Les couleurs de la montagne : Carlos César Arbeláez (2011)

mai 5, 2011 at 10:26 Laisser un commentaire

Drame, Colombie

Réalisation: Carlos César Arbeláez
Avec Hernán Ocampo, Genaro Aristizábal, Nolberto Sánchez…

Date de sortie : 27 avril 2011

Distribution : Gebeka Films

Peut-on traiter, avec une apparente légèreté d’un sujet aussi grave que la guerre civile qui ronge son pays? Voilà la question à laquelle répond brillement le cinéaste colombien Carlos César Arbeláez.

La Pradera, petit village de montagne de la cordillère des Andes en Colombie. Les habitants désertent peu à peu leurs exploitations agricoles, chassés par les affrontements entre paramilitaires gouvernementaux et rebelles. Fuir pour sauver leur vie. Au cœur de ces conflits d’adultes, un groupe de jeunes garçons tente de conserver son enfance et son innocence. Manuel, Julian, Poca Luz et les autres passent ainsi les jours suspendus aux décisions de leurs parents : partir ou rester ? Entre école et football, ils passent le temps. Derrière leurs jeux, un conflit armé gangrène leur quotidienne. Dernier rempart face à cette violence, l’institutrice maintient un semblant d’éducation et de respect de l’autre. Mais pour combien de temps encore ?

Repoussant le conflit et la violence dans le hors champs, Carlos César Arbeláez a choisi de placer l’action de son film au cœur d’un village de montagnes, en se focalisant sur la vie au quotidien de jeunes gens d’une dizaine d’année, surprenants de naturel. Pensé et réalisé comme un documentaire, Les Couleurs de la montagne est interprété par des acteurs non professionnels et constitué de longs plans larges dont la durée prime sur l’action. Entre peur et insouciance, rires et incompréhensions, parties de foot et passages de groupes armés, les relations se nouent ou se délitent avec la mort qui rode jusque devant l’école. On pense à Où est la maison de mon ami ? d’Abbas Kiarostami pour ce regard sur l’enfance, l’absence de spectaculaire, l’omniprésence d’une nature verdoyante ou l’influence du documentaire mais aussi à Au revoir les enfants de Louis Malle pour cette capacité à parler au plus grand nombre avec intelligence et tendresse, sans composer un cinéma racoleur. Carlos César Arbeláez parvient à rester léger avec un sujet grave, ce qui fait à la fois la force et la faiblesse de cette coproduction Panama/ Colombie.

Patrice Chambon

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