Mother : Bong Joon-Hoo (2010, Diaphana)

juin 18, 2010 at 11:23 Laisser un commentaire

MOTHER

Un film de Bong Joon-ho
avec Bin Won, Ku Jin et Hye-ja Kim

Distribution : Diaphana

Fiche produit boutique

Date de sortie : 02/06/2010

Après le succès public de The host, brillante relecture ludique et politique du film de monstres, le cinéaste coréen Bong Joon-Hoo délaisse le fantastique pour retrouver l’univers du néo polar, déjà à l’œuvre dans Memories of murder, pour mieux s’en éloigner.

Avec Mother, le réalisateur choisi en effet de focaliser son regard sur la figure de la mère, ici une veuve, magnifiquement incarnée par la troublante Kim Hye-Ja, qui élève son fils unique âgé de 27 ans. Naïf et simplet, Do-joon se comporte parfois bêtement voire dangereusement jusqu’au jour où une jeune fille est retrouvée morte. La police locale soucieuse de bouclée l’affaire au plus vite l’accuse aussitôt de ce meurtre sordide. Acculée, incapable de se payer les services d’un avocat loyal, cette femme mûre, portée par un instinct maternel sans faille, décide alors de partir à la recherche du meurtrier pour prouver l’innocence de son fils. Quelle force pourra alors résister à cette mère prête à tout pour sauver la chair de sa chair ?

« Idiot ». Présentée en sélection officielle à Cannes en 2009, cette œuvre de toute beauté est malheureusement repartie bredouille. Un constant amer pour un réalisateur devenu en l’espace de quatre films, incontournable et qui là propose, à partir d’un sujet classique, une de ses réalisations les plus formellement soignée et aboutie. Car Bong Joon-Hoo connaît bien la grammaire du cinéma. Il se plait ici à mêler des plans larges de toute beauté sur une nature sublime qui vient littéralement happer ses acteurs, avec des plans cadrés très serrés et des caméras portées à l’épaule. Il s’en suit des changements de rythmes constants donnant au récit des pointes d’angoisse et de nostalgie, voire de poésie avec l’image sublime de cette mère dansant au beau milieu d’herbes sèches, comme hors du temps. Ce sont ces inventions narratives, ce regard amusé et bienveillant qu’il porte sur ces gens du peuple ou plus critique envers les policiers et les élites qui donnent à ces films ce côté original et décalé.
Ici, même si le cinéaste poursuit son exploration des maux de la société coréenne où individualisme et corruption s’accroissent, il s’amuse avant tout avec les codes du polar. Il nous promène, nous perd entre le burlesque, induit par l’étonnant comportement de Do-joon et la tragédie. Une partition virtuose que souligne le beau thème musical de Lee Byeong-Woo alliant folk et tango, mélancolie et euphorie. Difficile d’oublier cette scène des plus symbolique où la mère donne à boire un bol de soupe à son grand gaillard pendant qu’il urine contre un mur. Les liens familiaux sont très forts et Mother peut se lire comme une danse entre réalité et fantasme, amour et déraison ou confusion et certitude. Car au delà de l’enquête policière, chacun menace à tout moment de sombrer dans une douce folie. Surtout lorsque l’on entrevoit que cette relation mère/fils excessive voire obsessionnelle, repose sur un socle quelque peu nauséeux. Les vieux démons remontent alors à la surface. Une simple aiguille d’acuponcture, même bien placée par les mains expertes de cette mère, suffira t-elle à enterrer le passé et à sauver cette famille ?

Bong Joon-Hoo définit Mother comme un défit sur le plan cinématographique. Sec, ponctué d’éclair de violence froide et d’éclats d’onirisme enchanteurs, le portait de cette mère courage en proie avec la réalité imprégnera pendant longtemps les rétines des cinéphiles. Une mère qu’on admire autant qu’on la craint.

Suppléments :
Dans les coulisses du film (20mn)
Des ambiances de plateau sont entrecoupées d’interview avec le réalisateur Bong Joon-Ho, les comédiens dont l’étonnante Kim Hye-Ja ou le producteur pour décrire sur la genèse de ce film ambitieux. Le réalisateur revient sur son amour des paysages et du cinéma. Le rythme très lent, presque contemplatif donne à ce sujet l’impression d’une déambulation dans l’arrière cour de Mother.
Mother et Bong Joon-Ho, par Jean-François Rouger (18mn)
Critique de cinéma au journal Le Monde & Directeur de la programmation de la Cinémathèque française, Jean-François Rouger pose un regard analytique des plus intéressant sur Mother et l’univers de son réalisateur Bong Joon-Ho. L’occasion pour lui de revenir sur ces œuvres passées, de pointer quelques similitudes et d’esquisser une description du cinéma de ce talentueux cinéaste coréen.
– Bandes-annonces

Technique :
– Durée du film : 124 min
– Format film : 2.35 – 16/9 compatible 4/3 – Couleur
– Langues : français et coréen
– Son : Le film en VF et VOST 2.0 et 5.1.
La version française en 5.1 met davantage en avant les voix. La version originale sous-titrée en 5.1 bénéficie cependant d’un bel équilibre qui intègre les voix de manière plus naturelle à l’ensemble.
– Image : La définition est d’une excellente qualité.

En partenariat avec :

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