Détective Dee, le mystère de la flamme fantôme : Tsui Hark (2011)

mai 5, 2011 at 10:48 Laisser un commentaire

Whodunit légendaire, Chine

Réalisation: Tsui Hark
Avec Andy Lau, Bingbing Li, Tony Leung Ka Fai…

Date de sortie : 20 avril 2011

Distribution : Le Pacte

Divertissement grandiose et intense, Détective Dee signe le retour triomphal d’un des plus grands cinéastes de Hong Kong.

Six ans après l’éblouissant Seven swords, le bouillonnant cinéaste hongkongais Tsui Hark poursuit sa résurrection chinoise, en réalisant d’une main de maître un vieux projet hong-kongo hollywoodien, autrefois prévu pour John Mc Tiernan et destiné à l’oublie : l’adaptation cinématographique d’une des enquêtes du légendaire Détective Dee, Murder in Canton. Popularisé en occident via les romans de Robert van Gulik, sous le nom de juge Ti les enquêtes de ce policier hors norme, chaînon manquant entre Sherlock Holmes et Bruce Lee, se déroulent dans l’empire du Milieu, à l’époque de la dynastie Tang.

Cet épisode débute en l’an 690. La future l’impératrice Wu extirpe le détective Dee de la geôle où il avait été placé pour insubordination, afin de découvrir qui tente d’empêcher son couronnement en assassinant les constructeurs d’un gigantesque Bouddha érigé pour l’occasion. Dee devra utiliser tous ces dons pour mener à bien cette mission délicate et trouver les instigateurs de ce complot.

Féru de légendes chinoises qu’il adapte avec passion sur grand écran (L’auberge du dragon avec Maggie Chung, Il était une fois en Chine…), Tsui Hark se joue ici des genres, avec une déconcertante facilité. Mêlant film de sabre, romance, fresque historique, polar, intrigues de cour et réflexions politiques, Détective Dee, impressionne par l’ampleur de son propos et sa fluidité visuelle. Usant avec parcimonie des scènes de combats et de vols dont il confie la chorégraphie à l’expert Sammo Hung (acteur et cinéaste Hongkongais à ses heures perdues), Tsui Hark allie action et réflexion. S’inspirant de la peinture chinoise, il soigne les extérieurs numérisés, magnifiant les scènes de port avec des myriades de bateaux entourant le palais, tout en façonnant des décors magistraux, comme cette immense statue de Bouddha, pilier central de sa construction narrative. Filmée autant de l’intérieur que de l’extérieur, cette architecture permet les plus divers et les plus étourdissants mouvements ou angles de caméra. Servis par un montage expert et minutieux, rarement un divertissement n’avait bénéficié d’un tel luxe de savoir faire.

Portée par un casting impeccable (Andy Lau, Tony Leung, Li Bongbing…) avec une large place laissée au personnages féminin (autant l’Impratrice que Jing et son fouet), marque de fabrique du cinéaste et dont se révèle incapable John Woo, l’intrigue ne se délie qu’à la fin de l’enquête. Un moment décisif d’où Tsui Hark laisse transparaître un réel et étonnant propos politique. Après la peur de la rétrocession de Hong-Kong à la Chine qui perlait de tous les films des 90’s, le réalisateur semble laisser de côté ses idéaux libertaires pour se soumettre, en toute conscience, afin de faire avancer la seule cause juste, celle du futur cinéma chinois en guerre contre l’impérialisme américain.

Patrice Chambon

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Les couleurs de la montagne : Carlos César Arbeláez (2011) B.A.T. [Bon à tirer] : Peter et Bobby Farrelly (2011)

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