True Blood saison 7 : une déception prévisible !

True Blood, Saison 7

Ennuyeuse et interminable, c’est sur cette dernière saison bien fade que s’achève True Blood.

Lancée il y a maintenant 7 ans, cette série a su s’imposer comme une des créations phares de la chaîne HBO bien avant le lancement de Game of thrones.

Provocatrice, irrévérencieuse et sexy, True Blood a bousculé les codes du vampirisme avec bonheur. Décomplexée et ambitieuse, la série voyait dans l’arrivée au grand jour des ces suceurs de sang, l’occasion de parler métaphoriquement du combat pour la reconnaissance et l’égalité des droits des populations noires ou homosexuelles. L’ancrage de l’action au cœur d’une contrée sudiste, le bourg de Bon Temps, n’en rendait les scénarios à venir que plus savoureux.

Pourtant, dès la deuxième saison, True Blood choisissait de réduire la voilure politique pour plonger dans le non sens, tout en conservant son élégance. Son humour délectable et un fantastique dévergondé ont alors pris le dessus. Les situations, toutes plus invraisemblables les unes que les autres, auxquelles étaient confrontés les habitants, réussissaient cependant à passionner les spectateurs par des jeux scénaristiques totalement maîtrisés. Chaque épisode, chaque saison, s’achevait en nous tenant en haleine.

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Puis True Blood a commencé à tourner en rond, malgré l’entrée de nouveaux personnages, et à prendre une sérieux coup de vieux face à l’arrivée de nouvelles séries. A ceci s’ajouta le départ du scénariste Alan Ball (Six Feet Under) à la fin de la saison 5 qui laissa son bébé à Brian Buckner. Si l’idée prônée d’un retour aux sources semblait judicieuse, choisir de se focaliser sur les histoires d’amour des uns et des autres n’était sans doute pas la meilleur option.

S’en suit alors une saison 6 en dents des scie, sans charme véritable et déjà bavarde, mais qui se concluait sur une situation prête à nous laisser en émoi : l’arrivée d’un virus destiné à éradiquer les vampires mais qui, avant de les détruire, les transformait en prédateurs impitoyable pour l’espèce humaine.

Malheureusement, dès le premier épisode de la saison 7, il fallait se rendre à l’évidence: True Blood n’avait rien à raconter. Ayant abandonné l’idée de la contamination rampante, de l’isolement de Bon Temps et de son combat pour survivre, que restait-il ?

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Les scénaristes, peu inspirés, voire je-m’en-foutistes, ont alors bâti l’intrigue autour du couple Sookie/Bill, pourtant relégué au second plan depuis des lustres, pour une métaphore lourdingue sur l’euthanasie et un final consternant de mièvrerie. Le personnage de Sookie se voit appauvri et dénué de toute force de caractère, celle là même qui a donné son sel à la série. Passons sur les yakuzas, mais fallait-il se débarrassait si vite de figures phares pour en faire revenir d’anciennes pour de courtes apparitions?

Car si le scénario défaille, que dire de la réalisation. Certains épisodes se terminent sans rebondissement, d’autres en comportent trois. Les résolutions d’intrigues arrivent si vite que l’on a l’impression d’assister à une succession de scénettes qui s’enchaînent sans suspens. C’est propre, lissé, aseptisé. La romance se glisse partout. Elle contamine, plus vite que l’hépatite V, l’ensemble des protagonistes de Bon Temps et vient combler une absence d’idées. Quant aux flash-back, ils pullulent tellement qu’ils alourdissent la narration sans apporter le moindre surcroît d’émotion. L’impression que chacun cherche à en finir au plus vite dominent. On subit alors plus cette saison qu’on ne la vit.

true-blood-dernière-saison-7Mais le coup de grâce vient de la scène finale où l’aspect poisseux, iconoclaste et revêche de la série se voit balayé d’un revers de main: des mariages et des couples avec plusieurs enfants, bref l’image de la famille comme vision unique du bonheur. Seuls Eric/Pam conservent un minimum d’amoralité : les voilà atteints d’un libéralisme aiguë grâce au nouveau True Blood vendu en cannettes recyclables. Ainsi s’achève cette série, en totale dissonance avec la sensation malsaine que distille son générique et si loin du bayou profond.

septembre 28, 2014 at 6:31 Laisser un commentaire

Playtime (1967) de Jacques Tati enfin restaurée !

