Le Grand Appartement (2006). Rencontre avec Pascal Thomas.

janvier 23, 2007 at 3:56 Laisser un commentaire

grand-apt.jpgFilm français

Réalisateur: Pascal Thomas
Avec: Laetitia Casta, Mathieu Amalric, Pierre Ardity…

Distributeur: Mars Distribution

Sortie: 27 décembre 2006

Synopsis: Francesca et Martin vivent entre réalité et fiction dans un immense appartement à petit loyer, dû aux bontés de la loi de 1948. Tous leurs proches y trouvent refuge dans un joyeux vaudeville. Mais ce dernier paradis sur terre est menacé par la rapacité de la propriétaire, qui veut vendre. Francesca saura t-elle sauver son petit monde menacé ?

Sur le ton du vaudeville, Pascal Thomas, épingle confusément l’individualisme, l’uniformisation, le dictat de la mode et la défiguration de la ville par l’argent. Fable politique brillement rythmée et satirique à souhait, Le Grand Appartement, se déguste comme une friandise.
Rencontre avec Pascal Thomas, lors de sa venue à Toulouse ne décembre dernier.

le-grand-appartement-2.jpg

Madame porte la culotte

Un film autobiographique
J’ai réalisé une chronique. Celle de la vie d’un grand appartement, identique à celui dans lequel j’ai vécut. Un lieu où on ne savait jamais qui était là, où vivaient des grand-mères, des amis comme Jacques Rozier, cinéaste venu pour une semaine avant d’y rester six ans. C’était une vie joyeuse. Mais aujourd’hui par pur esprit spéculatif, on a détruit tout ce charme. Même si la loi de 1948 a permis, de préserver certains quartiers, tout ça est en train de disparaître.

Un paradis menacé
Cet appartement est un petit navire, que tous essayent de faire couler. Y compris de l’intérieur, où les bêtises qui y sont faîtes le mettent un peu plus en péril. Mais à son bord, il y a un capitaine improvisé, incarné magistralement par Laetitia Casta, qui a en elle assez de ressources pour permettre la survie de cette petite communauté.

Francesca est le personnage qui a les pieds sur terre. Les autres sont des rêveurs.
La famille s’appelle Cigalone, pas Fourmique. Martin est un cinéphile qui face aux difficultés, propose de regarder un film de Minnelli, Brigadoon, c’est-à-dire la rêverie absolue ou un Tourneur, Stars in my crown, où les gens du Ku Klux Klan finissent par devenir gentils. Donc lui est dans un rêve, elle beaucoup moins.

Un film choral
Comme spectateur j’aime bien les films riches en personnages, en dialogues, en situations, en décors, donc quand je fais des films, je ne lésine pas sur le nombre. Quand les gens se regroupent, dansent, chantent ensemble, c’est le moment du lien absolu. Ce film traite en fait du lien: abandonnons nos biens, occupons nous des liens !

C’est un film très virevoltant, extrêmement vif, proche des comédies italiennes.
Je suis très attaché au cinéma italien, puisque quand j’étais cinéaste, j’ai participé à la découverte de toutes ces comédies italiennes signées, Scola, Risi ou Monicelli, restées dans l’ombre derrière les films de Pasoliniou Visconti. J’ai donc un très grand goût du spectacle à l’italienne. Cette vitalité, cette fantaisie, cette insouciance, cette légèreté et cette ouverture aux autres, qui s’accordent si bien au caractère de cette famille vient de là.

Pourquoi ces scènes de face à face avec le spectateur?
Je voulais des voix intérieures, et au moment de tourner ces scènes, je ne savais pas comment diriger mes acteurs. La première devait intervenir pendant la dispute dans la salle de doublage. Donc Mathieu Amalric se tourne vers la caméra, pour un résultat plutôt convaincant. Du coup, on a poursuivit, pour faire de l’aparté un des principes narratifs du film. L’intérêt, c’est que les gens sortent de la scène tout en restant dans l’appartement avec le spectateur.

Laetitia Casta au naturel
Quatre semaines avant le tournage, je l’avais vu dans une publicité pour des cosmétiques. Elle avait un paquet de maquillage sur le visage, au point de ne plus savoir qui elle était. Du coup pour le film, pas de maquillage du tout. On m’a alors reproché de casser son image, alors qu’en fait j’ai retrouvé son naturel. Quant à son personnage, il râle contre la disparition des librairies au profit des boutiques de mode et se plait à conserver ces poils sous les bras.

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