Blanc comme neige (2010). Rencontre avec Christophe Blanc.

mars 17, 2010 at 11:20 1 commentaire

Thriller France

Réalisation : Christophe Blanc
avec François Cluzet, Louise Bourgoin, Olivier Gourmet

Date de sortie : 17 mars 2010

Distribution : mk2 Diffusion

Synopsis : Maxime a tout pour être heureux. Gérant d’une concession florissante de véhicules hauts de gamme, il est marié à une délicieuse jeune femme et vit dans une confortable villa. Tout bascule le jour où Simon, son associé, est assassiné par une bande de malfrats. Tenu de rendre des comptes, Maxime appelle à l’aide ses frères, habitués des petites combines. Mais leur intervention vire au fiasco.

Après Une femme d’extérieur, Christophe Blanc change son fusil d’épaule et s’attaque au film de genre. Moins à l’aise, plus prévisible, Blanc comme neige s’avère, malgré de belles propositions, un polar hésitant enlevé par l’interprétation sanguine de François Cluzet et Olivier Gourmet. Rencontre.

Les frères pétard

Avez-vous été séduit par l’histoire de cet homme qui s’enlise ?
François Cluzet : C’est un homme qui ment et qui prend les mauvaises décisions parce qu’il ne veut rien perdre. C’est un type qui a tout et à qui on va tout enlever. Qui va-t-il devenir ? Va t-il récupérer une humilité perdue ? C’est surtout l’histoire d’un bon complexe de supériorité. Celui de ces gens qui se rangent dans la case des gagnants au détriment des autres qu’ils considèrent comme des loosers, dans une vision manichéenne de la vie. L’un gagne sans cesse et l’autre perd tout le temps. C’est quelque chose qui revient souvent en ce moment et qui est insupportable. C’est le libéralisme qui donne ça. Bien sur qu’il y a un fond politique au film. C’est d’ailleurs ça qui m’a passionné. Parce que je ne m’occupe pas trop des rôles. Ce qui me préoccupe ce sont mes partenaires et la partition. Là on avait un scénario hors du commun pour un grand thriller entre divertissement et film d’auteur qui offrait plein de possibilités. En lisant le scripte je n’avais pas l’impression d’avoir déjà vu ce film.

Votre personnage semble plus rugueux. Comment l’avez-vous abordé?
Olivier Gourmet : C’est quelqu’un qui n’est pas blanc comme neige puisque que c’est un ancien taulard qui essaye de se réinsérer en ouvrant un chenil, chose plutôt cocasse. Mais j’ai apprécié la densité du scénario avec différentes strates dont ce côté politique, ces questionnements sur la société ou sur l’individualisme au détriment de la solidarité. Ici, personne n’est donneur de leçon sauf lui au départ. Il s’appelle, et ce n’est pas un hasard, Maxime Bojastan, soit l’anagramme de Satan et de Job, cet homme qui a tout et à qui Dieu demande de se dépouiller pour retrouver l’essentiel. Donc ce personnage avait tout pour me séduire.

C’était important pour vous de jouer dans un polar ?
Olivier Gourmet : Il n’y a qu’une chose qui m’intéresse c’est le plaisir. Je tourne souvent dans des films d’auteurs, ce qui pourrait être faussement assimilé à un regard intellectuel sur le cinéma. Ce n’est pas le cas. Tout se décide à la lecture du scénario. Les personnages caricaturaux, ça ne m’amuse pas. Ce qui m’émeut, c’est monsieur et madame tout le monde, des gens confrontés à des situations auxquelles je peux m’identifier. J’aime aller à la rencontre de ces personnes en essayant de les ressentir. Sur des films plus ancrés dans une vérité sociale, j’adore aller sur les lieux deux semaines avant le tournage ou dans un bistrot pour boire un verre, parler avec les gens, les écouter pour m’imprégner des choses. Mais ce n’est ni une démarche artistique, ni intellectuelle.
François Cluzet : Moi aussi, le genre m’importe peu. Si j’aime un réalisateur, il peut choisir son sujet comme il veut, ça ne changera pas mon envie de travailler avec lui. Après, que ce soit une comédie, un drame ou un film de genre, il faut absolument que le scripte soit abouti. Mais ce qui me plait et qui reste déterminant pour moi ce sont mes partenaires. Je suis donc très attaché à ce que les seconds rôles soient nombreux et bien écrits. Un tournage ne doit pas être un règlement compte mais une collaboration entre acteurs de talent et d’envies, comme ce fut le cas ici.

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Un commentaire Add your own

  • 1. Junas  |  avril 8, 2010 à 3:45

    Olivier Gourmet donnera la réplique à Pablo Nicomedes (the big purple van, « C’est plutôt genre Johnny Walker » d’Olivier Babinet très remarqué au festival premiers plans d’Angers) dans un road trip rocambolesque intitulé « Robert Mitchum est mort » réalisé par Olivier Babinet et Fred Kihn.

    Vous pouvez soutenir ce projet sur http://www.touscoprod.com/pages/projet/fiche.php?s_id=508&s_wbg_menu=4

    Réponse

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