Rio Sex Comedy : Jonathan Nossiter (2011)

février 23, 2011 at 10:25 Laisser un commentaire

Comédie sociale, France, Brésil

Réalisation: Jonathan Nossiter
Avec Charlotte Rampling, Bill Pullman, Irène Jacob …

Date de sortie : 23 février 2011

Distribution : Océan Films

Synopsis : Un chirurgien esthétique britannique, une anthropologue française, un ambassadeur américain perturbé, un cinéaste français, tous se retrouvent à Rio, une ville où tout semble possible…

Dix ans après Signs & Wonders, le réalisateur du corrosif Mondovino retrouve Charlotte Rampling dans Rio Sex Comedy. Une satire sociale, aussi dense que pétillante, dans laquelle il épingle, avec délectation, les clichés et l’absence de bon sens des étrangers de passage au Brésil.

Si le nom de Jonathan Nossiter reste lié à son documentaire sur le monde du vin, l’originalité de son approche, ses personnages, son humour et sa musicalité constituent le sel de son cinéma. Réalisateur lettré et ardent voyageur, il vit depuis 6 ans au Brésil. L’occasion de se confronter à une autre culture et d’ironiser sur ses propres travers. « Je voulais tourner à Rio », dit-il, « car j’y retrouve l’effervescence et la vitalité du New York des années 70. Le cœur de cette cité n’est pas aseptisé comme en Europe. Ce n’est pas une ville de cartes postales mais un vivier d’histoires idéal pour construire une fiction. » En l’occurrence celle d’un groupe d’étrangers installés au Brésil en quête d’un paradoxe : concilier bonheur individuel et justice sociale. Un chirurgien esthétique britannique (Charlotte Rampling), une anthropologue française (Irène Jacob), un ambassadeur américain perturbé (Bill Pullman) et un guide touristique (Fisher Stevens [vu dans Anything else de Woody Allen ou Lost]) plongent ainsi de plein pied dans les réalités de cette « ville de merveilles ».

Quand la vie mord le cadre de la fiction.
Rio Sex Comedy se déguste comme une fantaisie, douce et fascinante, aussi libre dans son fond que dans sa forme. La caméra, légère, de Lubomir Bakchev (chef opérateur d’Abdellatif Kechiche) se faufile dans les rues étroites des favelas, entre dans les maisons, interviewe des habitants et interagit avec le réel. Sommes nous encore dans une fiction ? Le doute s’immisce dès le plan séquence d’ouverture qui suit Charlotte Rampling dans le jardin d’un hôpital. Arrivée sur un balcon, elle emprunte les marches à gauche. La caméra recule et descend par la droite. Ce mouvement adroit délie l’actrice de son personnage qui, libre, danse avec un naturel inégalé et fait corps avec la ville. Le ton du film est donné. Le documentaire n’aura de cesse de gangrener la fiction. Les clichés, point de vue des étrangers et des fantasmes qu’ils projettent sur le pays, s’enchaînent mais à chaque fois le réalisateur les déjoue. « J’ai essayé d’affronter la tension entre ce regard fantasmatique que nous, étrangers, portons sur la ville et la façon dont les Brésiliens nous retournent ce regard », explique t-il.


Un patchwork d’histoires plaisantes se dessine alors et compose, outre un portrait inédit de Rio, une dénonciation subtile du règne du chacun pour soi.

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à consulter le blog de Jonathan Nossiter.

Patrice Chambon

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La belle gente (2009). Rencontre avec Ivano De Matteo A bout portant , Prix Jacques Deray 2011

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