13e Festival Cinespana 2008

octobre 1, 2008 at 10:31 Laisser un commentaire

Du 3 au 12 Octobre 2008, Toulouse et Midi-Pyrénées deviennent terre d’accueil du cinéma espagnol pour la 13ème année. En attendant que les salles obscures ouvrent leurs portes, posons un regard sur le présent et le passé de Cinespana, en compagnie de son attachante ex-présidente : Vida Zabraniecki.

Un lugar en ciné

Votre arrivée à Cinespana ?
Vida Zabraniecki : Le festival a été initié par Bernard Durant mais je ne n’y suis entrée que pendant la présidence d’Antoine Jaime. J’ai été présidente pendant 4 ans, avant de laisser, cette année, ce poste entre les excellentes mains de Françoise Palmerio-Vielmas, vice présidente ces trois dernières années, donc tout à fait au fait du festival.

Pourquoi décider de passer le relais cette année ?
Vida Zabraniecki : Et bien parce que je crois qu’il y a un temps pour tout, que il est bon qu’il y ait un peu de changement dans la continuité si j’ose risquer cette phrase un peu galvaudée. Et puis c’est un travail lourd, et j’avais très envie de me consacrer un peu plus au volet Espagne et au volet invités du festival.

Pourquoi avoir posé vos valises à Cinespana ?
Vida Zabraniecki : C’est un : pour mon amour de l’Espagne, très profond étant données mes racines espagnoles : je suis fille d’exilés républicains espagnols, arrivée en France à l’âge d’un an en 1939 et devenue française de cœur, d’esprit, de mariage et de maternité. Ce sont donc des racines culturelles et affectives qui me sont très chères et un heureux métissage de nos deux cultures.
Et deux : ma passion du cinéma. Vous savez, j’appartiens à une génération très « cinéma paradiso » donc là il s’est trouvé que les deux y étaient mêlés pour ma plus grande joie.

Est-ce que des choses vont changer cette année ?
Vida Zabraniecki : Peut être, mais je suis persuadée que la structure ne changera pas. C’est-à-dire une compétition avec des jurys professionnels, une caution professionnelle des prix décernés, un panorama qui permettra de découvrir les films inédits récents, des courts métrages, des documentaires et bien sûr, ce qui continuera à tout jamais j’espère, la convivialité et la chaleur de l’accueil.

La compétition c’est important ?
Vida Zabraniecki : Lorsque j’étais aux côtés d’Antoine Jaime, la compétition nous semblait, et elle l’est restée, une nécessité pour qui se veut un festival. C’est aussi la reconnaissance des institutions, puisque le prix du meilleur film, la violette d’or, est doté, par la ville de Toulouse d’un prix de 7500 € pour le réalisateur. Il y a également un prix du meilleur court métrage doté de 6000 € par le Conseil Régional de Midi Pyrénées.

C’est fondamentale d’aller de l’avant en aidant la jeune génération de réalisateurs et d’acteurs ?
Vida Zabraniecki : C’est une politique qui m’a été très chère et qui va se poursuivre. Il fallait trouver un équilibre entre rendre hommage aux talents confirmés, les faire découvrir et donner absolument leur chance aux jeunes. Le cinéma comme tout art vivant, et comme toute culture profonde, est en perpétuel renouveau, certes en se nourrissant du passé mais aussi en allant toujours de l’avant. D’où la nécessité de présenter jeunes créateurs et talents affirmés.

Pourquoi demander à Jorge Semprun d’être parrain du festival ?
Vida Zabraniecki : Je suis très heureuse que Jorge Semprun nous fait la d’être notre parrain depuis que j’ai pris la présidence. En dehors des qualités intellectuelles qui ne sont plus à dire, puisqu’il est un écrivain aussi reconnu en Espagne qu’en France, il a eu un parcours personnel absolument fascinant, sans doute plus fascinant que tous ces livres. Il a eut des responsabilités très lourdes dans la clandestinité, il a été ministre de la culture et je crois vraiment que rien ne pouvait symboliser plus notre désir profond d’union entre nos deux pays que cet homme qui est la passerelle idéale entre l’histoire et la France.

Vous avez eu des coups cœur sur ce festival ?
Vida Zabraniecki : Oui, j’en ai eu, mais je me garderai bien de les citer parce que ce serait désobligeant pour d’autres. Mais j’en ai eu et ils sont relativement bien partagés puisqu’il y a des premiers longs métrages et des films de metteurs en scènes reconnus, voire très reconnus.

C’est donc un cinéma bien vivant et plein de surprises ?
Vida Zabraniecki : Oui, le cinéma espagnol me semble t-il a une profonde richesse qui tient à cette inter génération ou l’on a des messieurs de 70 ans ou plus et des tout jeunes de 26 ou 27 ans avec des regards sur la vie forcément différents, parfois complémentaires, parfois divergents. Et puis peut être aussi parce que l’Espagne est un pays divers par sa géographie et sa constitution politique et que peut être chaque autonomie apporte effectivement un petit supplément d’âme à sa production.

La télévision, principal financeur du cinéma, à souvent nuit à sa créativité. Est-ce qu’aujourd’hui cette phase s’est dissipée pour laisser apparaître un cinéma nouveau ?
Vida Zabraniecki : On voit beaucoup de film, on ne peut pas nier l’influence de la télé ou des téléfilms. C’est d’autant plus vrai que le financement d’un film est de plus en plus difficile. Très souvent la télé aide à la production. Mais c’est tout aussi vrai en France, même si la nouvelle loi sur le cinéma espagnol est un peu moins protectrice que celle que nous avons en France. Après, il faut le dire, il y a de l’originalité, de la personnalité et de la passion dans le cinéma espagnol récent.

Quelle est la communauté mise à l’honneur cette année ?
Vida Zabraniecki : L’Andalousie, avec une journée consacrée à sa production cinématographique et un stand touristique pour découvrir les charmes de cette région mythique. C’est une merveille de synthèse culturelle, de patrimoine architectural où j’espère nous y puiserons des rêves, des nostalgies. Il faut voir cette Andalousie profonde si riche, si sensuelle et si loin des topiques traditionnels du flamenco et des castagnettes.

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Faubourg 36 (2008). Rencontre avec Christophe Barratier. Séraphine (2008). Rencontre avec Martin Provost.

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