El Niño Pez (2009). Rencontre avec Lucia Puenzo.

mai 6, 2009 at 9:19 Laisser un commentaire

el-nino-pezArgentine – Drame

Réalisation : Lucia Puenzo
avec Inés Efron, Mariela Vitale, Pep Munne

Date de sortie : 06 mai 2009

Distribution : Mk2 Diffusion

Synopsis : Lala, fille de bonne famille dans la banlieue cossue de Buenos Aires, est follement amoureuse de la Guayi, jeune et jolie paraguayenne au service de ses parents. Ensemble, elles rêvent de partir dans le village d’origine de Guayi, au bord du lac Ypoà. Mais un drame familial va brusquement les séparer…

Sombre et onirique, ce second long métrage énigmatique de Lucia Puenzo offre à la jeune actrice Inès Efron, l’opportunité de déployer toutes les richesses de son art. Rencontre avec Lucia Puenzo.

el-nino-pez1

Eloge de la pièce manquante

Pourquoi adapter votre premier roman au cinéma ?
Lucia Puenzo : J’ai écrit El nino pez à l’âge de 23 ans mais ce n’ai que pendant le montage de XXY, alors que je recherchai un nouveau projet, que je l’ai redécouvert. Je l’ai relu et j’ai décidé d’en tirer un scénario pour que quelqu’un, je ne savais pas qui encore, le porte à l’écran. Mais un fois passée l’euphorie des souvenirs de jeunesse retrouvés, j’ai du faire face à une difficulté de taille. Un grand changement formel s’imposait. Car dans le roman, toute l’histoire était racontée du point de vue d’un chien s’exprimant avec cynisme. Or, en me débarrassant de l’animal et de ses commentaires, je perdais cet humour noir. D’où un bouleversement radical de ton et par là de genre. L’histoire est devenue beaucoup plus dramatique et intense. La structure du roman, aussi, a changé. Dans le livre, elle est complètement linéaire alors que dans le film c’est un puzzle que le spectateur doit accepter de reconstituer. Ce sont toutes ces modifications formelles qui m’ont amenées à réaliser ce film, car j’étais curieuse de mesurer les avantages et les limites du langage littéraire et cinématographique. Et au final, d’un premier roman très libre, j’ai tiré un voyage émotionnel.

On oscille entre histoire d’amour, polar, drame et regard sur l’adolescence…
Lucia Puenzo : D’une certaine manière tous mes films comme mes romans reviennent sur le thème de l’initiation ou de l’adolescence parce que ça me paraît être un des moments les plus forts de la vie. C’est une période charnière où on n’est plus un enfant, mais pas encore un adulte et pourtant il faut faire face à des choix cruciaux ou des questions identitaires. On retrouve d’ailleurs ces questionnements sur le rapport au père, qui apparaît ici très ambiguë.

Quand avez-vous pensez à Inès Efron ?
Lucia Puenzo : J’ai fait 7 mois de casting pour trouver une autre fille qu’elle, parce que je trouvais son personnage trop proche de celui qu’elle interprétait dans XXY. Je ne voulais pas qu’elle s’enferme dans ce type de rôle androgyne. Or, par ce casting, j’ai découvert Emme, une rock star du Paraguay qui interprète l’autre fille. Et quand je l’ai confronté à Inès pour un test, je me suis rendu compte qu’ensemble elles étaient explosives. J’ai donc était obligé de travailler de nouveau avec Inès. Pourtant je craignais qu’elle peine à sortir de son registre. Une des difficultés du film était donc de la transformer y compris physiquement, et de jouer avec sa féminité. Elle est ici méconnaissable.

el-nino-pez2

Pourquoi la perdre dans cette légende Guarini ?
Lucia Puenzo : Quand j’ai écrit ce roman, j’étais fascinée par les mythologies du Paraguay. Dans le livre et plus encore dans le film, j’ai essayé de comprendre comment se construit une légende. Or, cette légende qui est une pure invention née d’un photomontage d’un journal à sensation est centrale. Elle va permettre de mettre en lumière un événement obscur d’une vie. C’est un révélateur et un déclencheur. Or, une des peurs que j‘avais en adaptant ce roman, c’était de tomber dans le réalisme magique. C’est pour éviter cet écueil que j’ai donné une apparence plutôt noire à cette histoire. Les scènes de rêve n’en sont que plus lumineuses.

Publicités

Entry filed under: Cinéma amérique latine, Critique, Interview. Tags: , , , , , , .

Le nouveau numéro de l’excellente revue: Jeune cinéma n°322/323 est enfin paru ! Ciné-légende à ne pas rater à Blagnac !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Trackback this post  |  Subscribe to the comments via RSS Feed


Archives


%d blogueurs aiment cette page :