Chicas (2010). Rencontre avec Yasmina Reza.

mars 10, 2010 at 9:58 Laisser un commentaire

Drame France

Réalisation : Yasmina Reza
avec André Dussollier, Emmanuelle Seigner, Carmen Maura

Date de sortie : 10 mars 2010

Distribution : UGC Distribution

Synopsis : Pilar est espagnole et veuve. Elle a élevé ses trois filles en France. Amoureuse de Fernand, le gérant de son immeuble, elle organise chez elle un déjeuner de présentation. Une réunion improbable où la folie familiale l’emporte.

Pour son premier long métrage, Yasmina Reza, figure phare du théâtre contemporain, adapte à l’écran Une pièce espagnole et réunit Carmen Maura, André Dussollier et Emmanuelle Seigner dans une chronique familiale douce amère. Si l’on retrouve avec plaisir son sens du dialogue et des personnages, jamais Chicas ne verse dans la facilité du théâtre filmé, comme nous l’explique sa réalisatrice.

Pourquoi vous lancer dans le cinéma ?
Yasmina Reza : C’est la suite logique d’un travail. J’ai écrit pour le théâtre, dirigé des acteurs et j’ai eu des aventures littéraires. On m’a souvent sollicité pour adapter mes pièces ou composer des scénarios pour le cinéma, mais j’ai toujours refusé. C’est pourtant un art très complet puisqu’il recouvre la photo, le son et la musique. Il a un prisme beaucoup plus large que le théâtre, qui lui reste un art de l’aplat. Pourtant, je savais qu’un jour je ferai un film, mais pas du cinéma. C’est-à-dire que j’exprimerai autrement mes préoccupations. Je me suis toujours dit que le jour où j’écrirais un scénario, je le réaliserai moi-même. C’est maintenant chose faite. J’ai appris beaucoup mais le côté technique ne m’impressionnait pas parce que j’avais un sujet que je pouvais dominer. D’ailleurs, je rapproche Chicas de mes œuvres dramatiques les plus personnelles voire de l’autoportrait.

Quel a été votre point de départ ?
Yasmina Reza : Je creuse toujours la même chose. Pratiquement tous mes livres se ressemblent même s‘ils prennent des allures différentes. Les relations humaines vues de la façon la plus quotidienne qui soit m’intéressent car c’est de l’infime domestique que naît la tragédie de l’existence. Voilà comment je peux résumer ce que j’essaye de faire. Là, je n’avais jamais traité les relations entre femmes. C’était la première fois. Je n’avais jamais abordé la féminité aussi frontalement en littérature où je me suis toujours caché derrière mes personnages masculins. Je transitais toujours par eux pour exprimer l’intime. Il a fallu le cinéma pour que je me dévoile. Je pense que j’ai su le faire parce que j’ai montré physiquement ces femmes tout en m’en servant comme paravent.

Comment êtes-vous parvenue à mettre en images ces relations si dures à mettre en mots ?
Yasmina Reza : Les mots, en soi, il faut leur donner de la résonance. En littérature c’est avec le style, au cinéma c’est avec la psychologie et les images. Plus que les rapports mère/fille, ce film a pour thème la destiné. Je trouvais, par exemple, intéressant de jouer avec Emmanuelle Seigner, qui est pour moi plus qu’une actrice une personnalité, et qui là incarne une star à la carrière internationale vivant dans un appartement de banlieue, loué par sa mère, avec cette décoration espagnole et ces jolis rideaux bourgeois. Car les mots prennent un certain type de résonance quand on les met dans des décors comme ça. Il a y aussi tous ces moments de femmes que l’on ne peut pas mettre en mots. Enfin, certaines positions de leur corps comme quand elles sont posées sur le lit, en disent plus sur la nature de leurs relations que les mots. De ce point de vue là, le cinéma a des vertus incroyables.

D’où vient votre souci du détail si poussé ?
Yasmina Reza : J’ai un souci du détail tout le temps, donc je l’ai amené au cinéma. J’ai toujours été très soucieuse de la justesse. Dans l’écriture je peux mettre des heures à trouver le bon mot, il n’y a pas de gras dans mon écriture ni de mots innocents. Ici, un détail du décor peut raconter beaucoup de choses. C’est ma nature créative qui est comme ça, très précise.

Publicités

Entry filed under: Cinéma français, Interview. Tags: , , , , , .

Carlotta propose 3 films anglais d’Hitchcock, en salles en avril ! Blanc comme neige (2010). Rencontre avec Christophe Blanc.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Trackback this post  |  Subscribe to the comments via RSS Feed


Archives


%d blogueurs aiment cette page :