En revanche, je voulais absolument qu’il y ait une histoire d’amour, pour casser le caractère trop masculin de cette aventure. Quant à la course de char, moment d’anthologie de cet opus, si elle fait bien sur référence à Ben-Hur, elle constitue un clin d’œil à deux autres albums : le Chaudron et Astérix gladiateur. J’ai vraiment cherché à me rapprocher de l’esprit de la BD.

Quelles sont les différences Clavier/Cornillac dans l’incarnation d’Astérix ?
Gérard Depardieu : Clovis est un acteur qui va chercher la gestuel, le trait. C’est un artisan. Avec Clavier, l’excitation est différente. C’est un très bon acteur mais dans un autre registre. Il fait partie d’une autre école, celle du groupe comme le café théâtre.
Clovis Cornillac : J’ai fait une proposition plus basée sur le dessin. Pour moi, Astérix est un personnage enfantin, un peu ennuyeux pour les adultes. Il n’est pas drôle, il n’a pas cette fonction là. Je pense qu’avec Obélix, il ne sont qu’un seul et même personnage : une caricature du français.

Quelle est la part d’improvisation du film ?
Gérard Depardieu : Pour moi personnellement c’est écrit, j’ai horreur de l’improvisation je m’y perd.
Delon : Pour moi, pareil !
Thomas Langmann : Pour Alexandre Astier, il n’y avait rien d’écrit parce qu’on savait qu’avec lui il n’y avait pas besoin de dialogues, il improvise. Avec Frédéric, on est des grands fan de Kamelot et on trouve qu’il a un humour à part et bien à lui qui pouvait apporter un plus au film. Donc on c’est lui qui est le père de tous ces dialogues.
Alexandre Astier : Benoît Poelvoorde marche à cela aussi. Donc c’était très agréable de chercher avec Benoît ce que l’on allait faire.

Pourquoi avoir décidé de placer les vedettes du sport à la fin du film plutôt que de les intégrer au récit ?
Thomas Langmann : Dans le scénario, ils était intégrés à l’histoire, malheureusement pour des questions d’emploi du temps ça n’a pas été possible. Ceci dit, les personnages de Schumacher et jean Todt arrivent plus tôt. Malheureusement, lorsque nous tournions, Zidane participait à la coupe du monde, par exemple. Ce n’était pas simple de réunir ces sportifs. On a donc préféré les réunir en tant que guest dans le banquet final, plan de conclusion de tous les Astérix. Beaucoup sont venus d’ailleurs venus parce qu’ils sont fans d’Astérix et grands amis d’Uderzo. Mais, aucun des ces sportifs, et là je dois insister, n’a été payé. Ils intervenaient comme représentants d’associations exceptionnelles comme ICM (institut du cerveau et de la moelle épinière) pour Schumacher ou Ela pour Zidane.

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Comment avoir convaincu Albert Uderzo de vous rejoindre ?
Thomas Langmann : Je pense que le scripte et la manière dont on lui a présenté le projet ont joué. L’idée du couple César/Brutus interprétée par Delon/Poelvoorde l’a immédiatement intrigué. Si on arrivait à réunir ces conditions et à tomber d’accord sur un Astérix commun, il était partant. Comme nous avons eu la chance qu’Alain Delon donne son accord, Uderzo s’est laissé convaincre.

Alain Delon, pourquoi avoir accepté ce rôle ?
Alain Delon : Tout est partie de la cette première scène du scénario. Je l’ai lu et j’ai tout de suite accepté de jouer César. Ce court monologue plein d’autodérision sur mon passé cinématographique, porté par une réinterprétation du thème du Clan des sicilien, en compagnie d’un véritable guépard trônant à mes pieds, m’a immédiatement séduit. Je me suis glissé dans ce rôle comme dans un costume.

Vous avez eu des mots très durs pour le cinéma français, avant de vous retirer, il y a maintenant 10 ans !
Alain Delon : J’ai dit qu’à mon sens, le cinéma français comme le cinéma italien n’existait plus dans son entité. Qu’il y avait des personnalités mais que ça ne faisait pas un cinéma national. J’ai donc quitté le cinéma en disant que je serais toujours à la disposition de Besson, Polanski ou Spielberg s’ils le voulaient et c’est Langmann qui est arrivé.

