Ambiance Cinespana 2009

octobre 7, 2009 at 9:27 Laisser un commentaire

Un vent de liberté souffle sur la 14e édition de Cinespana avec cet hommage à l’Ecole de Barcelone réalisé en partenariat avec la Cinémathèque.

La mujer del anarquistaVendredi, la 14e édition de Cinespana, ouvrit ses portes avec deux films d’ouverture. Si Que parezca un accidente, comédie de Gerardo Herrero, habituellement plus subtil, parvint difficilement à réjouir la grande salle de la Cinémathèque, La majer del anarquista de Perer Sehr et Marie Noëlle, remplit d’émotion les yeux des nombreux spectateurs présents à l’abc. Coproduite par l’Allemagne, la France et l’Espagne, cette bluette sentimentale sur fond de guerre civile ranima un vécu douloureux et posa maladroitement la question de la transmission du passé, avant la commémoration des 70 ans de la Reitirada, mercredi et jeudi.

Hollywood contra FrancoGuerre civile toujours mais cette fois vue par le cinéma américain dans un des documentaires à ne pas rater : Hollywood contre Franco d’Oriol Porta. A travers l’histoire d’Alvah Bessie, ancien brigadiste, écrivain et scénariste black listé sous le Maccartisme (pour mémoire on lui doit le superbe Aventure en Birmanie réalisé par Raoul Walsh), on apprend que la représentation du conflit intérieur espagnol fut d’abord cachée pour raisons économiques avant de devenir un tremplin contre le nazisme puis un terrain de propagande fertile contre le communiste réhabilitant ainsi de Franco de dictateur en premier opposant contre la menace rouge. Durant la guerre civile un seul film américain aborda frontalement le sujet : Blocus réalisé par William Dieterle en 1938.

Histoire mais du cinéma avec la découverte, via un ciné concert, de Segundo de Chomon, magicien et compère ibérique de Méliès pour un programme plein de finesse et de couleurs appesanti par un piano omniprésent.

Fata morganaChangement de décennie avec cette réjouissante plongée dans les travaux de l’Ecole de Barcelone. Né dans 60’s, ce courant influencé par la Nouvelle Vague et toléré comme vitrine démocratique par Franco, a pour ambition politique de détruire les modèles narratifs établis du cinéma de Madrid. Si Fata Morgana (1965) de Vincente Arada, fausse enquête policière sur une victime attendant de rencontrer son tueur potentiel, pose les premiers jalons du mouvement, Dante no es unicamente severo (1967) de Jacinto Esteva et Joaquin Jorda en fut le manifeste. Pensé comme un film à sketches, ce long métrage, d’une liberté effrontée, parvient par ce biais à se départir de toute trame narrative, sans ennuyé pour autant. Pire il fascine. Sans parler de chef d’œuvre, ces films méconnus dégagent une modernité, une assurance et une audace délicieuse. Leur musicalité et leur traitement des paysages urbains en font des îlots de liberté dans une mer de dictature. Citons enfin deux films qui dénotent dans cette programmation. Manãma (1957), premier long métrage de José Maria Nunes, pourtant présenté comme le chef de file de l’école de Barcelone, se révèle, avec sa la trame narrative soignée et presque littéraire, plus proche du réalisme poétique de Marcel carné. Le traitement de la ville de nuit, la mise en scène de personnages simples, souvent tristes, diffèrent de l’insouciance bourgeoise des autres œuvres projetées. En revanche aucun douté tant à la qualité et à l’inventivité de ce metteur en scène. Rarement le cinéma espagnol ne s’était présenté sous un tel jour. Plus extrême Esquizo (1970) de l’architecte Ricordo Bofill ambitionne de raconter en images l’intérieur d’un cerveau humain pris entre art et folie. Déroutant et exigeant cette réalisation pousse le 7ème art dans ses derniers retranchements: ceux du cinéma expérimental. L’absence de dialogues, la place prépondérante accordée au langage du corps, l’utilisation de la musique concrète et la juxtaposition d’images choc en font une œuvre à part.

Buena nuevaRetour au œuvres contemporaines, plus modestes, avec une compétition qui bat son plein. Les courts métrages de bonnes factures mettront le jury au défi de les départager. Quant aux longs, de bonnes surprises s’annoncent déjà dont Amores Locos de Beda Docampo Feijoo ou La buena nueva d’Helena Taberna qui malgré son classicisme pourrait bien figurer au palmarès.

A voir d’ici le 11 octobre l’hommage à Emma Suarez, la rétrospective Max Recha, la carte à blanche à Mima Flaurent et les apéros concerts. Soirée de clôture le samedi 10 Octobre à l’UGC.

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Le syndrome du Titanic : Nicolas Hulot et Jean-Albert Lièvre (2009) District 9 : Neill Blomkamp (2009)

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