Big City (2007). Rencontre avec Djamel Ben Salah.

décembre 12, 2007 at 1:17 Laisser un commentaire

big-city.jpgFilm français

Réalisation : Djamel Ben Salah
avec Vincent Valladon, Paolina Biguine, Jérémy Denisty

Distribution : Gaumont Distribution

Date de sortie : 12 Décembre 2007

Synopsis : Dans les années 1880, aux confins de l’Ouest américain, la petite ville de Big City attend l’arrivée d’une caravane de nouveaux immigrants. Hélas, la caravane est attaquée en chemin par les Indiens, et tous les adultes partent pour la défendre. Au matin, les enfants de Big City se réveillent avec pour seule compagnie adulte un vieil alcoolique et le débile du village.

Western factice pour cow-boys en culottes courtes, Big City ravira les petits et rassurera les plus grands par la seule présence d’Eddy Mitchell. Rêve pour les uns, cauchemar pour les autres, l’histoire navrante de cette ville livrée aux cris et coup bas d’une horde de bambins amusa autant qu’elle épuisa son réalisateur Djamel Ben Salah.

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Au Bonheur des ogres

D’où vient l’idée de Big City ?
Il y a 5 ou 6 ans, j’étais en repérage aux Etats Unis, et j’ai traversais une ville de l’Idaho où il n’y avait que des petits cow-boys. J’ai mis si longtemps à croiser des adultes que j’ai cru me retrouver dans un village d’enfants. Je m’étais alors dit que ce serait drôle de faire un film avec comme postulat de départ une ville gérée par des mômes.

Est-il plus difficile de tourner avec des enfants ?
C’est une entreprise périlleuse dont on ne mesure pas les difficultés avant de tourner. Même si tout c’est très bien passé je ne suis pas prêt de le refaire. Il y avait plus de 70 gamins sur le film pendant les 6 mois de tournage. La moitié devant être scolarisée par nos soins. On a donc récréé une école allant du CP à la Seconde. Derrière chaque enfant sur le plateau il y avait 5 personnes chargées de s’occuper d’eux. C’était une intendance absolument spectaculaire. J’en sors épuisé parce que c’est un travail lourd où l’on met deux fois plus de temps à faire les choses. Mais au final, je suis content d’avoir relevé ce pari parce que c’est trois fois plus de bonheur et un souvenir éternel : celui d’avoir réalisé un western en France avec une génération de comédiens qui fera partie du cinéma de demain.

Quelles sont les spécificités d’un tel tournage ?
Il faut être humble. Ils sont le moteur de l’histoire, donc on doit se plier à leurs exigences et à leurs façons de fonctionner. Ce qui détermine les mouvements de caméras, la mise en scène, c’est leur forme et leurs envies. Mais tourner avec des enfants, c’est aussi avoir affaire à des situations inattendues comme des comédiens qui muent ou perdent leurs dents de lait pendant le tournage. Des problèmes anodins aux conséquences graves quand le principe du cinéma est de tout tourner à l’envers.

Comment s’est déroulé le casting des indiens ?
Au départ je cherchais de vrais indiens, et un jour Samy Seghir a poussé ma porte. Mais je voulais faire un western, pas un autre film avec un petit arabe. Je lui ai quand même fait passer des essais et tout a changé. Je me suis dit finalement que le territoire indien dans l’Amérique d’hier, c’est la banlieue d’aujourd’hui. Du coup, la rivière maudite qui sépare Big City est devenue le périphérique et le territoire indien, la banlieue. Samy est donc devenu le chef indien et mon casting s’est complètement métissé.

Un film engagé ?
Si vous sortez du film en ayant appris des choses, c’est qu’il est un peu pédagogique, maintenant, ce n’est pas un film engagé, c’est un film d’éveil. J’avais envie de faire un film qui ne soit pas naïf parce que j’en ai assez qu’on prenne les enfants pour des imbéciles. Ils sont beaucoup plus alertes, plus éveillés sur le monde qu’on ne le pense. Le racisme et l’exclusion, ils le comprennent. Mais je voulais avant tout faire un spectacle populaire et divertissant. On rit, on pleure et on aime. Donc j’espère qu’ils amuseront autant qu’ils s’instruiront.

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