Quel regard portez vous, monsieur Alain Delon, sur ces nouvelles technologies du cinéma comme le fond bleu ?
Alain Delon : Ça me dépasse. Je regarde cela avec des yeux ronds. C’est comme de voir ma fille avec son ordinateur, voyez-vous ? C’est un autre cinéma, c’est une autre époque, c’est une autre méthode, c’est une autre technique. Donc je m’en sers, j’en profite, mais ça me surprend terriblement. Pour moi, c’est nouveau ! Je me suis retrouvé, si vous voulez, m’exprimant devant 20 000 personnes dans ce film, alors qu’en réalité il n’y en avait que 200. Ça c’est extraordinaire quand vous voyez le résultat après. Je dois dire que c’est fabuleux !

Vous aimez la comédie ?
Alain Delon : Je crois plutôt que c’est la comédie qui ne m’aime pas ! J’ai en fait trois, me semble t-il, dans ma vie : il y a eu ce film, Une autre histoire et Doucement les basses avec le regretté Jacques Deray. C’est à peu près tout ce que j’ai fait. Mais l’explication de cette situation est simple, et je l’ai expliqué mainte fois. C’est l’histoire de ce train qui entre en gare ; 2 têtes passent à sa porte, Belmondo et Delon. Quand Belmondo passe la tête, tout le monde rigole, quand je passe la mienne personne ne rie. Donc je n’ai pas fait de comédie ! Mais je ne regrette rien, ce n’était pas vraiment mon truc ! Ça l’ai peut être plus maintenant !

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Soyons clairs, Astérix aux Jeux Olympiques n’est pas un grand film. Personne ne peut attendre cela d’une telle superproduction. Il s’agit d’un divertissement très grand public comme on a coutume de le présenter de façon cynique, ouvertement destiné à un jeune public, doté d’un budget colossal certes, mais d’un scénario bâclé. Je crois que c’est le problème de ce film : son humour est poussif, les mots ne claquent pas et l’auto parodie prime. En déficit d’idées, les gags s’enchaînent sans rythme et sans grande recherche, et ceux malgré de vrais effets spéciaux réussis mais déjà vus. L’essence de cette aventure repose plutôt sur son casting improbable et disproportionné. Des acteurs, des show man, des stars se disputent la vedette, jouent des coudes pour briller à l’écran, et rattraper les faiblesses de l’histoire. Certains avec plus de classe que d’autres. Ainsi le duo Poelvoorde / Delon, impeccable et jouissif réussit presque à repousser au second plan le couple fondateur Astérix et Obélix. Une gageure, puisque la bonne surprise, l’idée salutaire de ce projet consistant à pousser du pied l’insupportable Christian Clavier, se révèle des plus judicieuse. Moins gesticulant, moins braillard que son homologue, Clovis Cornillac compose un Astérix aussi exaspérant et  fiers que le personnage de BD. Une sucrerie quelque peu indigeste qui devient tout bonnement écœurante avec le défilé final grotesque d’une pléiade de sportifs et de people en goguette.

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Jean-Pierre Dionnet fait une nouvelle fois preuve de clairvoyance en distribuant, via sa toute jeune structure : Asian Star, une nouvelle réussite de l’animation japonaise, SAMOURAÏ7. Produite par le talentueux Studio Gonzo, à qui l’on doit LAST EXILE ou le sublime GANTZ, SAMOURAÏ7 est une relecture prodigieuse des Sept Samouraïs de Akira Kurosawa.

Un projet ambitieux, voire titanesque. Car on ne s’attaque pas impunément au chef d’œuvre de Kurosawa. Considéré aujourd’hui par beaucoup comme un monument du 7ème art, la simple pensée de l’adapter relève du sacrilège. Pourtant, d’autres cinéastes comme John Sturges avec Les Sept Mercenaires ou plus récemment Tsui Hark et son superbe Seven Swords, réussirent à en proposer des variantes qui n’avaient pas à rougir devant l’original. Mais le projet de Toshifume Takizawa est pus fou. En effet, le cinéaste ne propose pas une variation mais bien une relecture de l’œuvre qu’il compte décliner en une série de 26 épisodes de 30 minutes chacun. L’intrigue reste donc identique à celle de Kurosawa, à savoir la recherche et l’engagement de 7 samouraïs par des villageois désespérés, assaillis et affamés par une horde de pillards. Comme dans le film, le riz, céréale de base d’une population et monnaie d’échange, constitue l’un des personnages centraux de l’histoire. Là où l’anime prend ses distances avec l’œuvre de Kurosawa, c’est dans l’époque où l’intrigue se déroule.

