Danse avec lui : Valérie Guignabodet (2007). Rencontre avec Valérie Guignabodet & Mathilde Seignier.

février 21, 2007 at 10:32 2 commentaires

danse-avec-lui-af.jpgFilm français

Réalisation : Valérie Guignabodet
Avec Mathilde Seigner, Sami Frey, Jean-François Pignon

Distribution : Wild Bunch Distribution

Date de sortie : 21 Février 2007

Synopsis : Trois ans après une rupture dramatique qui a bouleversé son existence, Alexandra réapprend à vivre et à aimer grâce à la rencontre troublante d’un vieux maître d’équitation et de son cheval.

Mise en scène passionnelle d’un amour profond pour les chevaux et la campagne, Danse avec lui, chante la persévérance et l’ouverture à l’autre. Après Mariage, Valérie Guignabodet offre à Mathilde Seignier un rôle superbe de femme brisée, joué avec pudeur et fragilité.
Rencontre avec Valérie Guignabodet & Mathilde Seignier, lors de leur venue à Toulouse.

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Le cheval d’orgueil

C’est une vraie rencontre toutes les deux ?
Mathilde Seignier : C’est une rencontre humaine en effet. Depuis Mariage, on est devenues amies. Donc oui, on est très bien ensemble. Mais c’est vrai que maintenant, quand je tourne, j’ai plus envie de m’emmerder. Et c’est vrai aussi que j’ai le choix, donc si je peux tourner avec des gens que j’aime, je suis ravie. Donc je veux bien faire tous mes prochains films avec Valérie, sauf si elle veut changer, parce qu’elle en aura peut être marre (rires). Mais c’est vrai que quand on est à un certains niveau modestement, on peut choisir, les acteurs comme les metteurs en scène avec qui on veut travailler.

Faut il instaurer des liens plus forts ?
Mathilde Seignier : C’est-à-dire que tout est plus facile. La direction d’acteurs est plus facile, on se comprend mieux. Quand on s’engueule, ça n’a pas de répercussions parce qu’on est aussi dans une relation d’amitié. Et puis Valérie me connaît bien, donc elle connaît mes codes.
Valérie Guignabodet : Mathilde, n’a franchement aucun talent, mais comme on est amies, on travaille ensemble (rires)! Non, personnellement, je rajouterai qu’il n’y a pas beaucoup d’actrices du niveau de Mathilde. C’est vrai qu’on s’entend bien, y compris dans le travail. On a d’ailleurs commencé par s’entendre dans le travail, en fait, on s’est rencontrée dans le travail et puis maintenant on n’a en plus nos chevaux dans la même écurie, alors vous pensez bien ! Et puis dans ma maison à la campagne, j’ai maintenant une chambre qui s’appelle la chambre de Mathilde…

La campagne…
Valérie Guignabodet : Moi je ne peux pas me passer de la campagne, des animaux en règle générale et des chevaux en particulier, et je crois que Mathilde a cette même passion. Je pense que c’est aussi ce qui nous réuni beaucoup.
Mathilde Seignier: En fait ce n’est pas des racines parce que moi je suis parisienne de souche, j’ai plutôt une famille qui n’aimait pas la campagne, mais j’ai toujours aimé la campagne et comme Valérie, les chevaux. Et il n’y en a pas tellement à Paris. Et puis je n’aime pas la ville, je ne suis pas une citadine. J’aime le calme, j’aime me balader et j’aime la nature.
Valérie Guignabodet : De toute façon un film comme celui là ne pouvait se faire qu’avec des gens sincères et passionnés. C’est vraiment un film qui parle de l’amour des chevaux, même si c’est d’abord un film qui parle de la vie, à travers les chevaux, c’est un film qui parle des relations des êtres à travers les chevaux. Mais pour que cette passion des chevaux soit crédible, soit réaliste, il fallait des gens vraiment passionnés et c’est pour cela que je ne pouvais pas le faire avec beaucoup d’autres actrices que Mathilde parce qu’elle a cette vraie passion chevillée au corps. Elle est capable de rentrer de tournage tard le soir, d’avoir eu une semaine épuisante et de prendre sa bagnole pour venir à la campagne, à l’écurie, voire la nature les oiseaux et les chevaux. Ça c’est un truc qu’a le film. Il y a une passion véridique qui émane, je crois, du film parce qu’il a été fait par de vrais passionnés. Et je pense que Sami Frey en fait parti aussi.

