10e édition de Peuples et musiques au Cinéma, 29 octobre au 1er novembre

octobre 29, 2009 at 8:11 Laisser un commentaire

Retour aux sources des musiques modernes avec la 10e édition de Peuples et musiques au Cinéma, du 29 octobre au 1er novembre, à Toulouse. Son directeur artistique, Claude Sicre, nous présente ce festival unique et ludique organisé par l’association Escambiar.

Peuples et musiques au cinéma

Eveil musical

Quelle est l’ambition de cette manifestation ?
Claude Sicre : Sensibiliser les gens aux musiques des peuples du monde qui ont révolutionnées la musique actuelle. D’abord, en projetant des films du monde entier sur les musiques de ces peuples, qu’elles soient rituelles, religieuses, spontanées ou récréatives, pour donner à voir, à tous ceux qui les consomment, leurs sources en les découvrant dans leurs fonctionnalités basiques. Au-delà de cet aspect documentaire, il y a un côté scientifique qui consiste à essayer de comprendre comment on produit ces musiques, comment on les joue dans d’autres parties du monde et quelles relations elles entretiennent avec la forme de la société. Nous créons également des liens avec les communautés linguistico culturelles implantées à Toulouse et dans la région. Nous incitons les professeurs de musiques à étudier comment on enseigne ailleurs et comment les jeunes s’y forment dans une tout autre perspective, celle de travailler pour, dans et par la communauté. Quant aux musiciens en recherche d’identité musicale, nous les initions à toutes les pistes qu’offrent ces musiques pour qu’ils créent celle de demain. On a effectivement des buts pédagogiques avoués et très conscients.

En quoi l’approche musicale est-elle spécifique ?
On cherche à être transversal. La musique populaire montre des choses que d’autres sciences ne montrent pas, comme les rapports entre les peuples, les gens ou au monde qu’on ne découvre dans aucune autre science. C’est autre choses que ce qu’apportent la sociologie, l’ethnologie, ou la géographie. C’est une manière d’aborder la compréhension des peuples du monde et en parallèle de nous-mêmes. Il y a quelque chose d’humaniste dans cette démarche.

Parvenez-vous à maintenir un langage accessible à tous.
C’est une obsession chez moi : faire que les plus grands et les gens de la base puissent se rencontrer et discuter. Avec Hugo Zemp, notre invité éthnomusicologue, nous voulons une rencontre abordable. Ce n’est pas une utopie. Beaucoup de jeunes écoutent ces musiques du monde via le rap par exemple et on pari qu’il y en a certains qui vont venir poser des questions. On va parler du droit d’auteur, du droit collectif d’une communauté. Car dans la musique populaire aussi il y a des questions d’industrie musicale. Nous mélangeons donc rencontres savantes et récréatives, projections et concerts, mais aussi, lors d’une même séance, genres (documentaire et fictions) et lieux de destinations, pour braser les publics.

Ce n’est pas un festival passéiste ?
Non, on est en plein dans l’actualité. Quand on voit la quantité d’idées qui viennent des musiques des peuples du monde, c’est plutôt une source de modernité que de passéisme. Je suis aux anges quand je vois ces films comme celui où 5 femmes se retrouvent dans l’eau et commencent à s’amuser en tapant et en remuant les vagues. Ça devrait faire parti de l’éducation musicale. C’est d’une telle simplicité et d’une telle force. Ces techniques remontent à l’aube de l’humanité et restent encore valables.

Une dimension politique se dessine?
Bien sur qu’il y a de ça parce que quand on voit ces gens qui avec rien s’amusent, chantent leur monde, leur douleur, leurs souffrances ou leur rire, c’est important car c’est une vie culturelle qui n’est pas faite de consommation de modes ou de modèles dominants. Je suis pour les écoles, les conservatoires, mais il faut des contrepouvoirs. Il faut une relation entre les deux.

Pourquoi proposer le film Sounder sous titré en occitan?
Ça me tenait à cœur parce que je suis très intéressé par la culture occitane. Je pense qu’il faut le sortir de son narcissisme et de sa fonction de communication. Et là donner un film sur le blues des 30’s à traduire en occitan, c’est un risque, car ce n’est pas faire du mot à mot, il faut rendre tout l’esprit qu’il y a, toute l’époque, trouver des équivalents pour l’argot : il faut faire une œuvre et que ça ait du sens !

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Au sommaire de Klr-Obscur # 02, Saison 4 Le Concert (2009). Rencontre avec Radu Mihaileanu.

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