Loup (2009). Rencontre avec Nicolas Vanier.

décembre 9, 2009 at 9:05 Laisser un commentaire

Aventure, France

Réalisation : Nicolas Vanier
Avec Avec Nicolas Brioudes, Pom Klementieff, Min Man Ma…

Date de sortie : 9 décembre 2009

Distribution : Pathé Distribution

Synopsis : Sergueï est un Évène, ces nomades éleveurs de rennes qui vivent dans les montagnes de Sibérie orientale. A l’âge de 16 ans, Sergueï est nommé gardien de la grande harde du clan de Batagaï. Mais sa rencontre avec une louve et ses quatre adorables louveteaux va bouleverser sa vie et ses certitudes.

Avec Loup, Nicolas Vanier nous entraîne dans le grand nord sibérien, au cœur d’une terre de paix et de silence pour une nouvelle aventure humaine inoubliable : la rencontre avec les Evènes. Ce peuple unique, vivant en parfaite harmonie avec la nature a fasciné notre cinéaste explorateur. Explications.

L’homme des vallées perdues

Comment est né ce projet ?
Nicolas Vanier : En 1990, j’ai traversé la Sibérie de la Mongolie jusqu’à l’océan arctique. Je suis tombé par hasard sur les Evènes, un peuple nomade qui vivait dans les montagnes et avec lesquels j’ai passé 1 an et demi de ma vie. C’est là qu’est née cette histoire qui a d’abord été un roman. J’ai été frappé de trouver ce peuple qui vivait à l’écart du temps, de l’évolution du monde et qui cultivait encore cet art de vivre. Lorsque je les ai rencontré j’ai eu l’impression de trouver enfin ce que je cherchais depuis si longtemps. Parce que j’aime la relation de ces hommes avec leur territoire. Souvent j’ai été attristé de voir ce que les indiens ou certains peuples de Sibérie étaient devenus, marqués par les ravages de l’alcool ou de la drogue. Je n’ai pas trouvé ça chez les Evènes. Ce sont des hommes simplement heureux et qui dégagent un véritable bonheur de vivre reposant sur la simplicité d’une vie, qu’on dépeint ici avec exactitude.

Pourquoi ont-ils acceptés ce film ?
Les Evènes nous ont donné leur accord pour consacrer à ce film un an de leur vie, lui attribuer un clan entier, des rennes, mais ils ne voulaient pas prendre la responsabilité de jouer la comédie. Ils m’ont demandé de trouver des jeunes avec un physique pouvant se fondre dans leur clan pour interpréter cette fiction. J’ai donc fait un casting pour trouver ces personnes qui ont vécues un mois et demi avec eux. Mais, au delà de l’histoire, j’ai tenu à faire passer un certain nombre de messages. Je voulais insister sur les rapports simples et sains de ces hommes, que se soit entre eux ou vis-à-vis du territoire et des animaux y compris des loups. Ils utilisent leur intelligence pour préserver plutôt que pour détruire comme nous le faisons. Ce film soulève donc des questions qui ont motivées en grande partie les Evènes à le faire.

Pensiez-vous déjà au film avant d’écrire le roman ?
J’en rêvais déjà. Mais, je savais pertinemment que si Le dernier trappeur ne connaissait pas un certain succès, je n’aurais pas la possibilité de le réaliser. La difficulté était de trouver un lieu de tournage, car le faire chez eux nous semblait impossible. C’est le producteur qui a imposé la Sibérie en insistant sur l’authenticité de mon cinéma. Ailleurs, on aurait évité certains problèmes mais jamais on aurait eu la féerie de ces images et cette ambiance incomparable que seuls ces froids de -50 ou -55° créent.

On navigue entre film à grand spectacle et documentaire…
Ce n’est absolument pas un documentaire. C’est une fiction où les décors, les températures, les animaux et les personnages sont réels. A cela s’ajoute le fait que les acteurs ne jouent pas la comédie mais vivent les scènes. Le sauvetage du loup par Sergueï est forcément criant de naturel puisqu’il vit la séquence. Après, on s’est efforcé de multiplier les plans larges pour réunir les loups, les rennes, les hommes et ces paysages grandioses, ce qui apporte une richesse et donne cette impression de grand film. Après, je n’ai ni cherché à améliorer ni à aseptiser ce monde. Ici, les loups sont des prédateurs, les Evènes les tuent, mais tous vivent en équilibre et ça je le montre.

Débordant de naïveté et de bons sentiments, Loup s’adresse avant tout à un jeune public. Si la magie que dégagent ces superbes paysages et les discours pédagogique qui l’accompagne devraient aisément les fasciner, on peut regretter le manque d’épaisseur d’un scénario convenu construit autour d’une romance adolescente. En revanche, difficile de passer à côté du jeu approximatif des acteurs amplifié par un post synchronisation des voix françaises qui manque de conviction et de vivant. Difficile aussi d’oublier la platitude des dialogues et l‘omniprésence de cette musique lancinante. Heureusement, la beauté de ces montagne permets d’avaler la pilule.

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Au bonheur des cinéphiles : Coffret Douglas Sirk, Les mélodrames allemands. Disponible le 3 décembre. La merditude des choses : Félix van Groeningen (2009)

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