Playtime

Le chef d’œuvre de Jacques Tati est, depuis quelques semaines, visible sur grand écran dans une magnifique version restaurée qui restitue à merveille le grain de la pellicule originale.

Incompris lors de sa sortie, boudé par son public, l’insuccès de Playtime à longtemps miné son réalisateur qui le voyait, à juste titre, comme son objet le plus ambitieux et le plus abouti.

Poétique, féerique et critique à l’égard d’une société individualiste en devenir, Playtime se révèle également d’une incomparable précision dans sa mise en scène. Les placements millimétrés de la caméra et de ses mouvements n’en affectent pourtant nullement le comique de geste que génère monsieur Hulot, ou les personnages qui croisent sa route. La fluidité de leurs déplacements dans ces décors labyrinthiques ravit et étonne d’autant plus que la caméra, parfois distraite, semble peiner à les suivre. Une sensation voulue, voire cultivée par son auteur qui s’amuse à imposer un décalage entre image et son. Élément essentiel de la mise en scène de Jacques Tati, qu’il soit plein cadre ou hors champs, le son acquière ici une place telle qu’il fait de Playtime un véritable film musical.

C’est en considérant cela que Carlotta Films a choisi de profiter de cette ressortie pour offrir aux spectateurs sourds et malentendants, une expérience unique. Pour la première fois les sous-titres seront incrustés sur l’écran en trois couleurs, chacune donnant une indication différente. Outre les dialogues, très peu nombreux, l’écrit décrira les sons ou les silences. Ces indications pourrez même parvenir à ouvrir les yeux de spectateurs entendants en soulignant certains aspects du film qui pourraient bien leur avoir échappé.

Patrice C.

août 24, 2014 at 1:49 Laisser un commentaire

IpOd août 2014

IpOd Aout 2014

Après de trop longs mois d’abstinence, voici une nouvelle sélection de titres à découvrir avec un tracklisting tout en images.
Bonne écoute !

août 14, 2014 at 8:50 1 commentaire

Summer is coming !


Dirty Gold – California Sunrise

Comme le soleil semble se faire un peu attendre cette année, nous sommes remonté en 2011 pour trouver un tube de l’été des plus évocateur qui hélas n’a pas rencontré le succès qu’il aurait du.
Ce titre est extrait du Roar ep (2011, Autumn Tone Records) malheureusement bien en dessous de ce titre. Un album reste toujours en préparation.

août 12, 2014 at 8:51 Laisser un commentaire

Fleurs d’équinoxe : Yasujiro Ozu (1969)

Fleurs d'équinoxe

août 10, 2014 at 8:36 Laisser un commentaire

Mediocre at best …

A force de s’épuiser dans un boulot alimentaire sans charme au lieu d’écrire quelques chroniques qui tiennent à cœur, une question me taraude: comment en suis-je arrivé là?
Je pense tenir un début de réponse avec ce titre de Sorority Noise : Mediocre at best. Au moins, c’est toujours plus frais que Loser de Beck.

Sorority Noise – Young luck ep (2013, Bandcamp)

novembre 24, 2013 at 10:31 Laisser un commentaire

Positif en Novembre c’est deux revues

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Pour la couverture de son numéro de Novembre, Positif a eu la très bonne idée de choisir La vénus à la fourrure de Roman Polanski (Sortie 13/11).
Pétillant savoureux et un rien cynique, ce nouveau long métrage prolonge et épure la mise en scène déjà à l’œuvre dans Carnage (2011) pour un plaisir sans faille. Le plus, un duo de comédien fabuleux : Emmanuelle Seigner et Mathieu Amalric.

A cela s’ajoute un HS entièrement dédié au cinéma de Joel et Ethan Coen, alors que sort sur les écrans leur dernier opus Inside Llewyn Davis. 160 pages, 10€.

novembre 24, 2013 at 9:52 Laisser un commentaire

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