Guerrière : David Wnendt (2013)

mars 24, 2013 at 8:11 Laisser un commentaire

GuerrièreDrame, Allemagne

Réalisation : David Wnendt
avec Alina Levshin, Jella Haase

Date de sortie : 27 mars 2013

Distribution : UFO

Inégal et plombé par des facilités scénaristiques grossières Guerrière brille toutefois par l’ambition de son sujet et son univers graphique.

Marisa (étonnante Alna Levshin au jeu très intériorisé), 20 ans fait partie d’un gang néo-nazi du nord de l’Allemagne. Élevée dans la haine de l’autre par un grand père aimant, elle n’a jamais eu à remettre en cause ces préceptes qui rythment son quotidien. Issu d’un milieu populaire, elle n’a pas de rêves, excepté celui d’avoir un enfant avec son homme (partageant les mêmes idéaux qu’elle), pas d’horizons excepté celui du groupe. Au delà de cette frontière, les autres (quels qu’ils soient) sont des ennemis, des barbares. Le talent de David Wnendt consiste alors à mettre en scène les corps qui sédimentent ce groupe (là encore casting remarquable) : tatoués, marqués, rasés, enchaînés à une idéologie, une misère (pas qu’intellectuelle) et un ennui incommensurable. Sa force, il ne les condamne pas mais les montre, en train de vivre, d’évoluer, de se déchirer et de se battre pour exister. En ce sens, la fête dans l’appartement et la virée en voiture constituent deux points d’orgue magistraux de cette réalisation, deux explosions de liberté inattendue.

Guerrière1

Car sans être un film à thèse, Guerrière suit une direction imposée par le cinéaste dès son ouverture. Marisa argumente en voix off les bienfaits essentiels de la démocratie comme meilleur système politique où chacun, chômeur, drogué ou femme de ménage peut faire valoir ses idées. Quel serait alors le sort de celui qui voudrait porter un idéal allant à l’encontre des fondements même du groupe. Serait-il entendu, aidé, valorisé ou écrasé du pied. Jusqu’où est-il prêt à aller pour ses idées ? C’est ce à quoi Marisa va se confronter.

Ce gang néo-nazi incarne alors la représentation la plus caricaturale du totalitarisme. Il sera opposé à des immigrés tout aussi caricaturaux, dans un univers si réduit qu’il ne peut que les pousser à se rencontrer. C’est là que le film pêche et se perd en longueur, enchaînant clichés, raccourcis et images violentes racoleuses (souvent prises au téléphone portable). Trop chaotique, trop scénarisé, le message peine à passer. Un ton plus sec aurait été bienvenu.

A noter que le distributeur, qui n’est pas à un contresens près, propose un dossier pédagogique a étudier en cours d’allemand sur la monté du néo nazisme.

Patrice Chambon

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