Tellement proches (2009). Rencontre avec Eric Toledano et Olivier Nakache.

juin 16, 2009 at 2:23 Laisser un commentaire

Tellement prochesComédie, France

Réalisation : Eric Toledano et Olivier Nakache
Avec Vincent Elbaz, Isabelle Carré, François-Xavier Demaison

Date de sortie : 17 juin 2009

Distribution : Mars Distribution

Synopsis : Quand Alain a épousé Nathalie, il ne savait pas qu’il épouserait aussi sa famille. Ce samedi, comme toutes les semaines, ils sont invités à dîner chez son beau-frère, Jean-Pierre à Créteil. Mais ce soir, Alain est à bloc. Il en a marre, marre de se planter à chaque fois pour aller à Créteil, marre de se taper les petits conseils de vie de Jean-Pierre et de sa femme qui élève ses enfants comme des chevaux, marre d’attendre de dîner en regardant les spectacles soporifiques de leur fille, marre aussi de son autre belle-soeur Roxane, qui, affolée par son horloge biologique, a jeté son dévolu sur un jeune interne en médecine qui se demande un peu comment il a atterri à ce dîner. Alain en a marre de ces dîners familiaux, mais il ne sait pas encore ce qui l’attend ce soir-là…

3 ans après Nos jours heureux, Eric Toledano et Olivier Nakache signent avec Tellement proches, une comédie sur la famille énergique, drôles et émouvante, portée par un casting savoureux. Rencontre avec Olivier Nakache, Vincent Elbaz et François-Xavier Demaison.

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Un air de famille

C’est un film qui mêle habilement fiction et autobiographie ?
Olivier Nakache : La famille nous a toujours fasciné, c’est un vrai laboratoire. Mais, souvent ces films sont un peu convenus. Alors on a eu envie d’imaginer un film choral, une sorte de chronique familiale inspirée de nos familles et de celle de nos amis. Nous sommes parti de choses vraies et d’autres totalement inventées. Le personnage le plus autobiographique, est sans doute celui de Vincent Elbaz qui est un mélange de nous deux. Avec Eric Toledano, on a été nous aussi animateur, on a vécu ce manque de reconnaissance et ce passage de jeune à papa. Maintenant pour ce qui est de la famille on a exagéré les pathologies qu’on connaissait autour de nous. On a même fait appel à un thérapeute familiale pour qu’il nous expose les cas les plus récurrents de conflit au sein de la famille comme le concept de « l’envahissement ». Et, avec ce mélange scénarisé d’acteurs, d’histoires, de genres de comédie, on a cherché à créer des situations réalistes, drôles et je l’espère touchante ou tendre.

Qu’est ce qui vous a séduit dans ce scénario ?
Vincent Elbaz : Cette vision drôle de situations qui relèvent du quotidien. C’est un scénario vif et bien écrit qui correspondait exactement à ce que je recherchait après avoir joué pendant 6 mois une pièce très dramatique. Il y avait tout ce dont j’avais envie : cette légèreté et cette profondeur, mon personnage avec ce rapport père/fils très fort, et une troupe de nouveaux acteurs.
François-Xavier Demaison : J’avais adoré Nos jours heureux et j’ai craqué sur ce scénario sincère, loin des comédies concept, bourré d’observations justes, de rire et d’émotion. C’est ça qui me plaît dans leur cinéma, c’est qu’il fait rire parce qu’il est très proche de la réalité.

Comment travaillez-vous en étant tout deux réalisateurs ?
Olivier Nakache : Ce sont des tournages dynamiques. On est deux réalisateurs sur le plateau et on est présent. Les acteurs ne sont jamais seuls puisqu’il y en a toujours un qui est près d’eux.
Vincent Elbaz : Dit comme ça pourrait sembler très anxiogène de travailler avec des metteurs en scène comme ça, parce que ça peut être mal vécu pour un acteur d’avoir un metteur en scène en permanence sur le dos. Mais avec eux, ce n’est pas le cas. Ne me demandez pas de vous l’expliquer, mais c’est comme ça, c’est leur façon de travailler. Je viens d’ailleurs juste de réaliser que ça ne m’a pas du tout gêné, au contraire, ça m’a même plutôt aidé dans mon travaille.
Olivier Nakache : Le pire, c’est qu’on ne s’en rend même pas compte nous même. On l’a découvert en regardant le making of !

