Aide-toi le ciel t’aidera (2008). Rencontre avec François Dupeyron.

novembre 24, 2008 at 11:04 Laisser un commentaire

aide-1Comédie française

Réalisation : François Dupeyron
avec Felicite Wouassi, Claude Rich, Elisabeth Oppong

Date de sortie : 26 Novembre 2008

Distribution : ARP Sélection

Synopsis : Sonia, jolie black, mariée, quatre enfants, est aide familiale dans sa cité. Le jour où elle marie sa fille, le ciel lui tombe sur la tête. Robert, son voisin de palier octogénaire, est son seul recours. Plus blanc que lui, difficile de trouver. Plus serviable non plus, d’ailleurs… Mais dans la vie rien n’est gratuit. Sauf le hasard, si on sait en profiter. Aide-toi, le ciel t’aidera…

Avec Aide toi le ciel t’aidera, comédie rocambolesque et grinçante, François Dupeyron bouleverse les tabous d’une société française idéalisée, en focalisant son récit sur la vie quotidienne d’une famille noire. S’il évite les clichés, l’excès de bons sentiments l’amène au final à poser un regard trop paternaliste sur cette communauté. Rencontre avec son réalisateur.

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Black mic-mac

Pourquoi écrire cette histoire ?
François Dupeyron : Au début il y a eu la canicule de 2003, avec ce nombre incroyable de décès de personnes âgée survenu dans l’indifférence générale des pouvoirs publiques. Il y a eu 14 000 morts. Ça en fait des vieux auxquels on s’est intéressé un peu trop tard ! Et dans un autre contexte, il y a eu l’arrivée d’Harry Roselmack sur le journal télévisé de TF1. Pour moi ça venue me semblait naturelle. Mais quand j’ai vu que ça devenait une affaire d’Etat, j’ai eu peur. Quand j’ai entendu les réactions que pouvaient susciter l’arrivée d’une personne de couleur derrière le petit écran, je me suis rappelé qu’on était encore en France et que ces changements de mentalité allaient prendre des années. Du coup j’ai ténu à faire ce film pour montrer que le visage de la France avait changé.

Un film sur la banlieue ?
François Dupeyron : Je ne voulais pas faire un film sur la banlieue, mais sur une famille noire qui vit en banlieue, pendant la canicule. C’est Grand Corps Malade qui le premier m’a fait remarquer cette nuance. Elle est très importante, car je suis certain que si j’avais choisi de faire un film sur une cité, je n’aurai montré que des clichés. Là, je me contente de suivre mes personnages, de les voir évoluer là où ils vivent, c’est-à-dire dans la cité des Mureaux. C’est un peu comme dans La chambre des officiers, je ne filmais pas la guerre, pourtant elle était belle et bien là. D’ailleurs cette cité, c’est un village, tout le monde se connaît. Cette famille a donc des rapports humains avec ses voisins, et c’est ça qui le fait le sel du film. C’est ce que je cherchais à montrer.

Vos influences ?
François Dupeyron : Je me suis très nettement inspiré des comédies italiennes des 50’s et 60’s. Et puis au montage, j’ai vu qu’il y avait quelque chose de l’air du temps qui s’était glissé dans mon film. Pour moi, c’est souvent en racontant une histoire qu’une autre apparaît.

L’écriture ?
François Dupeyron : Aucune improvisation. J’essaye d’avoir une écriture aussi proche que possible du milieu que je décris. Par contre les acteurs ont un peu remanié leur texte pour le rendre plus juste. C’est ce qui fait que ces jeunes sont naturellement vrais. On ne voulait surtout pas chercher à faire « djeune », pour ne pas tomber dans la caricature.

Le casting ?
François Dupeyron : Une grande partie des acteurs est issue d’un casting sauvage. Donc beaucoup n’étaient pas acteurs professionnels. Après j’étais très heureux d’avoir Félicité Wouassi et Claude Rich qui sont ici tous les deux remarquable.

Une comédie noire ?
François Dupeyron : Ça n’a pas aidé à monter ce film. On m’a reproché de faire un film trop centré sur une communauté africaine, alors que je parlais de français, et par dessus le marché de rire de la mort et des vieux. C’est vrai que le moyen que trouve cette mère pour venir à bout de ses problèmes n’est pas très catholique. Mais ces deux objections sont devenues des raisons majeures pour que ce film existe afin d’ouvrir certains esprits un peu étroits. Je ne parle pas bien sur du public mais de ceux qui décide de ce qui est bon pour nous.

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