Astérix aux Jeux Olympiques : Frédéric Forestier et Thomas Langmann (2007). Rencontre avec Thomas Langmann, Alain Delon et Gérard Depardieu.

janvier 29, 2008 at 8:33 Laisser un commentaire

asteraffiche.jpgComédie française

Réalisation : Frédéric Forestier et Thomas Langmann
avec Alain Delon, Gérard Depardieu, Benoît Poelvoorde, Clovis Cornillac …

Distribution : Pathé Distribution

Date de sortie : 30 janvier 2008

Synopsis : Pour remporter les Jeux Olympiques et permettre au jeune Alafolix (Stéphane Rousseau) d’épouser la Princesse Irina, Astérix et Obélix devront affronter le machiavélique Brutus, fils de César, au cours d’une Olympiade

Dotée d’un budget pharaonique de 78 millions d’euros, cette superproduction montre des faiblesses scénaristiques vite compensées par un casting olympien justifiant à lui seul l’intérêt du film. Porté à bout de bras par Delon, Poelvoorde, Depardieu ou Cornillac, ce divertissement promet un coup de fouet au cinéma français. Rencontre avec les médaillés de cette course folle.

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De l’or en Barres !

Pourquoi avoir choisi d’adapter cet album d’Astérix au cinéma ?
Thomas Langmann : Parce que c’est l’aventure la plus visuelle, la plus spectaculaire donc la plus cinématographique. Quant au thème des J.O., il nous permettait de nous entourer d’acteurs différents, majoritairement européens, et donc de nous adresser à un public le plus large possible. Il y a donc une volonté que proposer un humour plus universel.

Vous avis pris quelques libertés avec la BD ?
Thomas Langmann : Il m’a été impossible de représenter l’ensemble du village gaulois se rendant aux J.O., au risque de rendre le film incompréhensible. En revanche, je voulais absolument qu’il y ait une histoire d’amour, pour casser le caractère trop masculin de cette aventure. Quant à la course de char, moment d’anthologie de cet opus, si elle fait bien sur référence à Ben-Hur, elle constitue un clin d’œil à deux autres albums : le Chaudron et Astérix gladiateur. J’ai vraiment cherché à me rapprocher de l’esprit de la BD.

Quelles sont les différences Clavier/Cornillac dans l’incarnation d’Astérix ?
Gérard Depardieu : Clovis est un acteur qui va chercher la gestuel, le trait. C’est un artisan. Avec Clavier, l’excitation est différente. C’est un très bon acteur mais dans un autre registre. Il fait partie d’une autre école, celle du groupe comme le café théâtre.
Clovis Cornillac : J’ai fait une proposition plus basée sur le dessin. Pour moi, Astérix est un personnage enfantin, un peu ennuyeux pour les adultes. Il n’est pas drôle, il n’a pas cette fonction là. Je pense qu’avec Obélix, il ne sont qu’un seul et même personnage : une caricature du français.

Quelle est la part d’improvisation du film ?
Gérard Depardieu : Pour moi personnellement c’est écrit, j’ai horreur de l’improvisation je m’y perd.
Delon : Pour moi, pareil !
Thomas Langmann : Pour Alexandre Astier, il n’y avait rien d’écrit parce qu’on savait qu’avec lui il n’y avait pas besoin de dialogues, il improvise. Avec Frédéric, on est des grands fan de Kamelot et on trouve qu’il a un humour à part et bien à lui qui pouvait apporter un plus au film. Donc on c’est lui qui est le père de tous ces dialogues.
Alexandre Astier : Benoît Poelvoorde marche à cela aussi. Donc c’était très agréable de chercher avec Benoît ce que l’on allait faire.

Pourquoi avoir décidé de placer les vedettes du sport à la fin du film plutôt que de les intégrer au récit ?
Thomas Langmann : Dans le scénario, ils était intégrés à l’histoire, malheureusement pour des questions d’emploi du temps ça n’a pas été possible. Ceci dit, les personnages de Schumacher et jean Todt arrivent plus tôt. Malheureusement, lorsque nous tournions, Zidane participait à la coupe du monde, par exemple. Ce n’était pas simple de réunir ces sportifs. On a donc préféré les réunir en tant que guest dans le banquet final, plan de conclusion de tous les Astérix. Beaucoup sont venus d’ailleurs venus parce qu’ils sont fans d’Astérix et grands amis d’Uderzo. Mais, aucun des ces sportifs, et là je dois insister, n’a été payé. Ils intervenaient comme représentants d’associations exceptionnelles comme ICM (institut du cerveau et de la moelle épinière) pour Schumacher ou Ela pour Zidane.

