Ivul (2010). Rencontre avec Andrew Kötting.

janvier 20, 2010 at 10:30 Laisser un commentaire

Drame fantastique, France

Réalisation : Andrew Kötting
avec Jean-Luc Bideau, Jacob Auzanneau, Aurélia Petit

Date de sortie : 20 janvier 2010

Distribution : Ed Distribution

Synopsis : Ivul est l’histoire du jeune Alex, qui, banni par son père excentrique, escalade la maison jusqu’au toit et jure de ne plus jamais remettre un pied sur terre. Il vit ainsi une brève et tragique existence, en exil, regardant du haut de son royaume un monde en décomposition et une famille qu’il aime.

Saisissant et fascinant, Ivul se déguste comme un conte noir qui vous happe pour une expérience cinématographique unique : la désagrégation d’une famille vue d’en haut. Invité du cinéma abc, le vidéaste anglais Andrew Kötting revient sur la genèse de ce projet radical et le choix des Pyrénées comme lieu de tournage.

Sur un arbre perché

Comment est né Ivul ?
Andrew Kötting : Comme beaucoup de mes films précédant, son point de départ est autobiographique. Enfant, je grimpais souvent aux arbres, pour y regarder le monde. À cette hauteur il me paraissait moins inquiétant. J’adorais cette sensation. Les arbres étaient un refuge sûr. Adulte, cette manie ne m’a pas quitté. C’est depuis la cime d’un arbre que m’est venue, il y a 12 ans, l’histoire de cette famille habitant un manoir isolé dans un monde poétique. Ivul constitue le second volet d’une trilogie des films de la terre, entamée avec mon second long métrage Cette salle terre. J’ai mis des années pour développer le script d’Ivul. Le titre initial en était Off ground he, c’est-à-dire « Chat perché », un jeu auquel les enfants s’amusent. C’est plus tard que la productrice Emilie Blézat m’a proposé de transférer cette idée en France, dans les Pyrénées. Connaissant bien l’Ariège et la beauté de ces paysages, j’ai de suite accepté. Maintenant je recherche des subventions pour le troisième et dernier chapitre qui devrait se passer sous la terre, au cœur des îles Fairway.

Pourquoi construire votre œuvre autour du personnage de Lek, tout en le laissant très en retrait ?
Andrew Kötting : La trilogie tourne autour des paysages et de la terre mais on y retrouve un être commun : Lek qui dans Cette salle terre, parle peu et dans Ivul est muet. Il apporte un esprit et un visage spécial. Il vient d’une autre époque, il est mystérieux, voir méchant or, pour moi c’est le personnage le plus humain. J’ai crée Lek en lisant les romans de Zola dont La terre où il y a un personnage récurant. Je trouvais cette idée intéressante, c’est ce qui m’a amené à la réutiliser. Lek veille sur cette famille. Il est porteur d’une culture païenne et d’une pensée chamanique. C’est un passeur.

Pourquoi osciller entre claustrophobie et plans larges, entre intime et tragique?
Andrew Kötting : J’aime jouer avec les lieux, le temps, les décors, les sons ou les images. J’essaye de créer un monde poétique, un univers entre fiction et documentaire. C’est un bricolage d’idées et de choses. Je travaille comme un artiste et pas comme un réalisateur. Or, on est ici en vase clos. Il n’y a que la famille et le drame arrive très vite. Pour les scènes d’intimité, notamment avec les enfants, j’ai privilégié le naturel en filmant en dehors des plans prévus. C’est le plaisir de la vidéo. En contrechamps, on trouve les paysages d’Ariège que j’ai pensés comme de véritables personnages. J’ai pris beaucoup de plaisir à les mettre en connexion avec des images d’archives et à jouer avec leur texture.

On s’envole ainsi vers l’inconnu …
Andrew Kötting : Je cherche à faire un autre cinéma. Beaucoup de réalisateurs fonctionnent suivant la même recette. Ça ne m’intéresse pas. Je cherche à être plus elliptique, plus expérimental. D’habitude mon cinéma est plus abstrait. Ivul est le premier de mes films où le narratif est le moteur de l’histoire. Pourtant, je me joue encore du spectateur. Je le bouleverse avec ces images d’archives, je l’apaise avec ces plans de nature pour l’amener jusqu’à cette fin bien énigmatique et ce clin d’œil symbolique aux Cathares.

Chronique du film Ivul !

Publicités

Entry filed under: Cinéma français, Interview. Tags: , , .

Retour de la Collection Giallo en DVD Les Barons (2010). Rencontre avec Nabil Ben Yadir.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Trackback this post  |  Subscribe to the comments via RSS Feed


Archives


%d blogueurs aiment cette page :