Les mains en l’air (2010). Rencontre avec Romain Goupil.

juin 9, 2010 at 10:47 Laisser un commentaire

Drame, France

Réalisation : Romain Goupil
avec Valeria Bruni Tedeschi, Hippolyte Girardot, Linda Doudaeva …

Date de sortie : 9 juin 2010

Distribution : Les Films du Losange

Synopsis : 22 mars 2067, Milana se souvient de ce qui lui est arrivé, il y a soixante ans… En 2009, cette jeune fille d’origine tchétchène, est élève en classe de CM2 à Paris. Ses copains, sa bande ce sont Blaise, Alice, Claudio, Ali et Youssef. Mais un jour Youssef est expulsé. Puis, c’est au tour de Milana d’être menacée. Se sentant alors en danger, les enfants décident de réagir. Ils prêtent serment de toujours rester ensemble et organisent un complot pour sauver Milana…

Privilégiant ses souvenirs de jeunesse à un discours politique militant, Romain Goupil propose avec Les mains en l’air, une fable maligne, sur les effets de la politique de reconduite à la frontière des sans-papiers perçus du point vue de l’enfance. Rencontre avec Romain Goupil.

Ce film part-il d’un engagement personnel ?
Romain Goupil : Je me suis engagé dans l’appel à désobéir des cinéastes en 1997 et contre le délit de solidarité. Je reste engagé comme citoyen mais là c’est en parent plus que comme militant que cette idée a germée. Comme militant le bilan est amer puisque après ces mouvements les choses ont empirées avec ce débat sur l’identité nationale. C’est dur d’arriver à une telle régression donc le film ne pouvait pas naître de la mobilisation. Tout est parti d’une discussion de parent à parent avec une amie qui a adopté un petit garçon vietnamien. Un jour elle me dit que son fils est rentré à la maison en disant : « c’est quand mon tour ? » parce que son meilleur pote venait d’être expulsé et qu’un autre venait d’être retiré de la classe. Et elle me demande : « qu’est ce que je dois dire ? ». Je suis resté sans voix. Comment expliquer à un enfant que certaines personnes peuvent rester et d’autres pas à cause d’un bout de papier. Le seul truc à dire c’est que les adultes se trompent. Le film est donc né d’un sentiment d’impuissance parce que ça dépasse l’entendement. Du coup j’ai pris des mômes parce qu’ils n’ont pas les explications de ce système absurde. Ils ont un réflexe toute bête : combattre un sentiment d’injustice. On ne dénonce pas, on protège le plus faible. Mais adulte on oublie ça.

Ce n’est donc pas une œuvre politique ou militante ?
Militante sûrement pas. Militant, c’est illustrer un discours avec des images pour que tous soient d’accord avec vous. A quoi ça sert, à part faire plaisir à ceux qui sont dans la salle et pensent comme vous ? C’est le contraire de ma conception du cinéma. Ça ne me plait pas, même pour un sujet juste. Je n’aime pas les films à message où on doit penser la même chose au même moment. J’en parle d’autant mieux qu’avec Mourir à 30 ans j’étais militant. Donc j’ai fait ce genre de films assimilable à de la propagande. Là, on se dit tient il y a un truc injuste mais je ne montre aucune scène pour révolter et provoquer l’émotion. Valéria Bruni-Tedeschi comme moi nous pensons qu’il faudrait arrêter cette politique, mais ce n’est pas le but du film. Pour moi un film ne doit pas changer une situation mais participer à des interrogations. Donc j’en ai fait un conte pour ne pas tomber dans la dénonciation.

A t-on alors un divertissement sur les sans papiers ?
On essaye de comprendre comment se passe le monde et pas de s’en divertir. Je pose des questions sur une situation donnée. Mais divertir reviendrait à dire, il y a les sans papiers et nous, pendant une heure et demie, on va se mettre à l’abri de ça. Ce n’est pas le but. C’est un film à hauteur d’enfants qui fait référence à Mourir à 30 ans ou à Maman où il y a toujours des bandes et des jeunes gens qui ont cette envie d’essayer de changer les choses et de ne pas accepter la fatalité. Pour moi il y a la réminiscence de mes souvenirs de gosses et de la conception qu’on avait du monde. Je voulais dire l’injustice que ressentent les enfants. A un moment ils décident de ne plus écouter les adultes. Donc ils se révoltent et apprennent à penser par eux-mêmes. Or, le but de l’éducation devrait être de développer l’esprit critique et non celui d’obéissance.

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