Quelle liberté laissez aux acteurs ?
Olivier Nakache : Il y a peu d’improvisation, ce sont plus des petits trucs qui émergent car la base est très écrite. En revanche, dans les scènes qui abordent des sujets sensibles, ont est souvent sur le fil. Car si elles passent à l’écriture, elles risquent souvent de coincer à l’écran, or, c’est eux qui arrivent à leur donner vie magnifiquement, à y amener cette subtilité.
François-Xavier Demaison : C’est un bonheur d’être entre ce chaud et froid, parce que c’est très studieux et malgré tout d’une grande décontraction. Ils sont deux, mais c’est une seule main qui s’agite. On a beaucoup de plaisir à être à la fois dans ce registre très écrit qui nous enferme dans nos personnages, et d’un coup, ils disent allez, lâchez les vannes et faites vivre le truc. Cette technique fait qu’il y a des petites mimiques, très justes, qui apparaissent.

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Vous semblez soucieux du réalisme des attitudes ?
Vincent Elbaz : C’est leur pâte. Dès la première image, il fallait être un couple et ne pas jouer le couple. Idem pour la famille.
François-Xavier Demaison : Il ne fallait pas en rajouter comme dans les mauvais sitcom où souvent ils construisent leurs personnages et leurs attitudes sur des clichés de comportements.
Olivier Nakache : On fuit ces pseudo recettes c’est pour cela que nos films sont atypiques, pour surprendre et ne jamais laisser retomber le spectateur.

Dans Tellement proches, votre personnage, François-Xavier Demaison, évolue considérablement, jusqu’à sortir du carcan du rôle comique. C’est une satisfaction pour vous ?
François-Xavier Demaison : Enormément, car j’aimerai bien pouvoir interpréter des types inquiétants et pourquoi me diriger vers d’autres genres comme le polar, ou le drame. Coluche m’a un peu ouvert mon éventail de choix et maintenant on me propose autant de comédies que de drames. Là j’ai pas mal de comédies en préparation mais j’ai eu l’occasion de faire un polar avec Benoît Magimel. Ce qui est désormais sûr et qui l’était pour moi dès le départ, c’est que je ne veux pas m’enfermer dans la comédie et Coluche m’a heureusement ouvert plein de portes. La je parle du cinéma. En ce qui concerne la scène, je suis actuellement en train d’écrire mon deuxième spectacle.

Vous avez des projets en cours ?
François-Xavier Demaison : J’ai Le petit Nicolas qui sort le 30 septembre et Le divorce de Valérie Guignabodé qui sort le 14 Octobre qui n’est, je tiens à la préciser, absolument pas la suite de Mariage, son précédent film (rires).
Vincent Elbaz : Un film d’Emma Luchini qui s’appelle Sweet Valentine mais je ne sais pas encore quand est-ce qu’il va sortir.
Olivier Nakache : On travaille sur un nouveau long mais pas sur le thème de la famille. On essaye toujours de ne jamais refaire la même chose. On nous a beaucoup pressé le citron pour faire une suite à Nos jours heureux, mais ça ne nous a jamais intéressé donc on a refusé de la faire.

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Après le succès surprise de Nos jours heureux, sorti pourtant en plein été, le duo de réalisateurs Eric Toledano et Olivier Nakache revient sur grand écran, bien décidé à en découdre avec la famille. Du moins c’est que nous laisse croire la première partie de cette comédie qui démarre sur les chapeaux de roue, frappant fort et juste contre l’image de la famille bourgeoise : parents névrosés, obnubilés par la réussite des leurs marmots forcements surdoués, et adeptes zélés de la dictature du paraître et de la psychologie de magazines. Puis le ton se calme, la critique s’adoucie pour finir sur une apologie de cette institution, ultime rempart contre ce monde qui nous échappe. C’est là que le talent des réalisateurs, autant dans l’écriture que dans la direction d’acteurs fait mouche, car malgré ce changement de ton radical, presque convenu, le film ne déçoit pas, et évite soigneusement les clichés du genre. On regrettera simplement cet étrange sentiment de nostalgie artificielle qui découle des images. Une nostalgie de pacotille qui force un peu trop l’émotion du spectateur. A noter cependant la qualité d’interprétation de François-Xavier Demaison, sobre et efficace.

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