Les Femmes de l’ombre (2008). Rencontre avec Jean-Paul Salomé.

mars 9, 2008 at 8:51 Laisser un commentaire

femmes1.jpg Film français

Réalisation : Jean-Paul Salomé
avec Sophie Marceau, Julie Depardieu, Marie Gillain

Distribution : TFM Distribution

Date de sortie : 5 mars 2008

Synopsis : Engagée dans la Résistance française, Louise s’enfuit à Londres après l’assassinat de son mari. Elle est recrutée par le SOE, un service secret de renseignement et de sabotage piloté par Churchill. Dans l’urgence, on lui confie sa première mission, l’exfiltration d’un agent britannique tombé aux mains des allemands alors qu’il préparait le débarquement sur les plages normandes. L’homme n’a pas encore parlé mais le temps presse. Louise doit d’abord constituer un commando de cinq femmes spécialement choisies pour les besoins de l’opération.

Jean-Paul Salomé a choisi de sortir de l’ombre une page oubliée de notre histoire : l’engagement des femmes dans la Résistance. Malheureusement, son souci du détail historique quelque peu approximatif et son casting improbable, donne plus à ce beau projet l’apparence d’un énergique divertissement de série B, qu’un film de guerre rigoureux.

Héroïnes de pacotilles

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Pourquoi revenir sur cette période ?
Jean-Paul Salomé : C’est en lisant un article du Times à Londres, sur l’histoire Lise Villameur qui venait de décéder à 98 ans. J’ai été intrigué par la présence de résistantes françaises dans un service secret crée par Churchill et j’ai rencontré Olivier Wieviorka, historien spécialiste de la seconde Guerre Mondiale, pour qu’il me guide dans mes recherches. Ces femmes n’ont pas tiré parti de cet engagement patriotique, contrairement à beaucoup d’hommes, pour leur vie professionnelle, sociale ou politique. A la libération, De Gaulle ne voulait pas mettre en avant les agents ayant travaillé pour les anglais. Pour ces femmes, la page était tournée : elles avaient fait leur devoir et la vie normale reprenait le dessus.

C’est pourtant une fiction…
Jean-Paul Salomé : Il n’existe pas de biographie officielle, c’est donc une invention, mais bâtie sous l’œil de l’historien à partir d’éléments qui ont vraiment existé. Louise, le personnage de Sophie Marceau s’inspire de Lise Villameur qui a bien rejoint son frère en Angleterre et Gaëlle Lemenech, le personnage de Deborah François, d’une jeune bertonne devenue spécialiste des explosifs à Londres. J’ai choisi le cadre cinématographique du polar pour éviter le chronique des années de guerre.

Pourquoi proposer une mise en scène si classique ?
Jean-Paul Salomé : On a revu les films qui continuent de nous marquer avec la même intensité malgré l’épreuve du temps : Lacombe Lucien et Au revoir les enfants de Louis Malle, L’Armée des Ombres de Melville, Mr Klein de Losey ou Le bon et les méchants de Lelouch. Et on a conclu que c’était leur forme classique qui faisait leur force et leur charme. J’ai donc choisi d’être le plus précis possible et le plus rigoureux pour les coiffures, les costumes ou les couleurs. Et bien évidemment j’ai mis un point d’honneur à tourner à Paris et dans des décors naturels.

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Comment avez- vous établi le casting ?
Jean-Paul Salomé : Avec Laurent Vachaud, on a écrit le scénario en ne pensant qu’à des comédiennes disparues comme Simone Signoret ou Ginette Leclerc. C’est assez étrange j’en convient (rires). Puis on s’est attaqué au véritable casting du commando, un peu comme l’a fait le colonel Buckmaster, responsable du réseau à Londres dans le film. Le voulais des comédiennes qui n’avaient jamais tournées ensemble, aux filmographies et caractères différents pour les faire ressortir à l’écran. Mais je voulais aussi une pointe de réalisme. Les allemands et les anglais devaient ainsi parler leur langue entre eux. Je suis donc allé faire les castings dans les pays concernés. Moritz Bleibtreu, acteur de cinéma et de théâtre très connu en Allemagne, m’a dit qu’il savait qu’un jour ou l’autre on lui proposerai d’interpréter un nazi et que, quitte à l’accepter, il préférait que ce soit celui-là. Il est d’ailleurs ici remarquable. Aujourd’hui, le temps a passé et le cinéma peut montrer des personnages plus nuancés.

A quel public s’adresse votre film ?
Jean-Paul Salomé : Je voulais montrer à ceux qui n’ont pas connu la guerre les raisons de l’engagement dans la résistance. Par conviction religieuse par exemple. Même si le pape de l’époque ne condamnait pas les théories nazie et le fascisme, beaucoup de catholiques ont pris le maquis avec les communistes.

 

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Une rencontre diffusée le 05 mars, à télécharger ici.

[En cliquant sur ce lien, une page Internet MegaUpload s’ouvrira. Entrez les lettres dans la case correspondante, puis faites OK. Ensuite il faut patienter quelques secondes (le temps du décompte. Puis cliquez sur download, et choisissez l’emplacement du fichier mp3 sur votre disque dur.]

Bonne écoute !

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