Frédéric Bézian invité d’honneur de la 22e édition du festival de la BD de Colomiers – 21 au 23 nov. 2008

novembre 17, 2008 at 1:05 Laisser un commentaire

En donnant carte blanche à Frédéric Bézian pour sa 22ème édition, le festival de Colomiers impose, du la BD comme un art d’ouverture et de création.

colomiers-2008

Zéro de conduite

Etre invité d’honneur, c’est quoi ?bezian4
Frédéric Bézian : J’ai réalisé l’affiche, conçu une exposition, imaginé le sujet du concours jeunes talents dont j’étais président du jury et enfin j’ai eu l’honneur d’inviter 5 intervenants. Je le vis comme une reconnaissance, au moins au niveau régional. Je ne suis pas une star. On sait à peu près qui je suis depuis 25 ans que je fais ce boulot, mais ça ne fait que 4 ans que je vis de mon métier, avec un orteil dans la BD et un autre dans l’animation.

Deux invités BD et une réalisatrice ?
Frédéric Bézian : J’ai invité Jean Christophe Menu en tant que fondateur et rédacteur en chef de la défunte revue L’Eprouvette, qui avec 3 numéros de 300 pages, représente un boulot salutaire. Je fais parti de ceux qui attendaient ça depuis longtemps et qui espèrent des repousses. Car L’Eprouvette établissait des ponts entre la BD et pas mal d’autres choses, avec un maître mot celui de la politique d’auteurs. On va donc ranimer la flamme. Le second, François Ayroles c’est un copain dont j’aime le travail qui fourmille de petites pratiques issues de l’Oubapo. Quant à Bénédicte Galup, elle a coréalisé Kirikou et les bêtes sauvages. Son court métrage La Clé, sera diffusé en avant première. Il est produit par la Fabrique, la boîte de Laguionie qui est plus connu au cinéma comme réalisateur du Château des singes ou plus récemment de L’île de Black Mor. Mais on sait moins que son studio a beaucoup travaillé pour la télé avec notamment l’adaptation des Jules Vernes, et qu’une bonne partie de sketches de ce qui s’est appelé plus tard Princes et princesses de Michel Ocelot ont été réalisés à l’époque pour la télé à la Fabrique.

Noël Simsolo, cinéphile, un moyen d’ouvrir la BD ?bezian
Frédéric Bézian : On s’est rencontré il y a pas mal d’années sur un tournage qui avait lieu à Revel. C’est un amateur de BD, je m’estime cinéphile, on a donc rapidement trouvé un terrain d’entende. On a collaboré ensemble sur Ne touchez à rien dont il a écrit le scénario. C’était amusant d’inviter quelqu’un comme lui qui a des orteils dans le cinéma, le polar, la littérature ou la comédie. On va pouvoir parler des ponts que l’on peut établir ou pas, entre ces domaines artistiques.

Une création de Sayag Jazz Machine ?
Frédéric Bézian : Cette formation musicale a eu l’idée donquichottesque de flasher sur mon dernier album Les garde-fous pour en faire une transposition scénique. Il était évidant que je ne voulais pas d’un défilé de diapositives avec de la musique. Ce qui m’intéressait c’est qu’ils créent un objet nouveau à partir de l’album, quitte à y imprimer un autre rythme ou à révéler ce qui est sous entendu dans le bouquin. La Cave à Jazz présentera, en exclusivité, les 20 premières minutes de ce projet inachevé.

Vous les laisser s’approprier votre œuvre ?bezian2
Frédéric Bézian : C’est ce qui m’intéresse. Une adaptation servile est intitule. C’est ma façon de concevoir la BD ou le cinéma. C’est à dire que quelque soit le medium choisi, ce qui me plait, c’est de l’utiliser de telle façon qu’il soit inutilisable autrement. En BD, c’est pouvoir se servir de toutes ses techniques pour que l’album ne soit pas transposable au cinéma. A la limite, un album qui est transposable au cinéma, pour moi, il raté son but. Et inversement d’ailleurs !

