Buried : Rodigo Cortés (2010)

novembre 19, 2010 at 11:32 Laisser un commentaire

Triller, Espagne

Réalisation : Rodrigo Cortés
Avec Ryan Reynolds

Date de sortie : 3 novembre 2010

Distributeur : Rezo Films

En imaginant un homme enfermé dans un cercueil au beau milieu du dessert irakien, Rodigo Cortés souffle un vent de fraîcheur et d’inventivité sur le cinéma européen. Son prix de la critique internationale au dernier Festival de Deauville vient fort justement récompenser une œuvre aussi maligne que politique.

Le film s’ouvre sur un écran noir. Quelques sons indiquent que nous sommes dans une pièce étroite. Un briquet s’allume et révèle un lieu très exigu avec un homme coincé à l’intérieur. Paul Conroy, convoyeur américain en Irak se réveille bâillonné, pieds et poings liés, dans un cercueil. Il se rappelle seulement être tombé dans une embuscade. Dorénavant il n’a que 90 minutes, soit la durée du film, pour survivre.
Tourné en temps réel, la caméra ne sortira pas de cette boite. Raconté comme cela Buried n’a rien de très excitant. Pourtant jamais l’ennuie ne se fait ressentir. Jamais les plans ne deviennent redondants. Bien au contraire, Rodigo Cortés s’amuse et ose tous les cadrages possibles. Son personnage bouge, change de position, écrit ou panique. La lumière : un zippo et sa flamme qui vacille au vent, une lampe torche avec un éclairage rouge ou blanc ou des néons verts.

L’intérêt scénaristique de ce thriller consiste simplement à associer la peur primale de l’enfermement, qui plus est, être enterré vivant, tout en la liant au degré le plus évolué de la modernité grâce à ce téléphone portable de modèle récent déposé au fond du cercueil. Il offre ainsi à son personnage et au spectateur, une fenêtre sur l’extérieur par la voix, lorsqu’il appelle divers correspondants, ou par l’image, avec les vidéos qu’il réalise ou reçoit. Ce seront les seuls moments de rupture narratifs, avec les plans noirs et les intrusions physiques dans le lieu (sable…), que nous laisse le cinéaste. Ils rythment le film et apportent au choix : réconfort, stress ou angoisse, que nous entendons (conversation, cris…) ou que nous lisons sur le visage (rictus, transpiration…), les yeux (larmes) ou sur le téléphone (sms, vidéo…) de Paul Conroy. Un personnage à qui Ryan Reynolds (déjà vu dans l’oubliable X-Men origins : Wolverine) donne une saisissante palette d’expressions.
A cela s’ajoute, en parallèle, une autre histoire : celle qui va se nouer, par téléphone, entre la présence en Irak de Paul Conroy et les autorité américaine qui tentent d’étouffer l’affaire à distance. Buried quitte alors le domaine de la simple série B pour s’afficher comme une œuvre contestataire d’une rare virulence. Une sensation décuplée par son final des plus inattendus.

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Date limite : Todd Phillips (2010) The social network : David Fincher (2010)

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