Largo Winch (2008). Rencontre avec Jérôme Salle.

décembre 15, 2008 at 1:40 Laisser un commentaire

largo-winch-1Film d’aventure français

Réalisation : Jérôme Salle
avec Tomer Sisley, Kristin Scott Thomas, Miki Manojlovic

Date de sortie : 17 Décembre 2008

Distribution : Wild Bunch Distribution

Synopsis : Le milliardaire Nerio Winch est retrouvé noyé. Une mort forcément suspecte quand on sait qu’il s’agit du fondateur et principal actionnaire du puissant et tentaculaire Groupe W. Qui va hériter de cet empire économique ? Officiellement Nerio n’avait pas de famille. Mais il cachait un secret : un fils, Largo, adopté presque trente ans plus tôt dans un orphelinat bosniaque. Seul problème, ce jeune héritier vient d’être jeté dans une prison du fin fond de l’Amazonie. Accusé de trafic de drogue, il clame son innocence. Nerio assassiné, Largo emprisonné. Et si ces deux affaires faisaient partie d’un seul et même complot visant à prendre le contrôle de l’empire Winch ?

Lorsqu’un jeune cinéaste français brillant et inventif, obtient l’opportunité de donner vie au célèbre héros de BD Largo Winch, c’est sous les traits de Tomer Sisley, avec l’élégance et la souplesse d’un Belmondo des 70’s, qu’il l’imagine. Rencontre avec Tomer Sisley et Jérôme Salle, réalisateur de cette fascinante aventure aux milles rebondissements.

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L’homme de Rio

Comment est née l’idée de porter Largo Winch au cinéma ?
Jérôme Salle : Ce n’est pas un film de commande, c’est mon envie d’auteur. Je suis allé à la rencontre de Jean Van Hamme pour lui proposer adapter son histoire au cinéma. Ce n’est donc pas la même chose que si une boîte de production était passée par Dupuis pour réaliser ce projet. Ma démarche était sincère, j’aimais cet univers, je voulais le restituer fidèlement et non pas l’utiliser pour en faire du blé. Donc mes rapports avec les créateurs de la BD étaient francs. Du coup, Francq et Jean Van Hamme étaient peu présents pendant le tournage, mais ils nous ont apporté un soutient moral croissant, preuve que notre travail allait bien dans un sens qui leur convenait.

Un projet au budget conséquent ?
Jérôme Salle : C’était un gros jouet avec lequel je voulais m’amuser et qui a su m’apporter, comme à toute l’équipe, beaucoup de plaisir, avant que je ne file au spectateur. Voilà la sensation que j’ai. Après la pression du budget, je ne la ressens pas. Je crois que la vraie pression arrive quand vous n’avez pas assez d’argent pour faire un film. Ceux qui disent qu’ils ont la pression avec de gros budget, n’ont qu’à faire de petits films. Je le prends comme une chance et si je ne n’avais pas eu ces moyens là, honnêtement, je n’aurai pas fait ce film. Parce que ce genre de cinéma nécessite de telle somme. J’ai décidé de faire Largo Winch à ce moment là, parce que je savais qu’avec le succès d’estime de Anthony Zimmer, j’avais l’opportunité de bénéficier, à cet instant, d’un certain crédit auprès des financeurs. J’en ai donc profité. Après il faut savoir que pour avoir les moyens de faire ce genre de film, il faut accepter l’aspect marketing qui va venir se greffer autour. La différence avec les films de studio américain comparables, c’est que chez nous, le marketing intervient une fois le film achevé, pour donner envie au public d’aller le voir. Aux Etats-Unis, il intervient en amont, en définissant une cible, que film devra toucher. Donc, notre liberté est donc un peu plus grande.

Minimiser les scènes d’action, c’est une liberté ?
Jérôme Salle : C’est le cocktail dont j’avais envie dans cette histoire. Il y a de l’aventure avec de vraies scènes d’action et puis quelque chose de plus intime, lié au personnage, avec son rapport difficile au père, le destin auquel il tente d’échapper ou son adoption. Et c’est rare, dans une même histoire, de trouver ces deux facettes. Donc j’ai essayé de les préserver. Je ne voulais pas faire un film d’action mais un film d’aventures parce que, pour moi c’est un genre très large. Largo vit des aventures hors normes tant au niveau de l’émotion que de l’action.
Tomer Sisley : C’est un film avec plusieurs niveaux de lectures qui me rappelle les grands films d’aventure de mon époque, je pense à Indiana Jones ou n’importe quel film avec Belmondo qu’on allait voir en famille. Et lui, il m’a inspiré, il m’a fait rêver et il m’a donné des frisons. Ça c’est super rare en France. C’est typiquement le genre de film qu’on peut attendre pendant une carrière entière. J’adore ça, ça me faisait toujours rêver quand je sortais de ces films d’aventures, tout de suite je mimais les scènes avec des copains, je me prenais pour et là c’est l’occasion de vraiment le faire.

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Pourquoi Tomer Sisley ?
Jérôme Salle : D’autres acteurs qui auraient donné un autre Largo. Mais est que c’est un bon acteur qui dégage quelque chose d’unique. Il a ce côté multiculturel qui est très proche de Largo et cet aspect physique qui reste un élément essentiel. Car je voulais un acteur qui puisse réaliser la plupart de ses cascades lui-même. En l’occurrence il les a toutes faite. Mais mon boulot de réalisateur consiste aussi à offrir aux acteurs des rôles différents de ceux auxquels on les habitue.
Tomer Sisley : J’ai un parcours plutôt varié, il y a eu des sitcom, de la scène, mais je n’ai jamais été humoriste dans l’âme. Quand on est acteur, on dépend du désir d’un réalisateur de vous faire travailler. Or, comme ce désir n’existait pas, il m’a fallut le créer en passant par le stand up et ça a fonctionné. Mais c’était juste une étape. Là, c’est une chance, peu d’acteurs ont la chance d’avoir un tel rôle.

Un second épisode en cours ?
Jérôme Salle : Au début je n’y ai pas du tout pensé, il s’agissait d’abord d’en faire un bien. Après, au vu des rushs, les producteurs nous ont proposé un second volet. J’étais réticent, puis avec Julien Rappeneau, on a commencé à bosser sur les grandes lignes du scénario. On serait ravi qu’il y ait une suite, parce que maintenant que Largo est arrivé au sommet, comment va t-il gérer cette situation. On a encore envie de s’amuser, mais là on sort le premier volet et on sait pas si les gens seront au rendez-vous. S’ils ne sont pas intéressés, on n’en fera jamais deux.

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