La belle gente (2009). Rencontre avec Ivano De Matteo

février 15, 2011 at 7:58 Laisser un commentaire

Comédie sociale, Italie

Réalisation: Ivano De Matteo
Avec Monica Guerritore, Antonio Catania, Iaia Forte…

Date de sortie : 16 février 2011

Distribution : Bellissima Films

Synopsis : Alfredo est architecte. Susanna est psychologue. Des gens cultivés aux idées larges. Ils vivent à Rome mais passent leur week-end et une bonne partie de leur été dans leur maison de campagne. Un jour en allant au village, Susanna reste choquée par la vue d’une jeune prostituée humiliée et frappée par un homme, au bord de la route. En un instant, la vie de Susanna change, elle décide de sauver cette jeune fille. Mais une jeune étrangère qui fait la pute peut-elle devenir autre chose ? Peut-elle améliorer sa condition ? Et une famille qui a toujours vécu dans l’aisance, peut-elle risquer de mettre en danger tout ce dont elle a hérité et ce qu’elle a construit par simple respect de ses convictions ?

Pour sa seconde réalisation, Ivano De Matteo compose une satire sociale efficace et universelle, qui dissèque les ressorts de la charité. Présenté en avant-première lors des Rencontres du cinéma italien à Toulouse, en 2009, La belle gente obtenait le Prix du jury étudiant. Sa sortie nationale était l’occasion d’une rencontre avec un réalisateur italien qui ne mâche pas ses mots.

Comment est née cette histoire ?
Ivano De Matteo : D’un scénario original que j’ai écrit avec ma compagne. On voulait raconter une histoire simple sur l’hypocrisie ordinaire de l’homme et en voyant ce qui se passait dans notre société, nous avons imaginé cette rencontre fortuite entre ceux qui ont de l’argent et ceux qui n’en ont pas. Je voulais faire une critique de la bourgeoisie de gauche, de cette « gauche caviar », vue de l’extrême gauche dont je me revendique. Mais au final, je pense que mon film est allé plus loin, parce qu’il part de ce constat social d’un manque de conviction des politiques qui se disent tous bien, pour finalement interroger notre hypocrisie individuelle et déborder des questions idéologiques. C’est de la faiblesse de l’homme dont il est question avec cette parabole. Car quand les bons sentiments se cognent à la réalité, tout change et il n’en reste que des idées.

Avez-vous cherché à interpeller frontalement le spectateur ?
J’ai effectivement souhaité tendre un miroir à mes compatriotes, par le biais de mes personnages, pour qu’ils s’interrogent. Mais ce miroir m’a également renvoyé mon propre reflet. Je dois reconnaître que ce parti pris ne facilite pas sa distribution. Il n’a été diffusé qu’une fois en Italie. Je voulais modestement amener une prise de conscience, voire une autocritique de la gauche entre autre, ou des médias qui en ont grand besoin. Car je suis persuadé que pour espérer avancer, nous devons commencer à enlever notre masque.

L’aspect politique se double d’une réalisation soignée. A t-il était difficile à produire ?
Comme tout film qui dérange, j’ai eu plus de difficulté à trouver des financements que pour une gentille comédie. On n’aime pas ce qui égratigne et fait penser en Italie. J’ai donc dû me contenter d’un budget serré. Après il y a des comédies vulgaires et d’autres de qualité.

On a l’impression que cette famille vie coupée du monde, confinée dans un bel intérieur avec ses bonnes intentions qui s’écroulent une fois confrontées à l’extérieur, donc à la réalité ?
Le jardin délimite leur territoire. Je l’appelle leur pré carré, celui que chacun ce constitue dans la vie et essaye de protéger de toute intrusion. Donc quand cette jeune fille arrive leur monde vacille. J’ai choisi cette bourgeoisie de gauche, mais je pense que c’est un problème individuel qui nous concerne tous. Par exemple je suis de gauche, je suis allé chercher un chien au chenil mais il ne me fait que des bêtises. Je ne le supporte plus et j’ai envie de le tuer. Ce n’est pas pour cela que suis fasciste. Donc la générosité à des limites. Je ne suis qu’un homme, tout simplement, faible.

(Merci à Buny Gallorini pour son aimable traduction)

Propos recueillis par Patrice Chambon

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