Polisse (2011). Rencontre avec Maïwenn.

octobre 19, 2011 at 10:52 1 commentaire

Drame, France

Réalisation: Maïwenn
Avec Karin Viard, Joey Starr, Marina Foïs, Maïwenn

Date de sortie : 19 Octobre 2011

Distribution : Mars Distribution

Synopsis : Le quotidien des policiers de la Brigade de Protection des Mineurs ce sont les gardes à vue de pédophiles, les arrestations de pickpockets mineurs mais aussi la pause déjeuner où l’on se raconte ses problèmes de couple ; ce sont les auditions de parents maltraitants, les dépositions des enfants, les dérives de la sexualité chez les adolescents, mais aussi la solidarité entre collègues et les fous rires incontrôlables dans les moments les plus impensables ; c’est savoir que le pire existe, et tenter de faire avec.

Après Le bal des actrices, Maïwenn s’immerge dans le quotidien sordide de la brigade de protection des mineurs pour un film coup de poing qui brille autant par sa liberté de ton que par la maîtrise du jeu des acteurs. Rencontre avec une réalisatrice vive et décomplexée.

Comment est né Polisse ?
Maïwenn : D’un documentaire sur la brigade de protection des mineurs (BPM), vu à la télévision. J’ai eu aussitôt envie de les rencontrer. Je voulais faire un film sur la Police mais sans plus d’idées précises et c’est en parlant avec eux, en découvrant leur quotidien que j’ai commencé à écrire ce scénario. J’avais vu tous les films faits sur le sujet, aussi bien en France qu’à l’étranger, et je me suis rendu compte que personne n’avait travaillé sur la BPM. Or, j’ai pu constater à quel point ils étaient à part. Ils ont peu de moyens, ils sont mis à l’égard par les médias, raillés par les autres brigades et surtout, ils sont loin de l’image du policier cow-boy.

Comment s’est élaboré le scénario ?
Pendant que j’étais à la BPM, je prenais des notes tout le temps. En sortant du stage, j’avais écris tout ce que j’avais vu sur un gros cahier et je me suis fait une liste de tout ce que je voulais retrouver dans le film. Mais hors de question de faire un best of des 50 meilleurs affaires de la brigade. J’imaginais plutôt un compte rendu des mois passés avec eux, avec une affaire un peu particulière et le reste réservé à leur routine : viol, bébé secoué ou inceste. J’ai cherché à monter ce que c’est d’être policier à la BPM en 2011. C’est une autre vision du métier.

Pourquoi cette prise de risque d’introduire ce personnage de photographe, que vous incarnez, au sein de la brigade ?
Parce que ça faisait parti des ingrédients que je voulais dès le départ, une histoire d’amour, pleine de pudeur, entre un flic et une personne de l’extérieur. Je souhaitais une part de romantisme, mettre quelque chose qui s’élève quand la noirceur du film plombe. Mais je suis d’accord, c’était risqué parce que, dans le scénario, elle prenait plus de place et au moment du montage je me suis rendue compte du déséquilibre. Il a donc fallu trouver le bon dosage et éviter toute complaisance. Car le fait que je joue cette histoire d’amour m’exposais à une énorme critique. Pourtant, jamais mon personnage ne sert de clef pour entrer dans l’histoire.

Vous distillez l’humour avec intelligence et on arrive à rire de situations dramatiques…
C’est la réalité. Au début, j’étais très choquée par l’humour qu’ils avaient, un peu gras et facile. Ils pouvaient se moquer d’un situation ou d’un mot d’une victime qui était à côté d’elle, sans s’émouvoir. Mais en fait s’est leur façon d’évacuer.

Il y a-t-il un engagement politique ?
Je n’ai pas cherché à soulever des problèmes, sensibiliser ou dénoncer. Je ne donne pas de leçon de morale. Il n’y a d’ailleurs pas de compassion ni envers les victimes, ni envers les flics. Mais il y a de l’empathie autant pour les policiers, les victimes ou les prévenus. C’est peut être là où le film se politise. Je trouve qu’un film est beaucoup fort quand il ne prend pas parti. Pourtant, les seules questions que je me suis posées en permanence pendant l’écriture, sur le plateau et au montage, sont : Est-ce que je fais du vrai ? Est ce que c’est complaisant ? Car je ne voulais ni d’un éloge des policiers, ni d’un portrait à charge pour satisfaire la gauche caviar.

Propos recueillis par Patrice Chambon

Publicités

Entry filed under: Cinéma français, Interview. Tags: , , , , .

Le nouveau numéro de l’excellente revue : Jeune Cinéma Automne 2011 vient de paraître ! Un peu de sang neuf dans la playlist …

Un commentaire Add your own

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Trackback this post  |  Subscribe to the comments via RSS Feed


Articles récents

Archives


%d blogueurs aiment cette page :