Quelque chose à te dire (2009). Rencontre avec Cécile Telerman.

mai 27, 2009 at 11:06 Laisser un commentaire

Quelque chose à te direFrance – Comédie dramatique

Réalisation: Cécile Telerman
avec Mathilde Seigner, Pascal Elbé, Olivier Marchal

Date de sortie: 27 mai 2008

Distribution: Studio Canal

Synopsis: La famille Celliers est une famille bourgeoise ordinaire. Mady, mère au foyer, passe la majeure partie de son temps à dire des horreurs de ses deux filles et de son mari. Henry, ancien grand patron, régresse depuis son départ à la retraite. Antoine, le frère aîné, chef d’entreprise minable, enchaîne faillite sur faillite tandis qu’Alice, sa soeur, peint compulsivement, des madones dépressives. Quant à Annabelle, infirmière, elle tente de sauver ses proches en leur prédisant l’avenir dans les cartes. Tout irait dans le meilleur des mondes chez les Celliers si Alice ne croisait pas « par hasard », Jacques, flic solitaire et désabusé, qui viendra dynamiter leurs névroses familiales.

Sur fond d’une improbable histoire d’amour, Quelque chose à te dire dissèque avec tendresse et naïveté les soucis existentiels d’une famille bobo en pleine déconfiture.
Rencontre avec Cécile Telerman entourée de Patrick Chesnais et Pascal Elbé.

Quelque chose à te dire1

Les raisons du coeur

Les secrets de famille…
Cécile Telerman : C’est effectivement le thème de ce film. Je voulais parler des relations qui existent entres les différents membres d’une famille et de la façon dont les choses se transmettent des parents aux enfants, surtout dans les non dits, parce que bien sûr, on transmet sans le vouloir ce qu’on ne veut pas dire à son enfant, pour le protéger. Le divulguer deviendrait synonyme de chagrin, voire de honte sociale et risquerai de conduire au désagrégement de cette famille. Je suis donc parti de ce qui est le plus explosifs dans les relations familiales : les secrets.

Pourtant, le point de départ de cette histoire n’est pas réaliste
Cécile Telerman : Si vous voulez. Cela dit, un secret de famille n’est jamais réaliste. Ici, tout débute par une coïncidence : Alice (Mathilde Seigner) se retrouve avec Jacques (Olivier Marchal) dans le même commissariat, pour un motif futile ou du moins traité comme tel. En revanche, toute la suite de l’histoire, avec la reproduction des mêmes conduites, les échecs à répétition ou ces mêmes événements qui se produisent à des dates anniversaires, est quelque chose de réaliste. Tout ceux qui s’intéressent à la psychanalyse familiale vous le diront. Simplement ici, c’est fait d’une façon un peu plus démonstrative.

Au moment de l’écriture vous pensiez déjà à ces acteurs pour incarner vos personnages ?
Cécile Telerman : Au début, j’ai tout de suite souhaité tourner avec Mathilde Seigner et Pascal Elbé. J’avais déjà travaillé avec eux sur mon premier long métrage Tout pour plaire. Ils m’ont semblé évident dès le départ. Par contre en ce qui concerne, Olivier Marchal, Charlotte Rempling et surtout Patrick Chesnais je n’ai pas pensé à eux au moment de l’écriture. Je me les suis approprié si vous voulez. Pour être honnête j’envisageais d’autres acteurs qui finalement ce sont désistés. J’ai donc aimé ces personnages après coup, une fois le casting effectué.

Olivier Marchal est ici employé à contre courant…
Cécile Telerman : Il donne vie surtout un personnage difficile à incarner. Je devais trouver quelqu’un de 50 ans avec une physique imposant, une prestance et qui dégage quelque chose de rassurant. C’est Mathilde qui m’a fait pensé à Olivier Marchal. Elle l’avait vu dans un rôle à contre emploi, déjà, dans un épisode télé de ces adaptations des nouvelles de Maupassant. Et là ici, c’est vrai qu’il joue un flic, un peu usé par la vie, mais pas plus de 5 minutes. Après, je voulait l’emmèner vers un autre registre.

Quelque chose à te dire2

Pourquoi faire un film de famille ?
Cécile Telerman : La famille c’est un monde simplifié avec ses tensions, ses guerres, ses haines et ses amours. C’est un microcosme à l’image du fonctionnement du monde. Il y a des envies, des rejets ou de l’ambition. Il y a donc tout dans la famille, c‘est pour cela que ça donne toujours des films passionnants.
Patrick Chesnais : Je garde un très bon souvenir du travail que nous avons effectué sur ce film de famille comme vous dites. Car Cécile Telerman est quelqu’un qui a une vraie écoute. Elle aime ses personnages et ses acteurs. Elle les gratte pour leur donner une vraie épaisseur, une vraie densité. Et je trouve qu’elle arrive à se distinguer justement dans ce type de film choral en apportant ces nuances et cette complexité à ces personnages.
Pascal Elbé : Dans un film ce qui m’intéresse le plus, c’est la relation à l’autre qu’on y dépeint. J’ai adoré dès la première lecture du scénario. Les relations père-fils ou la question de la transmission, ce sont des problématiques qui me touchent beaucoup, que ce soit comme acteur ou simple spectateur. Les films que j’adore traitent souvent de la famille ou de l’amitié. Je pense au Parrain de Coppola, à Il était une fois en Amérique ou même à Un éléphant ça trompe énormément. C’est pour que j’aime le cinéma de Cécile, pour son approche et sa personnalité, mais aussi parce je m’y sens bien.

Sur ce film vous êtes à la foi scénariste, réalisatrice et coproductrice. Est-ce source de plus de liberté ou de contraintes ?
Cécile Telerman : J’aime bien tout maîtriser. En tant que co productrice de mon propre film, je sais exactement ce qui se passe, j’ai accès à tout, ça me rend plus responsable. Je sais à quoi je m’engage (si je prends du retard dans le tournage par exemple) et surtout je connais ma valeur de marché. Donc ça me laisse la tête froide. Actuellement, il y a une inflation des coûts du cinéma. Ce film par exemple a coûté bien plus cher que mon premier. Or je déteste faire des films chers. Parce que plus on augmente les coûts et moins on est nombreux à réaliser des longs métrages. Je le vois donc une garantie de la liberté d’expression pour les autres. Et puis surtout, je n’ai pas besoin de millions pour dire ce que j’ai à dire.

interligne

Malgré toute la sympathie de la cinéaste nous passerons rapidement sur sa dernière réalisation que l’excès de sentimentalisme, de psychologie de magazine et de bons mots rendent bien vite indigeste. Le casting de choix n’y change rien. Le duo Olivier Marchal/Mathilde Seignier s’avère bien peu crédible. C’est d’autant plus regrettable que l’on comptait au moins sur Olivier Marchal pour apporter un peu de crédibilité aux scènes du commissariat. C’est malheureusement peine perdue. Que penser d’un policier qui jette 200g de cocaïne avant de relâcher paternellement sa détenue ? Certes, le côté fable est assumé, mais la vision du monde social est si stéréotypée, si rose que ce mélo lisse et sans réelle surprise en devient déconcertant.

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