Vous avez confié ce rôle à Mathilde, fort différent de ce à quoi elle nous avait habitué, parce que c’est votre amie ?
Valérie Guignabodet : Je ne suis pas d’accord avec ça, parce que Mathilde est une grande actrice, encore loin d’avoir exploré tout ce qu’elle est capable de jouer. Mais encore faut-il qu’on lui propose les rôles ! Et ce rôle là, qui c’est vrai, est loin de ses rôles récents qu’elle a pu jouer, mais il y a eu des films très beaux, très sombres, très durs dans la filmographie de Mathilde qui n’étaient pas si loin que ça. Alors, il y a quelque chose d’un peu différent dans ce rôle là. C’est vrai que c’est un film dans lequel elle parle peu, où tout passe par la présence, le regard, où son personnage regarde beaucoup. C’est Sami Frey qui parle, c’est son personnage qui exprime les choses à sa place à elle, parce qu’elle, elle n’arrive plus à parler. Donc c’est effectivement quelque chose d’un peu différent parce qu’elle s’exprime par le corps. Du coup ça en fait un rôle plus sensuel peut être. Et je pense que c’est pour cela que ça surprend les gens.

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Une mise en avant de Mathilde Seignier
Mathilde Seignier : De mes avantages vous voulez dire (rires)? Oui, c’est un rôle glamour mais pas au sens sexy du terme. C’est un rôle sensuel parce que, de toute façon, le mode des chevaux et les chevaux sont sensuels. Mais c’est un film d’odeurs, un film olfactif aussi.
Valérie Guignabodet : De toute façon, les chevaux c’est ça. On plonge les mains dans la robe, on les renifle. On adore ça, c’est merveilleux, ça fait parti de la joie d’être avec les chevaux.

Des seconds rôles de qualité
Valérie Guignabodet :
Je trouve que les seconds rôles c’est très important. C’est la charpente du film. Et puis quand vous avez une actrice comme Mathilde, vous ne pouvez pas lui mettre n’importe qui en face, faut quand même quelqu’un qui ait de la tenue et puis du répondant.

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Pourquoi délaisser la comédie
Valérie Guignabodet : Quant on aborde la relation entre les êtres, au travers du rapport avec les chevaux, c’est forcement un film plus profond, donc plus classique dans sa forme. Pourtant, c’est un faux film classique. Il parle des chevaux, mais avant tout il parle de la vie et des rapports entre les gens.

En rappelant que le plus important n’est pas le but mais le chemin, le personnage de Sami Frey nous rapproche de l’enseignement bouddhiste.
Valérie Guignabodet : On mène aujourd’hui des vies trépidantes. Beaucoup arrivent à des points de rupture. Le personnage que joue Mathilde continue de vivre normalement, mais au fond d’elle, elle est bloquée. Et je crois qu’on est très nombreux à vivre ça. La vie qu’on s’impose est tellement dure. On s’impose des obstacles de plus en plus hauts à franchir et quand on saute de plus en plus hauts, il y a un moment où on se casse la figure. Et une fois à terre, on doit se remettre en selle. En trouvant une autre façon de voir la vie. Là, quelque chose de l’ordre de la philosophie s’instaure. Aujourd’hui, on vit dans l’action. On avance, encore et toujours. Mais, à un moment il faut se poser, pour se demander où aller et surtout comment. Ce n’est donc pas un hasard si j’ai pris cette métaphore. Quand on lit les manuels équestres du XVIIIe et XIXe siècle, on reste interloqué en tombant sur de véritables leçons de philosophie. L’équitation c’est le rapport à l’autre, un autre que l’on convint par le respect et la confiance. Donc, comprendre le rapport aux chevaux permet de mieux appréhender les rapports humains.

Cet enseignement est distillé par une personne qui se pose comme un maître à penser.
Valérie Guignabodet : Cet homme finalement, ne parle que de chevaux. A aucun moment il ne prétend parler d’autres choses. Mais, c’est en lui apprenant à monter à cheval autrement, à danser au lieu de sauter des obstacles qu’il va lui apprendre, malgré lui, à vivre différemment. Aujourd’hui, chacun cherche son propre chemin et parfois des rencontres comme celle-ci vous aident à trouver une voie personnelle.
Mathilde Seignier: On se guide tout seul aujourd’hui. On fait ce qu’on peut. J’aimais cette idée d’une lente reconstruction par l’intermédiaire d’un tiers, à travers l’amour des chevaux.

Un film lent et avare en personnages. On quitte la ville pour s’installer à la campagne avec 3 personnes et 2 chevaux.
Valérie Guignabodet : C’était vraiment le cœur du film : lâcher cette vie trépidante de grande ville pour accepter de se retrouver avec presque rien, mais dans une confrontation fructueuse. Car, dans la vie, pour retrouver du sens, il est essentiel d’accepter de lâcher quelque chose.

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2 commentaires Add your own

  • 1. athos  |  février 25, 2007 à 3:31

    Suberbe film,humaniste,réaliste .Quelle composition de Mathilde et de Samy Frey.Un régal pour les yeux et pour tous les amoureux du monde équestre.La complicité entre les chevaux et l’héroine est forte en émotion,comme toute relation avec un cheval.

    Réponse
  • 2. defrene  |  mars 23, 2007 à 4:32

    Super film. Mathilde ségnier est remarquable, tout comme Samy Frey ( sans oublier les autres ! ) . Un film qui fait réfléchir à son propre chemin, en pleine projection !

    Réponse

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