True Blood saison 7 : une déception prévisible !

septembre 28, 2014 at 6:31 Laisser un commentaire

True Blood, Saison 7

Ennuyeuse et interminable, c’est sur cette dernière saison bien fade que s’achève True Blood.

Lancée il y a maintenant 7 ans, cette série a su s’imposer comme une des créations phares de la chaîne HBO bien avant le lancement de Game of thrones.

Provocatrice, irrévérencieuse et sexy, True Blood a bousculé les codes du vampirisme avec bonheur. Décomplexée et ambitieuse, la série voyait dans l’arrivée au grand jour des ces suceurs de sang, l’occasion de parler métaphoriquement du combat pour la reconnaissance et l’égalité des droits des populations noires ou homosexuelles. L’ancrage de l’action au cœur d’une contrée sudiste, le bourg de Bon Temps, n’en rendait les scénarios à venir que plus savoureux.

Pourtant, dès la deuxième saison, True Blood choisissait de réduire la voilure politique pour plonger dans le non sens, tout en conservant son élégance. Son humour délectable et un fantastique dévergondé ont alors pris le dessus. Les situations, toutes plus invraisemblables les unes que les autres, auxquelles étaient confrontés les habitants, réussissaient cependant à passionner les spectateurs par des jeux scénaristiques totalement maîtrisés. Chaque épisode, chaque saison, s’achevait en nous tenant en haleine.

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Puis True Blood a commencé à tourner en rond, malgré l’entrée de nouveaux personnages, et à prendre une sérieux coup de vieux face à l’arrivée de nouvelles séries. A ceci s’ajouta le départ du scénariste Alan Ball (Six Feet Under) à la fin de la saison 5 qui laissa son bébé à Brian Buckner. Si l’idée prônée d’un retour aux sources semblait judicieuse, choisir de se focaliser sur les histoires d’amour des uns et des autres n’était sans doute pas la meilleur option.

S’en suit alors une saison 6 en dents des scie, sans charme véritable et déjà bavarde, mais qui se concluait sur une situation prête à nous laisser en émoi : l’arrivée d’un virus destiné à éradiquer les vampires mais qui, avant de les détruire, les transformait en prédateurs impitoyable pour l’espèce humaine.

Malheureusement, dès le premier épisode de la saison 7, il fallait se rendre à l’évidence: True Blood n’avait rien à raconter. Ayant abandonné l’idée de la contamination rampante, de l’isolement de Bon Temps et de son combat pour survivre, que restait-il ?

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Les scénaristes, peu inspirés, voire je-m’en-foutistes, ont alors bâti l’intrigue autour du couple Sookie/Bill, pourtant relégué au second plan depuis des lustres, pour une métaphore lourdingue sur l’euthanasie et un final consternant de mièvrerie. Le personnage de Sookie se voit appauvri et dénué de toute force de caractère, celle là même qui a donné son sel à la série. Passons sur les yakuzas, mais fallait-il se débarrassait si vite de figures phares pour en faire revenir d’anciennes pour de courtes apparitions?

Car si le scénario défaille, que dire de la réalisation. Certains épisodes se terminent sans rebondissement, d’autres en comportent trois. Les résolutions d’intrigues arrivent si vite que l’on a l’impression d’assister à une succession de scénettes qui s’enchaînent sans suspens. C’est propre, lissé, aseptisé. La romance se glisse partout. Elle contamine, plus vite que l’hépatite V, l’ensemble des protagonistes de Bon Temps et vient combler une absence d’idées. Quant aux flash-back, ils pullulent tellement qu’ils alourdissent la narration sans apporter le moindre surcroît d’émotion. L’impression que chacun cherche à en finir au plus vite dominent. On subit alors plus cette saison qu’on ne la vit.

true-blood-dernière-saison-7Mais le coup de grâce vient de la scène finale où l’aspect poisseux, iconoclaste et revêche de la série se voit balayé d’un revers de main: des mariages et des couples avec plusieurs enfants, bref l’image de la famille comme vision unique du bonheur. Seuls Eric/Pam conservent un minimum d’amoralité : les voilà atteints d’un libéralisme aiguë grâce au nouveau True Blood vendu en cannettes recyclables. Ainsi s’achève cette série, en totale dissonance avec la sensation malsaine que distille son générique et si loin du bayou profond.

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