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Si Les Sept Samouraïs s’inscrit dans un Japon féodal reconstitué avec soin et véracité, SAMOURAÏ7, lui préfère un univers plus flou. Ici, les paysans traditionnels et les samouraïs côtoient des robots géants, des bandits armés de fusils d’assaut retranchés sous d’épaisses carapaces métalliques. Très original, très cohérent, ce mélange des genres opérés de main de maître par le prestigieux studio Gonzo, dont la fascination pour la technologie et les mecha en particulier prend ici toute son ampleur en constituant un des points forts de cette série.

Kurosawa Production, la société détentrice des droits du film initial, présidée d’ailleurs par la propre fille d’Akira Kurosawa, ne s’y trompa pas. Emballée par le scénario et les premières images, c’est avec sa bénédiction que le projet vit le jour.

Tourné en Haute Définition, chaque faramineux épisode de SAMOURAÏ7 coûte près de 300 000 $, soit un budget astronomique pour un animé. Mais la qualité est-elle au rendez-vous ? Et bien oui, disons qu’avec GANTZ, SAMOURAÏ7 est mon second gros coup de cœur de l’année 2006. C’est la découverte d’une série addictive, portée par un scénario intelligent, un visuel soigné et une animation d’une fluidité rare. Comme GANTZ, la série est produite par le studio Gonzo. Si on y retrouve cet incomparable savoir faire du mélange de 2D et 3D, qui donne des plans de caméras et une vitesse d’exécution des scènes de combat ahurissante, ces deux OAV diffèrent totalement sur la forme.

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Moins claustrophobe que GANTZ, SAMOURAÏ7 fait la part belle à des paysages d’extérieurs. Le traitement et la mise en scène de la nature ne sont d’ailleurs pas sans rappeler les travaux du Studio Gibli et de Miyazaki en particulier. Le village, ses terres cultivées, les montagnes et les forêts enivrent. Les couleurs, les plans longs et lents s’opposent à merveille aux scènes de combat rapides et violentes. Il en va de même pour les décors urbains traités comme des paysages de nature. La technologie n’y ai pas agressive, mais baignée d’une lumière douce, la ville surprend par sa grandeur, sa profondeur.

Mais là où cette production brille une nouvelle fois, c’est par son intelligence et son engagement politique. Car SAMOURAÏ7 n’est pas une série violente. Bien au contraire, sa vison et les questions qu’elles posent rappellent les travaux d’un cinéaste américain très influencé par Kurosawa et trop vite accusé de faire l’apologie de la violence : Sam Peckinpah. Ici, la violence ne se regarde pas, elle se ressent. Il suffit de voir le début des combats entre samouraïs et bandits. Sept homme muent par la défense de paysans asservis tranchent à tout va. Les ennemis, mauvais par définition, tombent comme des mouches. Les paysans heureux de voir le mal terrassé, prennent alors conscience que derrière ses amures ce sont des hommes qui meurent. Leurs yeux n’expriment alors que le dégoût d’eux-mêmes.

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Film sur la fin des héros, ces samouraïs, aussi attachants et charismatiques soient-ils, ne sont plus que des tueurs, fruits d’une époque révolue, celle des guerriers. Avec la fin de la féodalité, l’arrivée de la paix, l’avenir appartient désormais aux paysans et aux commerçants. Le temps des marchands vient de supplanter celui des guerriers. Qu’importe l’issue de cette bataille, ces samouraïs livrent ici leur dernier combat, un combat perdu d’avance.

Pour sa 11e édition, le festival montera en puissance grâce à l’arrivée d’un nouveau partenaire : la BNP Paribas et à l’augmentation des salles AFCAE participantes.

