Le cœur des hommes 2 (2007). Rencontre avec Marc Esposito.

octobre 22, 2007 at 2:26 2 commentaires

le-coeur-des-hommes-2.jpgComédie française

Réalisation : Marc Esposito
avec Bernard Campan, Gérard Darmon, Jean-Pierre Darroussin

Distribution : Pathé Distribution

Date de sortie : 24 Octobre 2007

Synopsis : Alex, Antoine, Jeff et Manu, quatre amis, quatre ans plus tard. Leurs rapports avec les femmes, leur amitié, leurs secrets partagés, leurs sentiments de culpabilité, leur volonté de changer, de s’améliorer…

Film sans audace ni surprise, Le cœur des hommes 2 se déguste sans ennuie mais sans saveur non plus. Seul les fans du premier volet retrouvons avec plaisir leurs quatre inséparables quadra, mollement ballottés par les femmes et les tumultes de la vie. Une suite voulue plus drôle par son réalisateur mais qui bien vite se teinte d’une douce mélancolie portée par la sublime musique de Cat Power.

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Vincent, François, Paul et les autres

Un film de génération
Marc Esposito : De génération, je ne sais pas, mais d’époque, oui. C’est vrai que si vous prenez Vincent, François, Paul et les autres de Claude Sautet, ce film montrait trois amis qui venaient d’à peu près la même classe sociale. Mais c’était il y a maintenant plus de 30 ans. C’est clair qu’ils avaient une façon d’avoir 40 et 50 ans qui n’est plus la même qu’aujourd’hui. Je pense que l’on vit dans un monde où les générations ne sont plus séparées. Moi j’ai 55 ans donc quand j’avais 10 ou 15 ans, les enfants ne mangeaient pas à la même table que les parents dès qu’il y avait des invités par exemple. On ne s’habillait pas dans les mêmes endroits, on n’écoutait pas la même musique, alors qu’aujourd’hui ma fille me pique mes disques, on va achèter nos fringues dans les mêmes magasins, on voit les mêmes films et on partage beaucoup de choses. Donc ça a entraîné une sorte de rajeunissement des adultes, malgré eux. Mais ce n’est pas du jeunisme. C’est juste qu’on baigne dans un univers qui est plus fait pour les jeunes qu’avant. Donc, ça crée une façon d’avoir 40 ou 50 ans qui est différente d’il y a quelques décennies.

Un film d’hommes
Marc Esposito : Le film parle d’un groupe de copains qui s’épaulent face aux difficultés de la vie. Quand ça fait 30 ans qu’on aime trois potes, ils finissent par prendre une très grande place dans votre vie, parce qu’ils étaient là quand vous avez eu votre premier enfant ou quand vous avez divorcé. Mais c’est vrai aussi que le temps qu’on passe avec ses potes, c’est du temps qu’on ne passe ni avec sa femme, ni avec ses enfants. Or, tout le monde réclame beaucoup d’amour. Là c’est quatre mecs qui essayent de concilier tout, d’avoir une vie amoureuse tout en ayant une vie au côté de leurs copains. Alors c’est vrai que le film montre beaucoup de moments où ils sont ensemble, mais si on regardait en détail leur emploi du temps, on verrait qu’ils ne se voient qu’une fois par semaine pour jouer au loto et une fois tous les 15 jours pour écrire leur dictionnaire. Je voulais montrer ici l’intimité des hommes dans une relation d’amitié. L’intimité des femmes, je ne me sens pas légitime donc je n’en parle pas.

Un film de retrouvailles
Bernard Campan : Dans la rue, on me disait souvent bravo pour Le cœur des hommes. Beaucoup d’hommes en particulier qui se sentaient très touchés par cette histoire d’amitié qui dure. Il y a vraiment eu quelque chose de fort. Et si je suis revenu à l’histoire c’est parce que j’avais envie de retrouver mes copains, mais aussi parce qu’il y a avait sur le papier la possibilité de faire vraiment un très bon 2. Si on avait estimé que le scénario n’était pas bon, on n’y serait pas allé.

