Les nuits de sister Welsh (2010). Rencontre avec Jean-Claude Janer

octobre 27, 2010 at 9:09 Laisser un commentaire

Comédie, France

Réalisation : Jean-Claude Janer
avec Anne Brochet, Louise Blachère, Laurent Delbecque

Date de sortie : 27 octobre 2010

Distribution : Albany Films distribution

Synopsis : Emma a 16 ans et sa mère est odieuse. Alors elle la transforme en héroïne romantique et amoureuse dans un 19ème siècle victorien. Emma est amoureuse d’un garçon de son âge. Alors elle le rêve en prince charmant qui l’emmène sur son scooter jusqu’à Tanger. Rongée par les fantasmes, elle doit grandir, pour vivre enfin.

Comédie féerique déjantée et faussement naïve, Les nuits de sister Welsh sont l’occasion de retrouver l’actrice Louise Blanchère dans un rôle d’adolescente errant entre rêve et réalité. Rencontre avec son réalisateur, Jean-Claude Janer.

Les nuits de sister Welsh est votre second long métrage, 10 ans après Superlove. Pouvez revenir sur votre parcours et nous expliquer pourquoi avoir mis tant de temps avant de revenir à la réalisation ?
Jean-Claude Janer : Je suis diplômé de la Femis. Peu de temps après je suis devenu lecteur pour TFI, puis j’ai été consultant à Los Angeles au département Walt Disney Imagineering, J’ai réalisé mon premier long métrage en 1999, Superlove donc, qui a été un échec retentissant. J’étais tellement déprimé que j’ai décidé d’arrêter le cinéma, parce que je ne me revoyais pas entreprendre un nouveau film après celui-ci. Heureusement, en parallèle j’étais aussi scénariste, entre autres avec Peau d’homme, cœur de bête (1999) d’Hélène Angel, qui lui a connu un beau succès. Je me suis donc tourné vers l’écriture. Mais au final il m’a fallu 10 ans et l’appuie de beaucoup de monde pour me lancer de nouveau dans la réalisation. J’espère que ce film ne sera pas une nouvelle catastrophe. Je suis fier du résultat, bien sûr, mais j’étais aussi très satisfait de mon premier, alors je préfère ne pas trop me fier à mon ressenti (rires).

Pourquoi avez-vous décidé de porter à l’écran cette histoire ?
C’est quelque de chose qui part d’un vécu personnel. J’ai eu tendance enfant et adolescent à prendre les désirs pour des réalités. Donc ça vient de ma propre expérience mais en même temps je tenais à prendre une distance avec mon vécu. Là, la question qui m’intéressait était la suivante : comment quitter l’imaginaire pour entrer dans la vraie vie et surtout comment en rendre compte par le cinéma. A 16 ans, tout peut arriver mais rien n’arrive encore. On avance et on recule, ce sont toutes ces petites choses de cet âge que je voulais montrer.

Pourquoi avez-vous choisi Louise Blachère ?
Je l’ai découverte dans La naissance des pieuvres et avant même de faire un casting, je savais que ce serait elle. Mais le film a eu du mal à trouver un financement donc on a pris de retard et je l’ai perdue de vue. Je l’ai quand même rappelé un peu plus tard pour lui proposer de nouveau le rôle et elle a, à ma grande surprise, accepté tout de suite.

Qu’est qui vous plait tant dans l’utilisation des plans fixes ?
J’aime beaucoup le cinéma de Manuel de Oliveira qui en utilise beaucoup et pour moi c’est un des plus grands cinéastes contemporains. Dans mon premier film j’utilisais également beaucoup de plans fixes, c’est ce que je préfère. Ça permet d’accentuer un certain rapport à la solitude peut être et je crois que c’est aussi une particularité d’un autre cinéaste que j’aime beaucoup et avec lequel je partage ce même goût pour l’imaginaire, Raoul Ruiz.

Vous êtes également scénariste du film avec Hélène Angel et Agnès de Sacy, comment s’est déroulé ce travail d’écriture ?
C’est un scénario qui a été très long à écrire parce qu’on s’y perd très vite. Or il fallait rester compréhensible, sans être trop didactique. Donc on a planché sur de nombreuses versions. Hélène Angel et Agnès de Sacy ont été mes gardes fous, en quelque sorte (rires). Ont avait surtout peur que chaque partie se compose de blocs qui se répondent alors qu’on voulait une résonnasse poétique et émotionnelle. Mais au final, le film s’est vraiment construit au montage.

Comment avez-vous conçu les scènes victoriennes avec sister Welsh ?
1/3 du film se compose d’effets spéciaux sur fond bleu. L’idée au départ pour scinder réalité et fiction consistait à reproduire le grain d’image des shows des Carpentiers ou celui initiait Christophe Averti qui a été, à mes yeux, un précurseur des effets spéciaux numériques. En fait, on voulait des collages ou quelque chose de naïf comme cette représentation un peu cheap de l’incendie. C’est que je cherchais au début comme rendu. Mais tout le monde m’a dit ça va pas être terrible…et puis faute de budget, on a du pensé à une mise en scène à l’économie. Et je dois avouer qu’au final j’étais soulagé qu’on n’ait pas eu de sous, parce que j’ai pu faire ce film comme je l’imaginais.

Comment est venue cette idée de mettre en écho le chanteur M et Animal Collective, deux artistes à l’univers graphique et imaginatif foisonnant ?
Je suis moins fan de M en matière de musique, mais le personnage est épatant. Pour Animal Collective, on a eu les droits du titre tout de suite et je leur en suis reconnaissant parce que le morceau colle parfaitement à l’ambiance du film. Et surtout, je pense qu’Animal Collective est un des groupes les plus talentueux du moment.

Comment expliquez-vous ces rapports mère/fille ?
Emma est un être en construction qui imagine la passion amoureuse qu’a connue sa mère. Car sa mère est une femme froide, austère qui refuse toute vie et décide de ne plus rien éprouver. Emma imagine donc sister Welsh, interprétée également par Anne Bochet, qui elle est une femme passionnée, vive et amoureuse du capitaine Grant en l’occurrence. Donc pour Emma, l’image de la mère oscille entre les deux et il lui faut trouver le juste milieu pour qu’elle puisse elle même trouver sa voix et avancer.

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