Brève rencontre avec Raoul Ruiz !

mars 22, 2007 at 2:03 1 commentaire

En mars, La Cinémathèque de Toulouse consacre sa programmation à l’insatiable Raoul Ruiz. Une rétrospective organisée en collaboration avec les 19e Rencontres des Cinémas d’Amérique Latine qui se focaliseront, le temps du festival, sur l’œuvre chilienne du réalisateur. Un univers dense et labyrinthique, dans lequel accepter de se perdre, vaut n’importe quel trésor.

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Combat d’amour en songe

Le cinéma de Raoul Ruiz
Ma vocation à devenir cinéaste, je la dois à un ami cinéphile, qui m’a détourné du théâtre. J’étais à l’université. J’étudiais la philosophie analytique, plus particulièrement la logique. Une des premières questions que je me suis alors posé, était : c’est quoi au juste le cinéma ? Puis : peut-on faire un mauvais film ? Peut-on faire un bon film ? Enfin : peut-on savoir quand un film se termine s’il n’y a pas le mot fin ? Je me suis alors lancé. J’ai réalisé plusieurs longs métrages, au point de dépasser la centaine. Pourtant, je ne sais toujours pas ce qu’est le cinéma, ni si il y a de bons ou de mauvais films.

L’exil
Je regrette ce qui s’est passé. J’y ai perdu beaucoup d’amis. Mais je dois admettre que si j’étais resté au Chili, je n’aurai fait que de petites choses, car je suis quelqu’un d’assez poltron et fainéant. Mais là, d’un coup j’ai été forcé de partir et de travailler pour de bon. Le travail a amené le travail, puis j’ai eu de la chance. Celle d’arriver en France à un moment où on s’intéressait beaucoup à un type de cinéma différent à la fois de la Nouvelle Vague et du cinéma académique. Une période où on faisait encore la distinction entre cinéma commercial et cinéma d’art et essai. C’est l’esprit de la Nouvelle Vague et la liberté qui s’en dégageait surtout qui m’ont attiré en France. Même si elle est vite devenue un peu trop rigide, idéologique, et dogmatique, elle reste un de mes modèles.

Emerveiller sans raconter d’histoire
Je cherche à élargir les possibilités expressives du cinéma. Car on est victime d’un système narratif stérilisant, imposé par l’industrie qui enlève toute envie de faire de l’art. On ne produit actuellement que de la narration formatée, pré mâchée. Ça revient à faire de l’hamburger. Je ne prétends pas être un Copernic du cinéma, désireux d’en changer la perspective, mais simplement quelqu’un qui peut encore dire non.

Un cinéma populaire
C’est un cinéma d’une base populaire, pas populaire ou alors, il l’est comme l’est Ulysse de James Joyce, c’est à dire un livre qui s’appuie sur la langue populaire de Dublin. Donc de ce point de vue, on peut être populaire et d’avant-garde.

Un cinéaste cultivé
J’ai l’avantage d’avoir une culture populaire solide. C’est à dire nourrie de contes. Ma culture d’origine, n’importe quel folkloriste ou anthropologue dirait qu’il n’y a presque rien et que tout est emprunté à droite et à gauche. C’est vrai, mais c’est grâce à tout cela que je peux faire des films. Donc, la culture ne nuit pas à la créativité. L’érudition non plus, à condition de ne pas le prendre trop au sérieux.

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Après les 19e Rencontres Cinéma d’Amérique Latine, la retrospectice de l’oeuvre européenne du cinéaste, se poursuit à La Cinémathèque de Toulouse. Jusqu’au Samedi 31 mars, vous pourrez découvrir les films de Raoul Ruiz suivant :
L’hypothèse du tableau volé (1978)
Le territoire (1981)
Trois vies et une seule mort (1996)
Klimt (2006).

Gagner, des places pour découvrir ces films, ainsi que quelques affiches, en écoutant l’émission Klr-Obscur, mardi 27 mars de 8h30 à 9h00 et mercredi 28 mars de 17h30 à 19h00, sur les ondes de Radio Campus Toulouse.

sans-titre.jpgUne rencontre à télécharger ici.

A télécharger/écouter aussi, Raoul Ruiz parle de son exil sur fond de Calexico.

[En cliquant sur ce lien, une page Internet MegaUpload s’ouvrira. Entrez les lettres dans la case correspondante, puis faites OK. Ensuite il faut patienter quelques secondes (le temps du décompte. Puis cliquez sur download, et choisissez l’emplacement du fichier mp3 sur votre disque dur.]

Bonne écoute !

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Ambiance des 19e Rencontres Cinémas d’Amérique Latine Alain Cavalier à la Cinémathèque de Toulouse, mercredi 28 mars à 20h30

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