Biutiful : Alejandro González Iñárrtu (2010)

novembre 19, 2010 at 10:10 Laisser un commentaire

Drame, Espagne, Mexique et USA

Réalisation: Alejandro González Inárritu
Avec Javier Bardem, Maricel Álvarez, Eduard Fernàndez

Date de sortie: 20 octobre 2010

Distributeur : ARP Sélection

Misérabiliste et mortifère, Biutiful nous rappelle que jusqu’ici, il y avait, derrière le cinéma d’Alejandro González Iñárrtu, un scénariste essentiel, Guillermo Ariega.

Si leur duo a contribué à redonner au cinéma mexicain une aura sur la scène internationale, en son absence, le réalisateur devient pour la première fois scénariste et donne libre court à l’une des ses obsessions primaires, l’idée de rédemption. Sans son casting impeccable et sans l’intelligence de jeu de son acteur principale, Javier Bardem, Biutiful ne s’apparenterait qu’à un interminable chemin de croix.
Comme dans ces œuvres précédentes on retrouve cette idée de destins croisés. Direction Barcelone, une citée espagnole, bien loin de celle filmée par Cédric Klapisch quelques année auparavant. La crise économique fait rage et les plus forts exploitent sans vergognes les plus faibles. Tous, à commencer par Uxbal (Javier Bardem), qui loin d’appartenir aux mieux lotis n’hésite pas, pour survivre et élever ses enfants, à encaisser les loyers de travailleurs émigrés clandestins ou à prétendre, auprès de familles en deuil, apaiser les âmes des mourants. Uxbal vit de sales boulots, entouré d’une femme dépressive, droguées et alcoolique. Le tableau bien noir va encore s’obscurcir, car fatalement il doit payer pour la souffrance qu’il cause. La punition divine tombe : un cancer de la prostate le conduit lentement vers une mort irrémédiable. Il ne lui reste plus alors qu’à s’y préparer. La suite ne sera qu’une suite de sanctions. Pour la première fois le cinéaste s’intéresse en particulier à une figure phare, celle d’Uxbal. Tous gravitent autour de lui, ce qui lui donne l’occasion de peintre un portrait très sombre de la vie et de la ville en s’intéressant aux plus pauvres et aux exclus.

Jouant sur les sentiments jusqu’à l’écœurement, Biutiful prend malgré tout à la gorge et évite de justesse le pathétique grâce au jeu, tout en finesse, de Javier Bardem. Un travail remarquable salué par un prix d’interprétation à Cannes mérité tant il contrarie la volonté du cinéaste. Plus l’un appuie, plus l’autre lève le pied. Plus l’un tire de grosses ficelle, plus l’autre apporte de la finesse. Sa prestation magistrale parvient à offrir un équilibre précaire mais indispensable. Car malgré le soin plastique apporté aux images, l’abondance de caméra à l’épaule, de plans courts, de cadrages serrés et de ralentis poisseux confinent le film vers un enfermement que refuse l’acteur. Seule bouffée d’air frais, Javier Bardem porte littéralement ce drame existentialiste en donnant une ampleur et une humanité au drame. C’est une prouesse et c’est aussi la seule chose Biutiful de ce long calvaire.

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