Le principe de la manifestation est simple : “Voir ou revoir 15 films de l’année écoulée” en donnant une deuxième chance à des films exigeants proposer à un tarif très réduit (3 € la séance avec le pass qui se trouve dans deux numéros de Télérama, celui du 16 et celui du 23 janvier). Une manifestation bien décidée à luter contre une rotation de plus en plus rapide des films en salle.

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Cette année 15 films ont été sélectionnés par la rédaction cinéma de Télérama dont un coup de coeur des lecteurs :

DE L’AUTRE CÔTÉ de Fatih Akin
LES CHANSONS D’AMOUR de Christophe Honoré
LES CLIMATS de Nuri Bilge Ceylan
LA VIE DES AUTRES de Florian Henneckel von Donnersmark*
BOULEVARD DE LA MORT de Quentin Tarantino
PERSÉPOLIS de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud
LES PROMESSES DE L’OMBRE de David Cronenberg
4 MOIS, 3 SEMAINES, ET 2 JOURS de Cristian Mungiu
JESUS CAMP de Heidi Ewing et Rachel Grady
PARANOÏD PARK de Gus Van Sant
ANGEL de François Ozon
LA FILLE COUPÉE EN DEUX de Claude Chabrol
ZODIAC de David Fincher
LE FILS DE L’ÉPICIER d’Eric Guirado
LA QUESTION HUMAINE de Nicolas Klotz

*Le film coup de coeur des lecteurs

L’année dernière ce sont plus de 261 000 spectateurs qui ont pu voir ou revoir les films sélectionnés et ainsi contribué à l’économie du cinéma et des salles AFCAE.

Dans la région Midi-Pyrénées, voici la liste des salles AFCAE participantes :

MURET (31600) MERMOZ
RAMONVILLE ST-AGNE (31520) L’AUTAN
SAINT-GAUDENS (31800) RÉGENT
AUCH (32000) CINÉ 32
CASTRES (81100) CINEMOVIDA
ALBI (81000) TIVOLI
MONTAUBAN (82000) CAP’CINEMA LE PARIS
TOULOUSE (31000) LE CRATÈRE
IBOS (65420) LE MÉRIDIEN

Voici le détail de la programmation de chacune de ces salles :

TOULOUSE au Cinéma Le Cratère
Les Chansons d’amour : mer 14h30; jeu 21h30; sam 19h15; lun 17h10
De l’autre côté (VO) : mer 16h30; ven 14h30; sam 21h05; lun 19h
Paranoid Park (VO) : mer 19h; ven 16h50; dim 14h30; lun 21h15
Persepolis : mer 20h45; ven 19h; dim 16h15; mar 14h30
Les Promesses de l’ombre (VO) : jeu 14h30; ven 20h55; dim 18h30; mar 16h25
4 mois, 3 semaines, 2 jours (VO) : jeu 16h30; sam 14h30; dim 20h30; mar 19h
La Question humaine : jeu 19h; sam 16h45; lun 14h30; mar 20h40.

MONTAUBAN au Cap’Cinéma le paris
Les Chansons d’amour : mer sam 16h, 22h; jeu 16h, 20h; ven dim lun 18h; mar 10h, 16h, 22h
La Fille coupée en deux : mer ven 16h, 20h, 22h; jeu mar 20h, 22h; sam 13h45, 18h, 22h; dim 11h, 16h, 21h; lun 18h, 22h
Le Fils de l’épicier : mer mar 10h, 16h, 20h15; jeu sam lun 13h45, 18h; ven 16h, 20h15; dim 13h45, 18h, 21h
Persepolis : mer jeu 10h, 18h; ven lun 16h, 20h; sam 16h; dim 11h, 16h; mar 18h
Les Promesses de l’ombre (VO) : mer ven 13h45, 18h, 22h; jeu mar 18h, 22h; sam 16h, 20h, 22h; dim 13h45, 18h; lun 20h, 22h
4 mois, 3 semaines, 2 jours (VO) : mer ven mar 13h45, 18h; jeu 10h, 15h45, 19h45; sam lun 15h45, 19h45; dim 11h, 15h45
La Vie des autres (VO) : mer sam mar 13h45, 19h45; jeu ven lun 13h45, 22h; dim 13h45, 21h.

