L’Occitanienne : Jean Périssé (2008)

mars 19, 2008 at 10:52 Laisser un commentaire

loccianienne.jpgFilm français

Réalisation : Jean Périssé
avec Bernard Le Coq, Valentine Teisseire, Roger Souza

Distribution : Artédis

Date de sortie : 19 mars 2008

Synopsis : 1829, Cauterets, à la haute époque du pyrénéisme naissant, l’écrivain René de Chateaubriand vieillissant rencontre la jeune Léontine de Villeneuve, de 40 ans sa cadette.

Pour son premier long métrage, Jean Périssé adapte avec audace et romantisme un cours chapitre des Mémoires d’outre-tombe : le dernier amour de Chateaubriand pour une jeune aristocrate toulousaine. Sa réalisation soignée, sa mise en scène appliquée et son interprétation brillante font de ce marivaudage un instant délicieux.

loccianienne-1.jpg

Mémoires d’une jeune fille rangée

Auteurs de nombreux courts métrages, scénariste, réalisateur pour la télévision, Jean Périssé est passionné de cyclisme et fasciné par les Pyrénées. De grands espaces auxquels il consacra de nombreux documentaires et à qui il donna une place centrale dans L’Occitanienne, pari fou de porter à l’écran le dénouement d’une histoire d’amour épistolaire entre l’écrivain séducteur vieillissant René de Chateaubriand et la jeune Léontine de Villeneuve, enflammée de passion pour le grand homme. 1829, en pleine époque du pyrénéisme naissant, les deux amants se rencontrent furtivement, à Cauterets, après deux années de correspondance. Réunis au cœur d’un immense hôtel du bout du monde, balayé par les vents et déserté par les curistes, ce couple se découvre sous les yeux bienveillants d’un maître d’hôtel, poète dans l’âme. Une nuit qui bouleversa la jeune fille mais ne constitua qu’une quinzaine de lignes assez vagues dans l’oeuvre autobiographique de l’écrivain : Mémoires d’outre-tombe. Profondément blessée à la lecture du simple entrefilet qu’il accorda à leur relation, Léontine de Villeneuve n’aura de cesse de sortir de l’anonymat en révélant la véritable identité de l’Occitanienne. C’est l’histoire de cette nuit à Cauterets qu’Alain Paraillous a imaginé et que Jean Périssé vient de réaliser.

L’amour passion
D’une grande maîtrise, d’une belle intelligence, L’Occitanienne est un film doux, économe et élégant. Le peu y est magnifié. De superbes plans de nature pyrénéenne, véritables poumons du film alternent avec le huit clos de l’hôtel. Un intérieur vaste et raffiné construit avec minutie dans lequel évoluent seulement trois personnages bercés par la musique de Schubert. A commencer par Bernard Le Coq qui donne merveilleusement vie à un Chateaubriand au regard scrutateur, obsédé par l’empreinte du temps sur son corps et soucieux de plaire, partagé entre le désir et l’ennuie. Face à lui une talentueuse inconnue : Valentine Teisseire campe un personnage féminin obstiné, dévoré par une passion et un désir né des mots qui lui furent adressé. L’adoration qu’elle voue à l’écrivain est aussi puissante et dévastatrice que ces torrents de montagnes qui rythment le film. C’est d’ailleurs elle qui mène ce jeu amoureux. Mais face à la force des sentiments en présences, auxquels la nature fait écho, le maître d’hôtel : Roger Souza tient la barre. Du haut de son accent, il se pose comme témoin voyeur bienveillant et veilleur de nuit, éclairant de son bon sens cette rencontre entre un homme âgé et cette ardente jeune femme. Une longue nuit pudique et électrique qui nous laisse, à l’aube, mélancoliques.

Publicités

Entry filed under: Cinéma français, Critique. Tags: , , , , , .

Il y a longtemps que je t’aime (2008). Rencontre avec Philippe Claudel. Crimes à Oxford (2008). Rencontre avec Alex de la Iglesia.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Trackback this post  |  Subscribe to the comments via RSS Feed


Archives


%d blogueurs aiment cette page :