Coco (2009). Rencontre avec Gad Elmaleh.

mars 17, 2009 at 4:28 Laisser un commentaire

cocoComédie dramatique française

Réalisation : Gad Elmaleh
avec Gad Elmaleh, Pascale Arbillot, Manu Payet

Date de sortie : 18 mars 2009

Distribution : Studio Canal

Synopsis : Coco, 40 ans, self made man, est l’exemple parfait de la réussite sociale. Parti de rien, immigré, il a réalisé en 15 ans une des plus fulgurantes success story des temps modernes grâce à son invention de l’eau frétillante. Mais sa plus grande consécration est à venir : la bar-mitsva de son fils. Il invite tout le monde à « l’évènement national de l’année » et promet du jamais vu, de l’époustouflant, du Coco ! Trop obsédé par la perspective d’en mettre plein la vue au monde entier, Coco agit avec démesure et frôle la folie sans voir que sa femme, son fils, sa mère et tous ses proches se désolidarisent peu à peu.

Aussi clinquant que désarmant, Coco est une pantalonnade sans saveur au budget pharaonique. Dénué de scénario, plombé par des acteurs en surrégime et des gags éculés, la première réalisation de Gad Elmaleh pêche par excès, oubliant juste une chose : nous faire rire ! Rencontre.

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Chouchou golden boy

Pourquoi adapter un des personnages cultes de vos one man show au cinéma ?
Gad Elmaleh : C’était plus une envie d’acteur que de réalisateur. Je voulais retrouver la jubilation et le plaisir que j’éprouvais en jouant Coco sur scène. Ce film, je l’ai fait et pensé comme un show. Je l’ai écrit pour le public et je l’ai dirigé comme un spectacle. Mais pour retrouver ce ressenti de la scène, je devais être libre de jouer mon personnage comme je l’entendais. C’est pour cela que je suis passé derrière la caméra.

Comment passe t-on du sketch au film ?
Gad Elmaleh : On n’y met pas les mêmes choses. Dans le sketch on reste dans l’évocation, donc tout repose sur l’imagination. Alors que pour sa mise en images, tu es obligé de te restreindre en reprenant pied avec la réalité, car ça a un coût. Et heureusement, j’ai eu la chance d’avoir un producteur qui a su mettre à ma disposition des moyens techniques et financiers à la démesure de Coco. C’est une chance pour un premier film et pour ce sujet, c’était indispensable.

C’est angoissant ?
Gad Elmaleh : J’ai rencontré des difficultés effectivement, de grosses interrogations et de longues nuits de doutes parce que quand tu réalises ton premier film, tu dois être un peu le patron sur le plateau. Alors tu ne peux pas douter à voix haute. Heureusement, tu as des alliés et des gens qui t’aident finalement à faire ce film. Sans parler de Manu Payet et de Ary Abittan, qui m’ont énormément épaulés pendant le tournage. C’est important parce qu’il y a plein de choses que tu ne maîtrises pas. Et c’est difficile de mettre en scène et de jouer en même temps, beaucoup plus que je ne le pensais.

Qui a inspiré votre personnage, De Funès, Sarkozy …?
Gad Elmaleh : Non, c’est un homme, un mégalomane fou au grand cœur, agaçant parfois, mais avec du panache et du charme qui ne s’appelle pas Coco, mais qui existe véritablement. C’est un gars qui pour l’anecdote, était un jour, dans un restaurant à Casablanca, il appelle le serveur et lui demande l’addition, mais pas pour la table, pour le restaurant entier. C’est fou de faire ça, c’est de la générosité, non, c’est un peu du pouvoir finalement. C’est fou de faire ça, c’est du pouvoir finalement plus que de la plus générosité. D’ailleurs s’il voit le film, il y verra hommage, mais il nous reprochera de ne pas y avoir mis les moyens !

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L’argent conduit-il à l’oublie des valeurs ?
Gad Elmaleh : C’est un risque. Je pense que ce film est une manière pour moi d’exorciser cette peur de prendre la grosse tête. Ce n’est pas une vie normale la célébrité. C’est pour cela que j’ai beaucoup d’indulgence face à ces gens qui pètent les plombs comme on le dit. Car au fond, ils sont seuls. C’est ce que raconte le film. Coco aime être regardé, mais si sa famille le lâche, il n’a plus rien. Je pense que tu peux avoir tout le fric que tu veux, sans attache, tu t’écroule, t’es mort. C’est ton entourage qui t’aide à garder les pieds sur terre. Moi je suis sûr que si demain ça devait m’arriver, je pourrai compter sur mes amis, mes parents, pour me rappeler à l’ordre. La famille, c’est ce qu’il y a de plus solide.

Pourquoi une comédie ?
Gad Elmaleh : Parce que j’aime ça, je sais le faire et je ne suis pas comme beaucoup d’acteurs comiques qui à un moment donné font leur crise du comique et se mettent à faire des films sérieux, pour avoir la carte gold de l’acteur et pour s’entendre dire qu’ils sont vraiment des acteurs. Je n’ai pas besoin de devenir sérieux pour être reconnu.
Si je peux continuer à faire rire ce sera déjà génial. Et ma récompense c’est le rire, c’est tout ! Je le jure. Si la salle rigole, je sais aux anges. Maintenant, si le public refuse le film, je serais triste puisque je l’ai fait pour eux. C’est comme faire un cadeau à quelqu’un et qu’il le refuse.

Quelle place avez-vous laissé à l’improvisation ?
Gad Elmaleh : Une grande part, surtout au niveau des dialogues plus que dans les situations. Mais ces scènes n’ont pas été inventées gratuitement, il y avait un point de départ et après on en a fait quelque chose d’autre. C’est l’école de la scène, c’est l’école du live.

Après la réalisation vous seriez tenté par le théâtre ?
Gad Elmaleh : Oui, ça m’attire beaucoup. Il faudrait juste que je trouve une pièce, qui me donne autant de folie et de jubilation que le one man show. Le one man show c’est très fort, c’est physique. Mais se serait de préférence une pièce comique parce qu’il me faut des rires. Je suis trop habitué à ça. J’ai besoin de ça. On se sent aimé quand ça rigole.

Vous envisagez un Coco 2 ?
Gad Elmaleh : Je ne sais pas, non, sauf si on est réellement inspiré. C’est comme pour Chouchou. Après, si on faisait Coco 2, je l’appelai Coco 5, parce que Coco il ne ferait pas un n°2 parce que c’est Coco !

interligne

Sans conteste aucun, Coco est un des films les plus cons et les plus laids du moment. C’est du cinéma façonné à la pelleteuse mais facturé sur les tarifs d’un travail de petites mains. Inconcevable, inadmissible et surtout jamais drôle, ce qui est un comble pour une comédie, ce one man show braillard est à fuir, si l’on ne pas veut sérieusement entamer le capital sympathie de Gad Elmaleh. C’est d’autant plus dommage que ce garçon nous avait habitué à un spectacle de meilleur tenu sur scène.

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