Street Fighter : Shigehiro Ozawa (1974, HK Video)

octobre 5, 2006 at 11:43 Laisser un commentaire

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Aujourd’hui je vous propose de découvrir un classique du cinéma bis japonais, disponible pour la première fois en France, et ce, grâce au travail, une nouvelle fois remarquable de l’éditeur HK Video !

Après le coffret Hideo Gosha, ou la publication du Moine Sacrilège, en décembre dernier, HK Video met en parenthèse sa politique d’édition de films patrimoines du cinéma japonais pour présenter à un public plus large, l’acteur Sonny Chiba. Totalement inconnu dans nos contrées, monument au Japon, Sonny Chiba connu la gloire en 1974, en campant le personnage principal du film Street Fighter.

Né en 1939 au japon, gymnaste frustré, puis praticien émérite d’une pléiade d’arts martiaux, Sonny Chiba intègre le studio Toei à l’aube des années 60. Il y végète une bonne dizaine d’années, enchaînant de petits rôles qui lui assurent le statut de star locale, avant de créer sa propre école d’arts martiaux pour comédiens débutants. Or, pendant ce temps, un autre acteur féru d’arts martiaux et fondateur de nombreux clubs de Kung-Fu, à Los Angeles, devient une star planétaire : Bruce Lee. Une concurrence somme toute déloyale pour notre gymnaste, mais une attaque cérébrale stoppe net la carrière du petit dragon pour lancer celle de Sonny Chiba. En effet, la Toei, soucieuse de profiter de la vague Bruce Lee, trouve en Sonny Chiba un successeur tout désigné, pour jouer le rôle principal de Street Fighter. Le succès est immédiat. Deux suites verront le jour la même année : Return of the street fighter et Street fighter’s last revenge, ainsi qu’un spin off l’année suivante: Sister street fighter, seul et unique titre à sortir sur les écrans français. Sonny Chiba devient alors une énorme vedette au japon et un personnage culte dans les pays où le film est exporté. Car Street Fighter est violent, à un point tel qu’à son arrivée aux USA, il bénéficia d’une classification X. Une première à l’époque pour un film non pornographique.

Vous l’aurez donc compris, Street Fighter et ses suites, disponibles dans un très beau coffret, sont les films qui nous intéressent ce matin !

Laissons tomber pour l’instant le spin off : Sister street fighter. Les trois autres films sont réalisés par Shigehiro Ozawa. Loin d’être un grand cinéaste, il est l’auteur d’une bonne centaine de réalisations de piètre qualité. Lui aussi a gagné sont heure de gloire avec Street Fighter. Non pas qu’il ait eu du talent, mais disons simplement qu’il l’a mieux réussi que ces films précédents et que les suites à venir. Mais attachons nous à l’histoire :

La saga Street Fighter met en scène une nouvelle icône du cinéma japonais des années 70 : Takuma « Terry » Suguri, joué donc par Sonny Chiba. C’est ce personnage qui porte et fait le film. Un être iconoclaste, violent, solitaire, macho, sadique, provocateur, vénal, haineux et amorale. C’est en quelque sorte le double négatif de Bruce Lee. Tellement extrême et charismatique qu’on finit par le trouver attachant !

Tueur à gage, mercenaire, il se charge de sauver une riche héritière (car il n’aime pas recevoir d’ordre, c’est lui qui décide pour qui il travail !), de récupérer un enregistrement dévoilant l’existence d’un scandale politico industriel ou de combattre la mafia italienne (au japon bien entendu) !!!

Vous l’aurez donc compris c’est pas la peine de disposer de bac+5 pour comprendre le scénario.
C’est du cinéma d’arts martiaux avec des chorégraphies parfaitement bien exécutées par un expert mais surtout sur joué à l’extrême. La palette de Sonny Chiba est en sens remarquable : poses appuyées, grimaces en tout genre aux moments les plus incongrus, le tout porté par des dialogues crus et dis avec le plus grand sérieux.

Mais c’est aussi du cinéma d’action, car pour mener à bien ses missions Terry Suguri tue froidement, séduit la veuve, extorque l’orphelin…. La violence est tout bonnement gratuite, posées là pour le seul plaisir du spectateur de l’époque. C’est effarant ! On, frôle le gore : les méchants ne sont pas battus mais châtiés : On leur brise des bras, on leur fracasse le crâne avec image radio au moment du choc…deux scènes d’anthologie : émasculation à main nue pour cause de tentative de viol et arrachage de cordes vocales….le tout avec le sourire carnassier de Sonny Chiba !!!

Au fond, Street Fighter est à voir comme le témoin d’une époque, ou il existait encore un cinéma populaire, souvent violent, destiné à réveiller le mal qui sommeillait en chaque homme. Un cinéma avec de vrais méchants, des anti-héros absolus, un schéma narratif proche de la BD, un cinéma exutoire, comme l’était le western spaghetti ou le cinéma gore italien. Un monde dans lequel l’instinct prime sur l’intelligence sociale. C’est le cinéma de l’excès et du gratuit. En ce sens, ce coffret est jubilatoire !

Mais ce film incarne aussi la naissance d’un acteur étonnant, inclassable, au jeu approximative, digne contemporain de Charles Bronson ou Clint Eastwood. Un acteur pourtant quelque peu oublié des années 80, plus glamours, qui se retira aux USA avoir de reprendre du service avec la nouvelle vague de Hong Kong. Difficile en effet d’oublier son interprétation phénoménale du méchant dans le film de sabre numérique de Anderw Lau : The Stormriders.
Pourtant, c’est des USA que lui parvient sa consécration planétaire, via Quentin Tarantino qui n’hésite pas en voir en lui «le plus grand acteur jamais vu dans un film d’arts martiaux ». Premier fan, il n’hésitera pas à citer le film Street Fighter dans le scénario de True Romance, avant de proposer un rôle sur mesure à Sonny Chiba, dans Kill Bill Vol.1.

Ce coffret signé HK vidéo rend donc brillamment hommage à un acteur aussi culte que ce film !

Le packaging est soigné, la qualité des copies est impressionnante. Quant à l’absence de bonus, elle est comblée par la présence d’un livret d’une douzaine de pages, signées David Martinez.

Le tout, disponible pour une quarantaine d’€.

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Marebito : Takashi Shimizu (2004, TF1 Vidéo) Gantz : Itano Ichiro (2004, Asian Star)

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