Gardiens de l’ordre (2010). Rencontre avec Nicolas Boukhrief.

avril 7, 2010 at 9:50 Laisser un commentaire

Thriller France

Réalisation : Nicolas Boukhrief
avec François Cécile de France, Fred Testot, Julien Boisselier

Date de sortie : 7 avril 2010

Distribution : Gaumont Distribution

Synopsis : Lors d’une ronde de nuit qui tourne mal, Simon et Julie, deux simples gardiens de la paix, blessent un jeune cadre qui a abattu sans raison un de leurs coéquipiers. Accusés à tort de bavure et lâchés par leur hiérarchie, ils décident de prouver leur innocence en enquêtant sur la drogue responsable du coup de folie de leur agresseur.

2 ans après Cortex, Nicolas Boukhrief retrouve, avec Gardiens de l’ordre, la noirceur et l’intensité de son premier opus. Porté par le duo inattendu Cécile de France/Fred Testot, ce polar urbain sec et stupéfiant enchante, par la beauté de ses scènes de nuit et son efficacité. Regard sur la relecture libre d’un genre avec ce triumvirat de choc !

Comment est née l’idée de ce film ?
Nicolas Boukhrief : D’un article du Parisien qui évoquait l’arrivée en Europe de nouvelles amphétamines bon marché ayant tendance à rendre agressif. De là, j’ai imaginé un personnage de gardien de la paix qui déciderait seul d’enquêter sur cette drogue. Le pitch a intéressé ma productrice mais elle craignait que je ne m’enferme de nouveau dans le principe d’un enquêteur solitaire. On a donc eu l’idée de lui adjoindre un personnage féminin et d’axer l’histoire sur ce couple ce qui évite un excès de noirceur.

Pourquoi confier ces rôles à Cécile de France et Fred Testot ?
Nicolas Boukhrief : Parce que je les trouvais lumineux. Si j’avais pris des caractères plus réalistes, le film serait devenu glauque. Or, je voulais une histoire d’amour, donc il fallait deux acteurs qui apportent une note d’espoir dans cet univers sombre et dur. Leur présence et leur talent étaient un avantage pour le film, pas un risque. Donc je ne me suis pas posé de questions. J’ai d’abord pensé à Cécile car tout de suite, j’ai pu l‘imaginer en uniforme sans qu’on perde en crédibilité. Puis j’ai cherché un partenaire aussi moderne, aussi sexy et avec qui il y aurait un échange d’énergie complémentaire : Fred. Comme pour Jean Dujardin dans Le convoyeur, je le trouvais formidablement investis et créatifs dans son programme et ça m’a donné envie d’aller plus loin. Qu’il vienne de la comédie ne me dérangeait pas.

Pourquoi avoir accepté cette proposition ?
Cécile de France : Ce n’est pas le genre de rôle qu’on me propose souvent, même si je suis attirée par ces personnages avec une part d’ombre comme cette femme flic plutôt dur, loin de mon registre habituel. J’aime changer de peau et aller dans des univers que je ne connais pas. Je me suis documentée sur les gardiens de la paix. J’ai lu Flic de Bénédicte Desforges qui m’a aidé à les humaniser et à me débarrasser des stéréotypes qui leur collent à la peau. J’ai beaucoup étudié ces femmes pour savoir comment elles bougent, comment elles arrivent à maintenir leur féminité et leur élégance derrière l’uniforme.
Fred Testot : Ce qui m’a plu, c’est que ce ne sont ni des super flics, ni des champions de la vertu. Mon personnage a eu maille à partir avec sa hiérarchie et a déjà fait usage de stupéfiants, donc c’est quelqu’un d’ambigu. Là je sors des rôles que j’interprète d’habitude. Je n’avais pas tellement d’angoisse, j’avais plutôt du mal à évaluer mon interprétation. Heureusement l’équipe était là pour me guider donc j’ai vite arrêté de me demander si j’étais, ou pas, à la hauteur.

C’est un retour au polar ?
Nicolas Boukhrief : Après Cortex, j’avais envie de revenir à un film plus énergique, tout en sortant de l’imagerie un peu sordide du polar. Ce commissariat moderne est géré comme une entreprise, ce qui me permet d’éviter l’écueil des gentils flics contre les méchants dealers. La violence est en retrait. On se focalise sur les policiers pour aller au delà de l’uniforme et découvrir l’homme. Donc ce film s’inscrit dans une réalité sociale à la manière du cinéma de Duvivier ou de Becker. Je voulais permettre au public de Fred et Cécile d’aimer le film de genre sans affadir mes propos.

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