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Un film pas comme les autres
Marc Lavoine : Ce n’est pas un film comme les autres, parce que c’est un film de retrouvailles, c’est un film d’équipe où tout le monde se retrouve. Les gens qui sont devant la caméra et ceux qui sont derrière aussi. Mais c’est aussi des retrouvailles avec notre public. Et Marc le dit souvent c’est un film très inspiré par des séries comme Friends par exemple ! D’ailleurs au début, on pensait faire de ce film une série télé. Là, cette idée est abandonnée, mais on se dirige peut être sur un projet d’adaptation théâtrale.

Le cœur des hommes 3
Marc Esposito : J’ai eu immédiatement le sentiment en racontant l’histoire de ces quatre personnages, qu’un seul film ne suffirait pas. D’ailleurs ce second volet, j’y pense depuis des années. J’ai en écris une première version, un peu moins d’un an après la sortie du 1. En revanche, la mise en chantier du 3 s’avère plus difficile à entreprendre. J’ai fait le 2 parce que je me sentais capable de faire mieux que le 1. Mais aujourd’hui, ça me fait un peu peur d’envisager un 3, même si je pense que je m’y collerai un jour. Je ne veux ni trahir mes personnages, ni devenir moraliste. Ce sont des freins à l’écriture d’un 3, que je n’avais pas pour le 2.

Une part d’improvisation
Bernard Campan : Marc Esposito a une vraie souplesse : il y a des choses qu’il ne veut pas qu’on touche à moins de le convainque du contraire, et il y en a d’autres sur lesquelles il dit allez y j’écoute et on discute.
Marc Esposito : Ce travail où les acteurs m’apportent des idées, il se fait en amont. On discute, on fait des lectures, mais après sur le plateau, il n’y a jamais d’improvisation. Tout est écrit avant.

Un éléphant ça trompe énormément me trottait dans la tête
Marc Esposito : Forcément que j’y pensais, mais j’avais quand même conscience de faire un film plus sérieux. Un éléphant ça trompe énormément ou Nous irons tous au paradis, ce sont des pures comédies de bout en bout. Mais c’était plus à titre de comparaison. Dans le 1, je râlais parce que je n’avais pas trouvé d’idée aussi forte et aussi drôle que Brasseur qui casse tout le restaurant en faisant l’aveugle. Donc dans le 2 je suis dit que ce serait bien de trouver un équivalent. Et donc dans celui-ci, il y a une ou deux scènes qui témoignent de l’envie de faire rire plus fort. Que se soit la scène des gifles, celle du doublage ou la croupière derrière le rideau, c’est des scènes plus comiques que ce qu’il y a avait dans le 1.

Des chansons plus qu’une musique originale
Marc Esposito : J’aime les chansons dans les films. Le cinéma américain le fait beaucoup. Je ne suis pas fanât des films où il n’y a que de la musique originale, c’est très français. Effectivement, Claude Sautet le faisait beaucoup notamment avec Philippe Sarde. Pourtant j’aime beaucoup Béatrice Thiriet, j’aime beaucoup son travail. Mais déjà, pour Dans la beauté du monde où elle avait composé une musique symphonique classique superbe, j’avais quand même mis beaucoup de chansons. Les chansons apportent du réalisme au film en intervenant dans toutes les scènes où on est censé en entendre dans la vie quotidienne. Quand Bernard Campan va chercher son fils, il écoute de la musique, donc il y a Mika. Ainsi, je cumule mon envie de réalisme et mon plaisir de spectateur.

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2 commentaires Add your own

  • 1. bonnot jpierre  |  février 20, 2009 à 11:29

    j ai super aimer ces 2 films ,des acteur trices formidable , bonne musiques etc etc ,et un bernard campan qui est sublime dans le 1

    Réponse
  • 2. Fayola  |  mai 23, 2010 à 8:22

    Je cherche le nom du restaurtant où « Darmon » a amené sa première épouse dans le coeur des hommes 2? C’est à vous!

    Réponse

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