MURET au Cinéma Mermoz
Les Chansons d’amour : jeu 16h; sam 13h30; dim 21h; mar 18h30
De l’autre côté (VO) : mer 21h; ven 18h30; dim 16h; mar 13h30
Le Fils de l’épicier : mer 18h30; ven 16h; dim 13h30; lun 21h
Persepolis : mer 16h; ven 13h30; sam 21h; lun 18h30
Les Promesses de l’ombre (VO) : jeu 18h30; sam 16h; lun 13h30; mar 21h
4 mois, 3 semaines, 2 jours (VO) : mer 13h30; jeu 21h; sam 18h30; lun 16h
La Vie des autres (VO) : jeu 13h30; ven 21h; dim 18h30; mar 16h.

RAMONVILLE À l’autan
Les Chansons d’amour : mer 18h30; ven 16h; dim 14h; lun 21h
De l’autre côté (VO) : mer 13h45; jeu 21h; sam 18h30; lun 16h
Le Fils de l’épicier : jeu 18h30; sam 16h; lun 14h; mar 21h
Persepolis : jeu 16h; sam 14h; dim 21h; mar 18h30
Les Promesses de l’ombre (VO) : mer 21h; ven 18h30; dim 16h; mar 14h
4 mois, 3 semaines, 2 jours (VO) : jeu 14h; ven 21h; dim 18h30; mar 16h
La Vie des autres (VO) : mer 16h; ven 13h45; sam 21h; lun 18h30.

AUCH au Ciné 32 lafayette
Boulevard de la mort (VO) : mer 19h; ven 14h; sam 21h30; lun 16h30
Le Fils de l’épicier : mer 21h30; jeu 14h; sam 16h30; mar 19h
Paranoid Park (VO) : ven 19h; dim 21h30; lun 14h; mar 16h30
Persepolis : mer 14h; jeu 21h30; dim 16h30; lun 19h
Les Promesses de l’ombre (VO) : jeu 16h30; ven 21h30; dim 19h; mar 14h
La Question humaine : jeu 19h; ven 16h30; sam 14h; lun 21h30
La Vie des autres (VO) : mer 16h30; sam 19h; dim 14h; mar 21h30.

CASTRES au Lido
Les Chansons d’amour : dim 16h15; lun 14h, 22h15; mar 21h15
De l’autre côté (VO) : mer 18h30; jeu 21h15; ven 14h; sam 22h15
Le Fils de l’épicier : dim 14h, 21h15; lun 18h; mar 18h30
Persepolis : mer 14h; jeu 18h30; ven 20h; sam 16h15
Les Promesses de l’ombre (VO) : mer 16h15; jeu 18h30; ven 22h15; sam 14h
4 mois, 3 semaines, 2 jours (VO) : mer 21h15; jeu 14h; ven 18h; sam 20h
La Vie des autres (VO) : dim 18h30; lun 20h; mar 14h, 18h30.

SAINT-GAUDENS au Régent
Angel (VO) : mer ven 18h30; sam 17h; lun 18h45
Les Chansons d’amour : mer 21h; ven 18h30; lun 14h30; mar 18h45
Les Climats (VO) : mer lun mar 18h45; jeu 21h
Le Fils de l’épicier : mer 18h45; ven 18h30; dim 17h; mar 21h
Jesus Camp (VO) : sam 17h; dim 21h; lun 14h30; mar 18h45
Persepolis : mer jeu lun 18h45; ven 18h30
4 mois, 3 semaines, 2 jours (VO) : jeu lun mar 18h45; dim 21h.

IBOS au parvis Méridien
Les Chansons d’amour : mer 19h15; jeu 14h30; sam 17h45; lun 21h
De l’autre côté (VO) : mer 21h; ven 14h30; dim 16h30; lun 18h30
Le Fils de l’épicier : jeu 21h; ven 19h; sam 16h; dim 14h30
Paranoid Park (VO) : mer 17h45; ven 21h; lun 14h30; mar 16h45
Persepolis : mer 16h; ven 17h; sam 19h30; mar 21h
Les Promesses de l’ombre (VO) : jeu 16h30; sam 21h15; dim 19h; mar 18h30
4 mois, 3 semaines, 2 jours (VO) : jeu 18h30; dim 21h; lun 16h30; mar 14h30.

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