Persepolis (2007). Rencontre avec Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud.

juin 27, 2007 at 1:57 Laisser un commentaire

persepolis.jpgFilm d’animation français

Réalisation : Marjane Satrapi & Vincent Paronnaud
Avec Chiara Mastroianni, Catherine Deneuve, Danielle Darrieux

Distribution : Diaphana Films

Date de sortie : 27 Juin 2007

Synopsis : Téhéran 1978 : Marjane, huit ans, songe à l’avenir et se rêve en prophète sauvant le monde. Choyée par des parents modernes et cultivés, particulièrement liée à sa grand-mère, elle suit avec exaltation les évènements qui vont mener à la révolution et provoquer la chute du régime du Chah. Avec l’instauration de la République islamique débute le temps des « commissaires de la révolution » qui contrôlent tenues et comportements. Marjane qui doit porter le voile, se rêve désormais en révolutionnaire. Bientôt, la guerre contre l’Irak entraîne bombardements, privations, et disparitions de proches. La répression intérieure devient chaque jour plus sévère. Dans un contexte de plus en plus pénible, sa langue bien pendue et ses positions rebelles deviennent problématiques. Ses parents décident alors de l’envoyer en Autriche pour la protéger. A Vienne, Marjane vit à quatorze ans sa deuxième révolution : l’adolescence, la liberté, les vertiges de l’amour mais aussi l’exil, la solitude et la différence.

C’est accompagnée de Winshluss, alias Vincent Paronnaud que Marjane Satrapi porte enfin à l’écran les 4 tomes de sa BD phare Persepolis. Auréolé du prix du Jury du festival de Cannes, ce superbe film d’animation en noir et blanc marque la naissance d’un duo de réalisateurs inspiré, brillant et talentueux.

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Vivre Libre

Pourquoi adapter Persepolis au cinéma ?
Marjane Satrapi : Après la publication du livre aux Etats-Unis, j’ai reçu de nombreuses propositions d’adaptations cinématographiques qui étaient absolument loin d’être convaincantes. Pourtant ce projet me tentait. J’ai commencé à en parler avec Vincent Paronnaud, puis avec deux amis, futurs producteurs du film. On avait soudain la possibilité de faire un long métrage, tel qu’on le voulez et de la façon dont on le voulez, ce qui n’est pas une opportunité que l’on rencontre tous les jours. Donc on s’est dit on se jette à l’eau et puis on verra. Mais une fois à l’eau, on a su qu’on ne savait pas nager. Car on ne transpose pas Persepolis à l’écran en claquant des doigts. Il a fallu penser à une structure cinématographique et dramaturgique qui diffère de la BD. Dès lors, ce projet est devenu un défi artistique.

Rester dans l’animation et le N&B
Vincent Paronnaud : C’est un choix qui paraissait problématique, mais qui s’est vite révélé utile. Si le N&B, très usité dans le milieu indépendant, nous semblait normal, le choix de l’animation nous a permis de pouvoir errer dans des zones de rêves entre description du quotidien et scènes oniriques, tout en conservant une cohérence et une unité graphique.
Marjane Satrapi : Si on avait choisi de faire ce film en images réelles, nous aurions été contraint d’installer cette histoire dans un endroit géographique x. Ça aurait été au mieux une aventure ethnique, au pire tiers-mondiste. Nous aurions perdu alors l’universalité du propos. Notre satisfaction, c’est d’entendre les gens dire à la sortie du cinéma que le moment le plus exotique du film se passe à Vienne. Et pour cause, nous l’avons construit de cette façon là. Toute la partie en Iran est dépourvue d’orientalisme parce que justement nous voulions que l’exotisme soit à Vienne. Ce n’est pas un procès à l’Iran, mais un film humaniste.

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De l’indépendance au luxe
Vincent Paronnaud : Ce film, ont l’a fait comme un projet indépendant. C’est un super luxe ! C’est aussi pour cela qu’on peut revendiquer ce film et en parler avec aisance. Ici nous avons fait strictement ce que nous avons voulu. Alors underground ou pas, l’essentiel c’est d’être libre.
Marjane Satrapi : Nous avons été accompagné de gens qui ont crus en nous, à partir du moment où ils ont compris ce que nous voulions faire. Ils nous ont fait confiance. D’ailleurs, c’est le message du film : on a toujours le choix. Soit on nous laissait faire le film comme on l’entendait, soit on nous bridait et on arrêtait là le projet. L’important c’est de savoir ce qu’on veut dans la vie.

Un film politique
Vincent Paronnaud : L’art, c’est faire des choix. Actuellement on vit dans une période d’autocensure. Nous, on nous dit provocateur ou rebelle, mais l’époque est tellement molle que ce n’est pas difficile d’en avoir l’air.
Marjane Satrapi : C’est vrai, des fois on nous reproche d’aller dans la provocation en représentant Marjane qui fume tout le temps par exemple. Mais le simple fait de se poser cette question aurait été du révisionnisme ! Je fume, ce n’est pas de la provocation de le mettre. Ce qui est néfaste, c’est de suivre des idéologies. Avoir une pensée personnelle paraît tellement provocateur aujourd’hui !

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