Tournée (2010). Rencontre avec Mathieu Amalric.

juin 30, 2010 at 10:33 Laisser un commentaire

Comédie dramatique, France

Réalisation : Mathieu Amalric
avec Miranda Colclasure, Suzanne Ramsey, Linda Maracini

Date de sortie : 30 juin 2010

Distribution : Le Pacte

Synopsis : Producteur de télévision parisien à succès, Joachim avait tout plaqué pour repartir à zéro en Amérique à l’aube de ses quarante ans. Il revient avec une tournée de strip-teaseuses «New Burlesque» à qui il a fait fantasmer la France et Paris !

Frais et pétillant, Tournée se savoure comme une improbable rencontre entre Tous en scène de Vincente Minnelli et l’univers chaotique de Charles Bukowski. Le charme des filles, leur générosité et l’élégance subversive de leur show enchantent. Rencontre avec Mathieu Amalric.

Comment est née l’idée de Tournée ?
Mathieu Amalric : Ce n’est pas parti d’une idée mais des filles : des danseuses et des productrices des Films du Poisson avec qui j’avais fait La chose publique en 2003 et qui m’ont proposées de récidiver. J’ai été touché par leur demande et le premier truc qui m’est venue à l’esprit, c’est ce livre de Colette L’envers du music-hall que je traînais en tête depuis un moment. J’ai toujours été attiré par ses histoires de tournées, par ces nomades qui traversent la vie de sédentaires. Ne plus savoir où on habite, être attiré par le mouvement et ce perdre, il y avait tout ça chez Colette. Donc j’ai cherché un truc d’aujourd’hui qui puisse raisonner avec cela. Savoir pourquoi une femme a eu envie de partir sur les routes pour faire du music hall et des spectacles déshabillés. Et quand je suis tombé, longtemps plus tard, sur un article qui décrivait une soirée à Paris où ces filles étaient venues, je me suis dit c’est ça ! Mais je n’ai pas voulu les rencontrer tout de suite, je préférais partir de ce qu’elles m’évoquaient. Car ce n’est pas normal de rire autant, d’être aussi extraverties et d’avoir besoin de le montrer. J’avais le sentiment que ça devait cacher beaucoup de détresse, de combats, de travail sur sois même et de violence. Après un an d’écriture, on est allé voir leurs numéros. La scène c’est ce qui les décrit le mieux. Faut être d’un courage et d’une timidité maladive je crois pour oser faire des choses pareilles. J’ai donc voulu chercher cette contradiction et montrer toute la noblesse qu’il y a à se débrouiller avec ces corps.

Comment définiriez-vous le new burlesque ?
Mathieu Amalric : C’est continuer d’inventer d’autres numéros pour creuser dans son intimité, dans ses colères ou sa drôlerie donc sa personnalité. C’est super intime. Au départ c’est un mouvement lesbien gothique qui a commencé en 1995 avec le Velvet Hammer pour vraiment casser l’exploitation sexuelle du corps de la femme et de la représentation des corps de femmes dans les magazines avec le début de Photoshop. Mais se sont des shows girls donc elles ne font pas ça avec des discours mais d’une manière plus contagieuse. Elles portent la politique dans leur corps.

Vous jouez sur le registre du documentaire…
Mathieu Amalric : Tout le monde pensait au début que j’allais apprendre à de vraies actrices à faire du burlesque. J’ai préfère créer ma propre troupe et produire une vraie tournée. On filmait dans les hôtels où on vivait. On offrait des spectacles gratuits et on écumait les villes pour remplir les salles. Je voulais choper quelque chose qui ne semble pas fabriqué, conserver l’énergie immédiate, vitale des shows. Là ça marche que parce que les gens réagissent et les filles ont besoin de cette effervescence. Mais on a beaucoup écrit pour que la mise en scène ne se voit pas et qu’on ait le sentiment que rien ne soit fabriqué.

Pourquoi incarnez-vous le personnage de Joachim ?
Mathieu Amalric : Ce n’était pas prévu, ni écrit pour moi. Je suis parti d’une mythologie de producteurs plus âgés comme Paulo Branco pour qui j’ai beaucoup travaillé, tous ces gens incroyables qui prenaient de tels risques. Pourtant, tout le monde savait que j’allais le jouer sauf moi et au final, en râlant, je l’ai fait.

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