Les Rencontres des Musiques Anciennes en Midi-Pyrénées, du 22 au 29 Avril

avril 20, 2009 at 8:32 Laisser un commentaire

Une fois n’est pas coutume, on quitte un instant le domaine du cinéma pour faire un détour par les musiques baroques. En effet, du 22 au 29 Avril, la scène conventionnée d’Odyssud (à qui l’on doit, entre autre, le festival de musiques électroniques et concrètes Novelum) illuminera Blagnac et Toulouse avec la seconde édition des Rencontres des Musiques Anciennes en Midi-Pyrénées. Un festival exceptionnel porté par la passion et le partage de la découverte d’un patrimoine que nous présente Emmanuel Gaillard, programmateur exigeant et directeur enthousiaste d’Odyssud.

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Con voce festiva

Comment sont nées ces Rencontres ?
Emmanuel Gaillard : Elles sont nées d’une envie et d’une nécessité. L’envie de faire découvrir, à un large public, le champ des musiques anciennes. Car le classique reste souvent associée à quelques œuvres du XVIIIe, du XIXe, un peu du XXe quant au XVIIe, il reste marginal. Or, avant 1750, il y a des siècles de musique. C’est donc une partie de ce répertoire immense que nous proposons de découvrir. La nécessité vient du fait qu’en Midi Pyrénées, il y a beaucoup d’ensembles de niveau national, voir international, mais qui n’ont pas toujours les moyens de se présenter à Toulouse ou dans l’agglomération toulousaine. L’idée est donc d’exposer les meilleurs ensembles de la région, en les aidant à présenter de belles productions. La région s’est d’ailleurs montrée très intéressée par l’idée, en constatant qu’une partie des ensembles qu’elle soutient peinent à se produire. Il y a peu d’acheteurs de ce type de spectacles. Et devant ce déficit de structures adéquat, certaines compagnies sont forcées de s’auto produire. Or, pour Odyssud, il nous a semblé naturel de prendre le relais.

aPourquoi choisir la musique baroque ?
Emmanuel Gaillard : Je suis un passionné. J’ai découvert cette musique au moment où on commençait à travailler sur des instruments d’époque. C’est un mouvement venu du Nord de l’Europe, avant de toucher Paris au début 80’s et Toulouse avec quelques précurseurs de génie comme Xavier Darras, grand organiste qui a fondé Les Arts Renaissants. Il y a donc un pôle fort et pionnier ici des musiques anciennes. Beaucoup d’artistes y ont été formé, comme Jean-Pierre Canihac, patron des Sacqueboutiers. Mais, les institutions ont pris un certain retard à programmer ces orchestres et ces compagnies spécialisées. Aujourd’hui, si la situation a bien changé, en arrivant à Odyssud, il y a 8 ans, il y avait un vrai travail à faire.

En quoi l’utilisation d’instruments d’époque est-elle une révolution ?
Emmanuel Gaillard : Des œuvres comme Le messie ou Les quatre saisons étaient connues, mais pas interprétées selon des principes d’exécution historiques ou « historiquement informé ». Donc le jour où des mélomanes les on entendu jouées sur instruments d’époque, ils ont eu un choc esthétique. C’est la même œuvre, pourtant elle est très différente puisqu’on se rapproche des conditions d’exécution de l’époque. Or, chaque compositeur avait une pensée qui était en rapport avec des instruments, c’est ça le fondement du mouvement. Et en terme de sonorité, il y a une relation entre la pensée et le concret des instruments de l’époque. Donc cette reconnection est évidemment quelque chose de très important pour accéder à la vérité esthétique de ces œuvres. Il y a des effets sonores, des manières d’interpréter qu’on ne peut pas atteindre avec des approches non historiquement informées ou avec des instruments modernes.

Vous semblez privilégier la curiosité et la découverte au travers de ces Rencontres?
Emmanuel Gaillard : Effectivement, niveau «tubes », on va retrouver Les Variations Goldberg de J. S. Bach, à la nuance près que tous les gens qui s’intéressent à cette musique ont la version pour piano de Glenn Gould. Peu connaissent cette version pour clavecin de Cécile Frischou (en photo en bas) ont pu l’entendre en live. Le Stabat Mater de Pergolese, sera l’autre tube de ces rencontres, à déguster dans un conteste festif, celui d’une fête napolitaine avec un bal, un buffet, et Philippe Beaussant en maître de cérémonie. Michel Brun a choisi de lui accoler La servante maîtresse pour montrer deux visages, très différents, d’un même compositeur : l’un dans l’opéra bouffe et l’autre dans la musique sacrée très intérieure. Il y a donc tout un écrin pour sublimer cette œuvre superbe.c
Au chapitre des choses à découvrir, il y a pratiquement tout le festival. Car si, on connaît un peu les Madrigo de Monteverdi, combien de fois a t-ils été réellement donné à Toulouse ? Gesualdo aussi est un monstre et un maître absolu malheureusement trop peu connu! Et alors Berio évidement, c’est une musique relativement peu entendue alors qu’elle fait parti des grandes œuvres du XXe siècle, avec ici un clin d’œil à la musique d’aujourd’hui, avec ce Cries of London qui fait allusion au Cries of London de compositeurs anglais de la Renaissance. Sans parler de Costanzo Festa, musique globalement inconnue, mais grand compositeur de la Renaissance. Et puis détour par le baroque méridional, avec Antiphonia, pour un programme de redécouverte des maîtres de musique de nos régions d’Occitanie du Sud, musique passionnante, qui sera mise en regard de ce qui se passait au Nord, sur le thème du grand motet. Puis, Les Sacqueboutiers, nous réjouirons avec ce programme d’Ensaladas que l’on connaît un peu grâce au travail de Jordi Savall, mais qui n’est venu qu’une fois à Toulouse, pour donner un programme Ensaladas, il y 5 ou 6 ans, alors que c’est un domaine fantastique, réjouissant, théâtral et très enlevé. Enfin, nous terminerons par La Messe de Toulouse, une des premières messes polyphoniques de l’histoire de la musique, spécifiquement créés pour le festival par l’un des meilleurs spécialistes des musiques médiévales : L’ensemble Organum. Malheureusement, incomplète, elle sera étayée de quelques pièces de La Messe de Barcelone, pour un son gothique qui enchantera la cathédrale Saint Etienne. Car j’ai essayé de trouver le lieu le plus adéquat pour chaque programme. Et je pense qu’on aura des résultats acoustiques à la hauteur. Les Variations Goldberg occuperont le petit théâtre Saint Exupère, qui est une ancienne chapelle avec une très bonne acoustique et 180 places ce qui crée une l’intimité avec le clavecin. Les éléments occuperont la petite chapelle des Carmélites. Ce sera une expérience sonore des plus intéressante.

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