Scream 4 : Wes Craven (2011)

mai 4, 2011 at 3:38 Laisser un commentaire

Thriller, Amérique

Réalisation: Wes Craven
Avec Neve Campbell, David Arquette, Courteney Cox…

Date de sortie : 13 avril 2011

Distribution : SND

Wes Craven et son scénariste Kevin Williamson ressuscitent leur série horrifique entamée en 1996 et construite sur une mise en abyme des conventions du genre, pour l’adapter à l’aire du temps.

Souvenez-vous de Woodsboro, petite ville américaine inscrite à tout jamais sur les cartes cinématographique du monde par Wes Craven et Kevin Williamson, créateurs de Scream et de ses suites. Une trilogie qui, de 1996 à 2000, allait insuffler un sang neuf à un genre jusqu’ici moribond, le slasher, en redonnant au cinéma américain, un nouveau tueur mythique, Ghostface, symbolisé par ce masque inspiré du tableau d’Edvard Munch, Le Cri.
Onze ans après un troisième volet dynamité par un scénario inexistant, suivi d’une carrière en berne (La Musique de mon cœur, Red Eye ou My Soul to Take), Wes Craven revient mettre un peu d’ordre dans sa franchise, pillée et mutilée par toute une série de remakes, pastiches ou contrefaçons grossières.

Nouvelle décennie, nouvelles règles
Bienvenue à Woodsboro. De nouvelles têtes vous accueillent, mais les survivants ne sont pas loin. A commencer par l’increvable Sydney Prescott (Neve Campbell) de retour pour promouvoir son livre. A peine arrivée, les assassinats reprennent. De quoi affoler le shérif Dewey Riley (David Arquette) et redonner une seconde jeunesse à l’ancienne journaliste dont le récit des crimes passés a produit 7 longs métrages, Gale Weathers (Courtney Cox), aujourd’hui son épouse.

A première vue ce Scream 4 ne déstabilise pas, bien au contraire. On connaît les lieux, l’intrigue et l’ambition du film. Les victimes, comme les suspects aiment le cinéma d’horreur et connaissent ses codes. Ils les reprennent, les détournent ou s’en amusent. La séquence inaugurale est en ce sens magistrale puisqu’elle propose immédiatement un jeu de poupées russes avec un film dans le film, dans le film… Une méta-réflexion suivie des commentaires, non plus sur le bien-fondé des suites, mais des remakes, nouvelle machine à fric hollywoodienne du moment, et les règles qui en découlent. Un sujet dont s’emparent à bout de bras Wes Craven ayant déjà eu à subir le meilleur (La colline a des yeux, La dernière maison sur la gauche) comme le pire (Freddy – Les griffes de la nuit produits par Michael Bay). L’occasion de rappeler au monde de l’industrie comme aux jeunes générations avides de consommation que non seulement un remake n’est rien sans son original, mais que celui-ci est généralement bien meilleur.

Des jeunes adeptes de reconnaissance facile et avides de nouvelles technologies : smartphones, twitter, facebook, webcams et applis iPhone capable d’imiter la voix du tueur et réunies ici pour ajouter une dimension supplémentaire au récit. Un savoir faire totalement étranger aux anciens de Woodsboro, que le fan de la première heure retrouve avec plaisir et nostalgie. Les corps ont changé, vieilli mais les personnage sont restés les même en dix ans : Dewey Riley est toujours aussi gauche et Gale Weathers prétentieuse à souhait. Seul un mauvais lifting en a modifié les apparences. Du coup, il se dégage de Scream 4 un incroyable sentiment d’anachronisme, notamment dans la peinture des médias et des flics. La volonté de s’adresser à la fois à la nouvelle génération et à ceux qui ont aimé les trois premiers volets n’y est sans douté par pour rien. Quant à la mise en scène, malgré sa réalisation de bonne facture, on regrettera l’absence de rage dans les assassinats avant le second souffle du film, sa fin (très Mandy Lake), qui sait se ménager la possibilité d’un cinquième opus.

Mais au delà du cinéma, Scream 4 en dit beaucoup sur notre société et son incapacité à vieillir et à tourner la page en mettant un point final à la saga. Car s’il ménage les anciens, il ne les grandit pas, ce qui ne facilite pas l’identification des fans de la première heure envers eux. Au mieux ils peuvent se rapprocher des adolescents égocentriques et cyniques, dont ils partagent la même consommation de nouveaux médias. Scream 4 révèle alors un malaise : celui des quarantenaires à trouver leur place entre adolescents qu’ils ne sont plus et adultes qu’ils refusent d’être.

Patrice Chambon

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