A la merveille : Terrence Malick (2013)

mars 5, 2013 at 12:21 Laisser un commentaire

A la merveilleDrame, USA

Réalisation : Terrence Malick
avec Ben Affleck, Olga Kurylenko, Rachel McAdams

Date de sortie : 06 mars 2013

Distribution : Metropolitan FilmExport

Malgré l’admiration et le respect qui entourent le nom de Terrence Malick, cette nouvelle réalisation n’a de merveilleux que son titre.

Nous y suivons Neil et Marina en plein moment de passion à la Merveille (le mont St Michel). Ayant tous deux précédemment essuyé un échec amoureux, ils décident, emportés par l’émotion, de s’installer ensemble dans l’Oklahoma. Mais leur relation se fragilise. Neil retrouve une amie d’enfance. Marina cherche conseil auprès d’un autre expatrié, un prêtre catholique nommé Quintana (inquiétant Javier Bardem) alors en plein doute sur sa vocation. Alors qu’il s’engage à lutter pour retrouver la foi, Neil se retrouve écartelé entre les deux femmes de sa vie. Tous deux se trouvent alors confrontés aux mêmes questions.

A la merveille1

Poussif et redondant, A la merveille reproduit trait pour trait la mise en scène, brillante, de A tree of life pour l’affadir. Si elle prenait tout son sens pour symboliser le parallèle entre la quête du père et celle du Père, à savoir, Dieu omniprésent, cette lutte pour retrouver sa foi en l’être aimé sonne creux. Les images, superbes, s’enchaînent sans produire de sens tangible. D’un vide intersidérant (filmer la beauté pour la beauté), Terrence Malick se laisse aller, s’auto parodie. Après 40 minute, l’histoire n’avance plus, cherche son chemin, bifurque, renvient sur ces pas et ne sait pas comment finir (deux faux fondus au noir).
Pourtant il y a malgré tout un savoir faire indéniable, cette capacité à raconter une histoire d’amour, non pas avec des mots mais avec les sensations qu’elle procure. Le plaisir de la rencontre (image DV de leur voyage en France), la divagation amoureuse, l’interminable absence de l’être aimé, la jalousie ou la froideur qui s’installe. Toujours hors d’une narration classique, Terrence Malick rejette les dialogues au second plan pour favoriser les images (les cadres, la lumière et le rapport à la nature sont sublimes) et cette voix off susurrée.

Malheureusement, une fois mis en place, le dispositif narratif ne parvient plus à évoluer. Il peine à offrir le même espace aux différents points de vus. Celui de Neil est à peine entendu. Et pire, il se double de mouvements d’appareil désagréables (sensation d’avoir le mal de mer) qui se répètent jusqu’à épuisement, y compris du spectateur. Ainsi l’amour donne : violons + travelling ou panoramique + coucher de soleil + champs de blé + actrice qui danse. Jamais la caméra ne se pose. Tout n’est que mouvement. Mais vers où ? La beauté des acteurs omniprésents, le soins apporté au choix de leurs vêtements, la magie des lieux filmés et cette lumière onirique, le tout souligné par une musique interminable arrache des sensations plus qu’elle ne les suggère. A la merveille prend alors des airs de vidéo clips ou de publicité de parfum, chose totalement indigne d’un tel cinéaste.

Si Dieu est partout, aucune grâce divine n’a su toucher cette pellicule. Sans le nom de Terrence Malick, A la merveille ne trouverait que peu de défenseurs enthousiastes. C’est d’autant plus regrettable que le film devrait fonctionner commercialement sur son nom. Bienvenue dans l’air du vide.

Patrice Chambon

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