Une affiche sous le signe du dessin ?
Frédéric Bézian : Dans la mesure où l’accent était porté sur le côté auteur, j’ai joué sur un personnage unique qui écrit aussi bien qu’il dessine. Lui-même est un dessin à plusieurs factures, puisque ces pieds ont l’air inachevés mais on garde la matière du pinceau. Pour moi, la BD est le domaine du trait, pas de la masse. Je voulais garder le côté le côté artificiel et ne pas faire l’habituel photo de groupe de héros de BD.

Vous vous définiriez comme un auteur de BD engagé ?
Frédéric Bézian : J’essaye d’être relativement libre dans ce milieu qui est connu pour faire un travail très codifié. Mon idole au cinéma c’est Jean Vigo. Je ne peux pas dire que je suis un copier/coller de Jean Vigo, mais j’envie et j’admire sa liberté même s’il l’a payé chère. Il prend son art à bras le corps et la poésie qui s’en dégage force mon admiration. C’est ce que j’aimerais appliquer en BD.

la-belle-vie

Vous arrivez à vivre de votre art ?
Frédéric Bézian : Comme disait Léo Ferrer : « Quand on travail comme on veut, on gagne comme on peut ». Il se trouve que j’ai fait ça de façon assez psychorigide pendant longtemps. J’en ai souffert, mais sans vraiment m’en rendre compte. C’est-à-dire que c’était assez dur et le peu de retours que j’avais me faisait rapidement penser au complot mondial (rires). Or, il se trouve que l’age venant ou la maturité aidant, je vois les choses un peu plus sainement. D’autant plus qu’aujourd’hui on m’appelle plus, notamment pour travailler sur un dessin animé, puis un autre. Petit à petit des éditeurs en viennent à me payer normalement tout en me laissant plus de liberté. J’ai 48 ans et depuis 3 à 4 ans, ça se passe très bien. Mais, je dois reconnaître que cela ne fait que 3 ou 4 ans que je vis de mon métier. Mais j’y arrive avec un orteil dans la BD et un autre dans le dessin animé. J’ai d’autant plus de chance que pour le dessin animé on est venu me chercher. Je suis béni des dieux!

Portrait Frédéric Bézian :
Humble et discret, Frédéric Bézian est connu pour son trait hachuré, son goût pour le fantastique et l’étrange. Né à Revel, il participe à divers fanzines avant de se lancer dans la BD. 1er album en 1982. 1989, la série Adam Sarlech débute et lui apporte une notoriété. Puis il découvre l’animation, et publie Ne touchez à rien et Les Garde-fous. Pianiste, il accompagne de nombreux films et collabore depuis 1986 avec la Cinémathèque de Toulouse.
A paraître : le 19 novembre, La belle vie (Delcourt), mise en forme de notes sur des choses entendues, vues ou vécues dans le métro ou à la maison.

Les points forts du festival :
Vendredi 21
9h30 – Rencontre avec Benjamin, maîtres de la nouvelle BD chinoise, et trophée prix lycéen de la BD

Samedi 22
10h30 – Corrigé collectif du concours BD jeunes talents
14h00 – Rencontre avec Bénédicte Galup
17h00 – Rencontre avec Noël Simsolo
21h00 – Nuit de la BD au cinéma
23h00 – Concert Sayag Jazz Machine

Dimanche 23
15h00 – Rencontre avec Jean Christophe Menu
16h30 – Rencontre avec François Ayroles

Tarifs : 3€, 5€ pass 3 jours, gratuit -16 ans

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Vilaine : Jean-Patrick Benes & Allan Mauduit (2008). Rencontre avec Jean-Patrick Benes et Marilou Berry. J’irai dormir à Hollywood (2008). Rencontre avec Antoine de Maximy.

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