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Comment avoir convaincu Albert Uderzo de vous rejoindre ?
Thomas Langmann : Je pense que le scripte et la manière dont on lui a présenté le projet ont joué. L’idée du couple César/Brutus interprétée par Delon/Poelvoorde l’a immédiatement intrigué. Si on arrivait à réunir ces conditions et à tomber d’accord sur un Astérix commun, il était partant. Comme nous avons eu la chance qu’Alain Delon donne son accord, Uderzo s’est laissé convaincre.

Alain Delon, pourquoi avoir accepté ce rôle ?
Alain Delon : Tout est partie de la cette première scène du scénario. Je l’ai lu et j’ai tout de suite accepté de jouer César. Ce court monologue plein d’autodérision sur mon passé cinématographique, porté par une réinterprétation du thème du Clan des sicilien, en compagnie d’un véritable guépard trônant à mes pieds, m’a immédiatement séduit. Je me suis glissé dans ce rôle comme dans un costume.

Vous avez eu des mots très durs pour le cinéma français, avant de vous retirer, il y a maintenant 10 ans !
Alain Delon : J’ai dit qu’à mon sens, le cinéma français comme le cinéma italien n’existait plus dans son entité. Qu’il y avait des personnalités mais que ça ne faisait pas un cinéma national. J’ai donc quitté le cinéma en disant que je serais toujours à la disposition de Besson, Polanski ou Spielberg s’ils le voulaient et c’est Langmann qui est arrivé.

Quel regard portez vous, monsieur Alain Delon, sur ces nouvelles technologies du cinéma comme le fond bleu ?
Alain Delon : Ça me dépasse. Je regarde cela avec des yeux ronds. C’est comme de voir ma fille avec son ordinateur, voyez-vous ? C’est un autre cinéma, c’est une autre époque, c’est une autre méthode, c’est une autre technique. Donc je m’en sers, j’en profite, mais ça me surprend terriblement. Pour moi, c’est nouveau ! Je me suis retrouvé, si vous voulez, m’exprimant devant 20 000 personnes dans ce film, alors qu’en réalité il n’y en avait que 200. Ça c’est extraordinaire quand vous voyez le résultat après. Je dois dire que c’est fabuleux !

Vous aimez la comédie ?
Alain Delon : Je crois plutôt que c’est la comédie qui ne m’aime pas ! J’ai en fait trois, me semble t-il, dans ma vie : il y a eu ce film, Une autre histoire et Doucement les basses avec le regretté Jacques Deray. C’est à peu près tout ce que j’ai fait. Mais l’explication de cette situation est simple, et je l’ai expliqué mainte fois. C’est l’histoire de ce train qui entre en gare ; 2 têtes passent à sa porte, Belmondo et Delon. Quand Belmondo passe la tête, tout le monde rigole, quand je passe la mienne personne ne rie. Donc je n’ai pas fait de comédie ! Mais je ne regrette rien, ce n’était pas vraiment mon truc ! Ça l’ai peut être plus maintenant !

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Soyons clairs, Astérix aux Jeux Olympiques n’est pas un grand film. Personne ne peut attendre cela d’une telle superproduction. Il s’agit d’un divertissement très grand public comme on a coutume de le présenter de façon cynique, ouvertement destiné à un jeune public, doté d’un budget colossal certes, mais d’un scénario bâclé. Je crois que c’est le problème de ce film : son humour est poussif, les mots ne claquent pas et l’auto parodie prime. En déficit d’idées, les gags s’enchaînent sans rythme et sans grande recherche, et ceux malgré de vrais effets spéciaux réussis mais déjà vus. L’essence de cette aventure repose plutôt sur son casting improbable et disproportionné. Des acteurs, des show man, des stars se disputent la vedette, jouent des coudes pour briller à l’écran, et rattraper les faiblesses de l’histoire. Certains avec plus de classe que d’autres. Ainsi le duo Poelvoorde / Delon, impeccable et jouissif réussit presque à repousser au second plan le couple fondateur Astérix et Obélix. Une gageure, puisque la bonne surprise, l’idée salutaire de ce projet consistant à pousser du pied l’insupportable Christian Clavier, se révèle des plus judicieuse. Moins gesticulant, moins braillard que son homologue, Clovis Cornillac compose un Astérix aussi exaspérant et fiers que le personnage de BD. Une sucrerie quelque peu indigeste qui devient tout bonnement écœurante avec le défilé final grotesque d’une pléiade de sportifs et de people en goguette.

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